Loin de la civilisation

06 février 2018   •  
Écrit par Lou Tsatsas
Loin de la civilisation

Photographe et explorateur, Paul Sisson aime voyager, son boîtier à la main, à la recherche du spontané. Sa série Not so Far From Here l’emmène dans l’Ouest des États-Unis, à la découverte des vastes espaces isolés.

Passionné par la photographie depuis l’adolescence, Paul Sisson favorise, encore aujourd’hui, la spontanéité de la jeunesse. Ses images parlent de voyage, de solitude et de liberté. Elles deviennent des tableaux, permettant de documenter la condition humaine. « Pour moi, la photographie est le parfait équilibre entre l’art et la science, la vérité et la manipulation », explique-t-il. « On peut raconter n’importe quelle histoire avec une photo, mais en même temps, une photo ne ment jamais. » Dans ses clichés de paysages américains, en effet, réalisme et imaginaire semblent se chevaucher.

Une contrée oubliée par la modernité

Not so Far From Here

illustre un road trip solitaire. Une excursion dans un ouest abandonné, à la recherche de paysages où l’homme laisse place à la nature. « Je prenais toujours les routes les moins utilisées, me focalisant sur mon projet plutôt que sur ma destination », se souvient Paul. « C’est une expérience extrêmement libératrice que d’être sur la route sans la moindre obligation. » Dans ces endroits isolés, la population semble avoir fui. Les clichés nous emportent dans un autre temps, loin des grandes villes et de la technologie. Les ruines laissées par la société s’effacent peu à peu, prisonnières d’une nature qui reprend ses droits. « J’ai toujours été fasciné par les interactions entre la nature et les créations humaines dans ces endroits. C’est quelque chose que l’on ne peut vivre dans les espaces urbains, où les bâtiments montent si haut qu’ils avalent l’horizon ». Vingt-et-un États traversés, plus de 40 000 kilomètres arpentés, les panoramas ruraux de Paul Sisson nous emmènent à la conquête d’un Ouest délaissé, presque irréel.

Not so far from here © Paul Sisson

Not so far from here © Paul Sisson

Not so far from here © Paul Sisson

Not so far from here © Paul Sisson

Not so far from here © Paul Sisson

Not so far from here © Paul Sisson

Not so far from here © Paul Sisson

Not so far from here © Paul Sisson

© Paul Sisson

Explorez
10 séries autour de la fête pour célébrer la nouvelle année
© Eimear Lynch
10 séries autour de la fête pour célébrer la nouvelle année
Ça y est, 2025 touche à sa fin. Dans quelques jours, un certain nombre d’entre nous célèbreront la nouvelle année avec éclat. À...
27 décembre 2025   •  
Écrit par Apolline Coëffet
Concours de beauté, métropoles et intimité : nos coups de cœur photo de décembre 2025
© Carla Rossi
Concours de beauté, métropoles et intimité : nos coups de cœur photo de décembre 2025
Expositions, immersion dans une série, anecdotes, vidéos… Chaque mois, la rédaction de Fisheye revient sur les actualités photo qui l’ont...
24 décembre 2025   •  
Écrit par Apolline Coëffet
Le 7 à 9 de Chanel : Claire Denis et la fabrique du monde
Tracey Vessey, extrait du film Trouble Every day, film de Claire Denis, Paris, 2001 © Rezo Productions
Le 7 à 9 de Chanel : Claire Denis et la fabrique du monde
Pour ce nouveau 7 à 9 de Chanel au Jeu de Paume, la scénariste et réalisatrice Claire Denis était invitée à revenir sur ses racines, ses...
22 décembre 2025   •  
Écrit par Ana Corderot
Les images de la semaine du 15 décembre 2025 : hommage, copines et cartes postales
© Ashley Bourne
Les images de la semaine du 15 décembre 2025 : hommage, copines et cartes postales
C’est l’heure du récap ! Cette semaine, nous rendons hommage à Martin Parr, vous dévoilons des projets traversés par l’énergie d’une...
21 décembre 2025   •  
Écrit par Apolline Coëffet
Nos derniers articles
Voir tous les articles
Dans l’œil de Cloé Harent : derrière la falaise se cache la lumière
© Cloé Harent, Residency InCadaqués 2025
Dans l’œil de Cloé Harent : derrière la falaise se cache la lumière
Cette semaine, nous vous plongeons dans l’œil de Cloé Harent, dont l’œuvre a fait l’objet d’un accrochage lors de l’édition 2025 du...
02 janvier 2026   •  
Écrit par Apolline Coëffet
Gabrielle Hébert : l’amour comme langage intime à la Villa Médicis
Gabrielle Hébert (1853-1934), Peppino Scossa endormi dans les bras de sa mère, 11 août 1888, aristotype à la gélatine, 8,7 x 11,7 cm, Paris, musée national Ernest Hébert © Musée d’Orsay, Dist. GrandPalaisRmn / Alexis Brandt
Gabrielle Hébert : l’amour comme langage intime à la Villa Médicis
Elle a photographié l’amour – son amour – et le temps qui passe. À la Villa Médicis, Gabrielle Hébert fait de la photographie un...
01 janvier 2026   •  
Écrit par Fabrice Laroche
Sofía Jaramillo : la neige comme espace de réappropriation
A New Team © Sofía Jaramillo
Sofía Jaramillo : la neige comme espace de réappropriation
Dans A New Winter, Sofía Jaramillo s’attaque à l’imaginaire figé des sports d’hiver. En revisitant les codes visuels du ski, la...
31 décembre 2025   •  
Écrit par Cassandre Thomas
La sélection Instagram #539 : tout ce qui brille
© Jo Bradford / Instagram
La sélection Instagram #539 : tout ce qui brille
Pour fêter la nouvelle année, les artistes de notre sélection Instagram de la semaine posent leurs regards sur tout ce qui brille : feux...
30 décembre 2025   •  
Écrit par Marie Baranger