Olivier Etcheverry, scénographe des Rencontres d’Arles, s’est éteint

04 mars 2022   •  
Écrit par Lou Tsatsas
Olivier Etcheverry, scénographe des Rencontres d’Arles, s'est éteint

Le 3 mars 2022 Olivier Etcheverry, fidèle scénographe des Rencontres d’Arles, nous a quittés. Retour sur le parcours d’un homme qui a révolutionné la manière dont la photographie est exposée.

C’est aux Arts Décoratifs qu’Olivier Etcheverry s’est formé. D’abord intéressé par le théâtre, il s’est ensuite pris de passion pour la scénographie, désirant transformer la manière dont le 8e art était montré. En 1985, son cousin François Hébel, alors directeur des Rencontres d’Arles, a fait appel à lui pour imaginer une mise en scène inédite, transcendant l’accrochage classique, coutumier de ce genre d’événements. Scénographe de ce célèbre festival de photographie en 1986, 1987, puis de 2002 à 2022, Olivier Etcheverry s’est imposé comme une véritable force créative. « À un moment où les expositions étaient très conventionnelles et où les portes des musées étaient fermées à la photographie, il proposait une scénographie colorée, aux murs de formes variées, intégrant affiches, installations, cabines de plages… et une expérience physique du visiteur », confient les familles Etcheverry et Hébel.

Grâce à sa présence à Arles, le bâtiment des Forges est investi, présentant pour la première fois une exposition dans un lieu industriel et non conventionnel. Une originalité qui marque les esprits. Au fil des années, son goût pour l’insolite l’a poussé à investir des ponts autoroutiers, des chapelles, des appartements ou encore des cours d’école, faisant des expositions photographiques des événements marquants, appréciés des visiteurs. « La qualité de son contact avec les artistes, toujours associés à ces présentations alternatives, permit de mener des expériences autrement inacceptables par eux. Surtout cela permit d’élargir le cercle d’intérêt de la photographie à une audience qui serait multipliée par quatre en deux éditions », notent les familles. Également passionné par la danse – il a dirigé trois ans un festival de danse d’Arles – l’art contemporain – il a assuré le commissariat de la galerie du Conseil Général des Bouches-du-Rhône à Aix-en-Provence – ou encore la littérature – il a été dix ans durant le directeur artistique du Livre de Poche (Hachette) – Olivier Etcheverry laisse derrière lui un héritage riche. Une passion communicatrice qui a marqué et marquera de multiples générations. « Il incarnait avec une élégante modestie et une générosité joyeuse l’âme et les valeurs portées par le festival. Amoureux d’Arles, il a su mettre en valeur la ville en investissant des lieux souvent oubliés. Il occupait les espaces. Il habite nos cœurs. Son humour et sa délicatesse vont nous manquer », concluent les familles.

© Marjorie Sardanne

© Marjorie Sardanne

Explorez
Rendre visible le racisme : les photographes de Fisheye militent
© Lee Shulman / Omar Victor Diop
Rendre visible le racisme : les photographes de Fisheye militent
Les photographes publié·es sur Fisheye ne cessent de raconter, par le biais des images, les préoccupations de notre époque. À...
27 février 2024   •  
Écrit par Lou Tsatsas
Les images de la semaine du 19.02.24 au 25.02.24 : déclinaison d’archives
© Feng Li
Les images de la semaine du 19.02.24 au 25.02.24 : déclinaison d’archives
C’est l’heure du récap ! Cette semaine, les photographes nous plongent dans des archives en tous genres.
25 février 2024   •  
Écrit par Apolline Coëffet
Au Jeu de Paume, l'activisme florissant de Tina Modotti
© Tina Modotti / Courtesy of Jeu de Paume
Au Jeu de Paume, l’activisme florissant de Tina Modotti
Jusqu’au 12 mai prochain, le Jeu de Paume accueille deux expositions qui, bien que distincts par les époques et les médiums employés...
23 février 2024   •  
Écrit par Milena Ill
Mohamed Bourouissa : le chaos de ce que nous sommes, au Palais de Tokyo
Mohamed Bourouissa, Alyssia, 2022, Courtesy de l’artiste et Mennour Paris © Mohamed Bourouissa / ADAGP, Paris, 2023
Mohamed Bourouissa : le chaos de ce que nous sommes, au Palais de Tokyo
Jusqu’au 30 juin, le Palais de Tokyo accueille plusieurs expositions qui ouvrent les débats et les perspectives. En cette période...
22 février 2024   •  
Écrit par Milena Ill
Nos derniers articles
Voir tous les articles
Bec Wood : le féminisme comme combat, la maternité comme armure
© Bec Wood
Bec Wood : le féminisme comme combat, la maternité comme armure
Depuis l'Australie, l’artiste émergeante et engagée, Bec Wood, capture la féminité en s’extrayant de toute injonction sociale.
27 février 2024   •  
Rendre visible le racisme : les photographes de Fisheye militent
© Lee Shulman / Omar Victor Diop
Rendre visible le racisme : les photographes de Fisheye militent
Les photographes publié·es sur Fisheye ne cessent de raconter, par le biais des images, les préoccupations de notre époque. À...
27 février 2024   •  
Écrit par Lou Tsatsas
La sélection Instagram #443 : visions futuristes
© Sofia Sanchez et Mauro Mongiello / Instagram
La sélection Instagram #443 : visions futuristes
Cette semaine, les photographes de notre sélection Instagram esquissent des narrations aux accents futuristes. Pour ce faire, toutes et...
27 février 2024   •  
Dans l’œil d’Annabelle Foucher : le pouvoir destructeur des mots
© Annabelle Foucher
Dans l’œil d’Annabelle Foucher : le pouvoir destructeur des mots
Cette semaine, plongée dans l’œil d’Annabelle Foucher. La photographe de mode, dont nous vous avions déjà présenté le travail, maîtrise...
26 février 2024   •  
Écrit par Apolline Coëffet