Philémon Barbier jette la lumière sur la vie des livreur·ses à vélo

04 mars 2024   •  
Écrit par Costanza Spina
Philémon Barbier jette la lumière sur la vie des livreur·ses à vélo
© Philémon Barbier
© Philémon Barbier
© Philémon Barbier
© Philémon Barbier
À lire aussi
Rien à perdre : Philémon Barbier et les nuances du rap
© Philémon Barbier
Rien à perdre : Philémon Barbier et les nuances du rap
Aux côtés d’Arno Brignon et de son road trip américain, exposé dans la Galerie du Château d’Eau de Toulouse, Philémon Barbier…
09 février 2024   •  
Écrit par Lou Tsatsas
« Happy Pills » : l’industrie pharmaceutique, « le nouveau visage du capitalisme »
« Happy Pills » : l’industrie pharmaceutique, « le nouveau visage du capitalisme »
Travail d’envergure réalisé en cinq ans, Happy Pills est une collaboration entre le photographe Paolo Woods et le journaliste Arnaud…
10 mai 2023   •  
Écrit par Lou Tsatsas
Isa Rus, être mère et migrante
Isa Rus, être mère et migrante
Artiste espagnole installée à Berlin, Isa Rus est récemment devenue mère. Son travail, fortement lié aux questions d’identité et…
25 mai 2023   •  
Écrit par Milena III

Le Forum Vies Mobiles et le photographe Philémon Barbier se penchent sur la condition des livreur·ses travaillant pour les applications de consignes à domicile. Souvent sans-papiers et invisibilisé·es par la rapidité de leur métier, ces personnes revivent la violence de leur migration au sein d’un métier d’exploitation ultracapitaliste.

Figures invisibilisées au sein de nos sociétés ultracapitalistes, les livreur·ses à vélo sont pourtant devenu·es part de nos quotidiens. Ces professionnel·les, souvent des sans-papiers, sont anonymisé·es par la rapidité des échanges avec les restaurateur·ices et les client·es. Le photographe Philémon Barbier a décidé d’opposer à la vitesse de ces vies le temps long de la photographie, en suivant le quotidien d’Azedine, un livreur parisien, d’origine tunisienne. Une série documentaire qui fait suite à l’initiative du Forum Vies Mobiles, qui a commencé une enquête sur les conditions de travail au sein des plateformes de livraison. Fidèle à ses méthodes mélangeant art et sciences sociales, le Forum a souhaité donner un visage aux livreur·ses. L’exposition Itinéraire d’une entrée dans la course tisse un lien entre la vie de ces personnes, traquées en permanence par les algorithmes, et leur difficile parcours migratoire. C’est une contribution précieuse et une étude éclairante, à l’heure des débats sur la loi immigration.

© Philémon Barbier

Un documentaire d’une grande sensibilité

En s’opposant à la vitesse de leur quotidien (injonction à rouler vite, à réaliser un maximum de livraisons), Philémon Barbier se plonge dans la vie des livreur·ses à vélo. Il suit Azedine et réalise lui-même le parcours qu’il avait accompli. Contrôlé·es par les plateformes et les applications, les travailleur·ses revivent les étapes violentes des contrôles subis pendant leur parcours migratoire. Freiné·es, voire immobilisé·es dans leurs déplacements, interdit·es d’entrer sur le territoire, ils et elles sont pourtant les seul·es à accepter des emplois qui se sont avérés être essentiels lors de la crise du Covid-19. Le photographe retrace les étapes qui ont conduit Azedine de la Tunisie à la France en passant par la Bosnie, la Serbie, la Hongrie, l’Autriche et l’Allemagne. Pour commencer, il retrouve sa mère, son frère jumeau et son ami d’enfance restés en Tunisie, puis il revit les épreuves traversées : les camps où l’on se fait racketter, les traversées cachéil retrace les étapes qui ont conduit Azedine de la Tunisie à la France en passant par la Bosnie, la Serbie, la Hongrie, l’Autriche et l’Allemagne. Une fois à Paris, le photojournaliste suit le travail de livreur d’Azedine, en capturant la fugacité de ses échanges, la solitude et le danger des courses à vélo. Les photos ont une allure « caravagesque », les personnages baignent dans une lumière bleuâtre et orange, où dominent les teintes nocturnes et les clairs-obscurs. Par les détails des corps, à la fois ceux des migrant·es et ceux des livreur·ses en plein travail, le photographe parvient à dépeindre un documentaire d’une grande sensibilité et empathie.

© Philémon Barbier
Explorez
Jo Ratcliffe et Martin Parr : quand paysages et société se reflètent
© Martin Parr
Jo Ratcliffe et Martin Parr : quand paysages et société se reflètent
Au Jeu de Paume, du 30 janvier au 24 mai 2026, deux expositions majeures de photographie interrogent la manière dont l’image rend compte...
17 janvier 2026   •  
Écrit par Costanza Spina
The Beat Goes On : le Quai de la photo retrace l’histoire du clubbing
© Karel Chladek
The Beat Goes On : le Quai de la photo retrace l’histoire du clubbing
Jusqu’au 24 avril 2026, le Quai de la photo rend hommage au monde de la nuit avec The Beat Goes On. L’exposition rassemble huit...
16 janvier 2026   •  
Écrit par Apolline Coëffet
Dans l’œil d'Antoni Lallican : hommage
1 © Antoni Lallican
Dans l’œil d’Antoni Lallican : hommage
Disparu le 3 octobre dernier, tué par un drone russe dans le Donbass, Antoni Lallican, photoreporter et collaborateur pour la presse...
15 janvier 2026   •  
Écrit par Ana Corderot
MYOP, vingt ans de photographie : défaire, refaire, rêver le monde
© Agnès Dherbeys
MYOP, vingt ans de photographie : défaire, refaire, rêver le monde
À l’occasion de son vingtième anniversaire, le collectif MYOP investit le Carré de Baudouin avec une exposition manifeste....
09 janvier 2026   •  
Écrit par Costanza Spina
Nos derniers articles
Voir tous les articles
Les images de la semaine du 12 janvier 2026 : clubbing, Géorgie et couleurs
© Zhang JingXiang / Instagram
Les images de la semaine du 12 janvier 2026clubbing, Géorgie et couleurs
C’est l’heure du récap ! Cette semaine, les pages de Fisheye vous emmènent au cœur du monde du clubbing, en Géorgie et dans un univers...
18 janvier 2026   •  
Écrit par Fisheye Magazine
Jo Ratcliffe et Martin Parr : quand paysages et société se reflètent
© Martin Parr
Jo Ratcliffe et Martin Parr : quand paysages et société se reflètent
Au Jeu de Paume, du 30 janvier au 24 mai 2026, deux expositions majeures de photographie interrogent la manière dont l’image rend compte...
17 janvier 2026   •  
Écrit par Costanza Spina
The Beat Goes On : le Quai de la photo retrace l’histoire du clubbing
© Karel Chladek
The Beat Goes On : le Quai de la photo retrace l’histoire du clubbing
Jusqu’au 24 avril 2026, le Quai de la photo rend hommage au monde de la nuit avec The Beat Goes On. L’exposition rassemble huit...
16 janvier 2026   •  
Écrit par Apolline Coëffet
La RATP invite la Fondation Cartier à exposer sept artistes de ses collections
© RATP – Stéphane Dussauby
La RATP invite la Fondation Cartier à exposer sept artistes de ses collections
À l’occasion de sa réouverture dans son nouvel espace parisien, la Fondation Cartier pour l’art contemporain s’associe à la RATP...
16 janvier 2026   •  
Écrit par Apolline Coëffet