Au Pavillon Populaire, à Montpellier, Premières fois / premières photos retrace l’histoire du 8e art au travers des nouveautés, qu’elles soient techniques, artistiques ou qu’elles relèvent de l’émotion. L’exposition est à retrouver jusqu’au 1er novembre 2026.
« J’avais envie de montrer que la photographie n’est pas qu’une technique ou qu’un art. C’est une multitude de pratiques et d’usages », explique l’historienne et commissaire d’exposition Luce Lebart au sujet de Premières fois / premières photos, qu’elle présente au Pavillon Populaire, à Montpellier. Comme l’indique le titre, l’événement, gratuit, propose de redécouvrir l’histoire de la photographie à travers un prisme ludique : celui des nouveautés, qu’il s’agisse de premières à l’échelle mondiale ou individuelle. « Je souhaitais qu’il y ait des images techniques et artistiques, faites avec une volonté d’auteur, mais aussi des images de mode, de famille, qu’il y en ait qui soient vernaculaires, expérimentales, administratives, qu’il y ait des brevets… J’avais vraiment envie de montrer toute cette richesse et de ne pas réduire la photographie à un genre », précise notre interlocutrice. Ainsi, en 250 compositions signées par plus de 50 auteurs, le parcours nous fait voyager à travers le temps.

De grandes et de petites innovations
En préambule, il y a les premiers flocons figés et des plis cachetés contenant le secret des inventions. Puis viennent les cyanotypes d’Anna Atkins qui constituent le premier livre photo. S’ensuivent les premiers mots que l’on appose au médium avec les dépôts de marque et les différents brevets. Le cœur de l’exposition fait la part belle aux grandes et aux petites innovations, en dévoilant notamment des objets atypiques, et consacre un large espace aux procédés photosensibles. Dans les salles adjacentes, nous retrouvons des tirages d’artistes emblématiques comme ceux d’illustres inconnus qui immortalisent autant une rentrée des classes que les premières fraises de l’année. Plus loin, ce sont des unes de journaux rendant hommage à des photographes, tout juste disparus, qui ont marqué leur époque. Enfin, l’exposition s’achève sur des clichés stellaires qui ont rarement leur place sur les cimaises. Au fil de notre déambulation, notre curiosité s’éveille ainsi. Nos pensées se perdent dans des songes ou bien parfois, un sourire aux lèvres, nous nous projetons dans certaines images. « Mon objectif était de partager tout cela avec le plus grand nombre. Si je restais dans le domaine de l’innovation technologique uniquement, la question de l’émotion, celle suscitée en particulier par les images “jamais vues”, qui était importante pour moi, s’effaçait », souligne Luce Lebart qui, par ailleurs, a mis un point d’honneur à faire de Premières fois / premières photos un événement accessible à tous, y compris aux plus jeunes. À cet effet, le parcours est jalonné de cartels à hauteur d’enfants qui intéressent tout autant les parents.
Cet article est à retrouver dans notre numéro hors-série consacré au Bicentenaire de la Photographie.

