Une exposition pour montrer l’exclusion

09 février 2017   •  
Écrit par Fisheye Magazine
Une exposition pour montrer l’exclusion

Depuis trente ans déjà, Médecins du monde combat l’exclusion en France, et l’exposition présentée aujourd’hui est l’occasion de continuer ce combat à travers des images. « Une mise au poing pour dénoncer. Une mise au poing pour s’indigner. Une mise au poing pour ne pas se résigner », martèle Françoise Sivignon, présidente de Médecins du Monde.

« Soigner et témoigner » ont toujours été les deux verbes qui ont servi de boussole à l’association, qui compte aujourd’hui en France plus de vingt centres qui continuent de soigner gratuitement femmes, hommes et enfants frappés par une précarité toujours plus violente. Médecins, infirmières, assistantes sociales, tous et toutes bénévoles, accompagnent chaque année plus de 70 000 patients.

Six photographes ont été sollicités pour témoigner des différentes formes de précarité qui touchent les plus démunis, qu’ils soient mineurs isolés, mal-logés, migrants ou blessés de la vie. En faisant appel à des auteurs reconnus comme Alberto García-Alix, Henk Wildschut, Cédric Gerbehaye, Valérie Jouve, Claudine Doury et Denis Rouvre, l’organisation a conscience de donner crédit à des images « qui complexifient le réel au lieu de le simplifier », comme le souligne avec justesse Natacha Wolinski dans un des textes de l’exposition. Placés chacun sous un verbe d’action en guise de titre, les travaux des photographes se déploient à travers l’espace de la galerie.

Résister

« La précarité ne se voit pas toujours. Pourtant elle abîme. Elle exclut et repousse vers les marges. Vers la rue, les bidonvilles, les bâtiments abandonnés, les centres d’hébergement surpeuplés »,

déclare Alberto García-Alix en regard des portraits d’hommes, de femmes et d’enfants qu’il saisit avec force dans un noir et blanc sans artifice.

© Alberto García-Alix
© Alberto García-Alix
© Alberto García-Alix
© Alberto García-Alix

Abriter

Claudine Doury a partagé le quotidien de Sara, 11 ans, qui vit dans un bidonville au seuil de son adolescence. « Des jours faits de jeux et d’ennui, des jours creux à grandir sans apprendre », détaille la photographe.

© Claudine Doury / Agence VU'
© Claudine Doury / Agence VU’
© Claudine Doury / Agence VU'
© Claudine Doury / Agence VU’

Accueillir

Henk Wildshut est allé à la rencontre des migrants dans la vallée de la Roya, « vallées solidaire, vallée résistante », entre la France et l’Italie.

© Henk Wildschut
© Henk Wildschut
© Henk Wildschut
© Henk Wildschut

Grandir

Les mineurs isolés sont une population fragile et difficile à approcher, et il a fallu toute la ténacité de Cédric Gerbehaye pour rendre compte avec délicatesse de leur errance, de leur joie ou de leur détresse.

© Cédric Gerbehaye / Agence VU'
© Cédric Gerbehaye / Agence VU’
© Cédric Gerbehaye / Agence VU'
© Cédric Gerbehaye / Agence VU’

Écouter

C’est peut-être l’une des parties les plus marquantes de cette exposition, consacrée au travail de Denis Rouvre. À cause de la dignité qui émane de ces grands portraits en couleur se détachant sur fond noir, peut-être aussi à cause des témoignages que diffusent tour à tour les haut-parleurs situés au-dessus de chaque image. Les voix nous guident à travers cette salle en clair-obscur, et l’on recueille ces paroles comme des confidences qui nous vont droit au cœur.

© Denis Rouvre
© Denis Rouvre
© Denis Rouvre
© Denis Rouvre

En contrepoint de ces travaux, on trouve également quatre images géantes de personnages énigmatiques signées Valérie Jouve. « Quatre images d’à peine », comme des sentinelles qui forcent notre regard à voir ce qu’on ne voit plus. Une exposition à voir absolument.

© Valérie Jouve
© Valérie Jouve
© Valérie Jouve
© Valérie Jouve

En (sa)voir plus

Jusqu’au 18 mars 2017,
Mise au poing, trente ans de combats contre l’exclusion
Topographie de l’art – 15, rue de Thorigny, 75003 Paris

Explorez
Les images de la semaine du 29 décembre 2025 : au revoir 2025, bonjour 2026 !
© Elisa Grosman
Les images de la semaine du 29 décembre 2025 : au revoir 2025, bonjour 2026 !
C’est l’heure du récap ! Dans les pages de Fisheye cette semaine, on célébrait les paillettes, la neige, la couleur, l’océan et une femme...
04 janvier 2026   •  
Écrit par Fisheye Magazine
Maputo Diary, ou la mémoire incarnée d’un lieu et de ses vies
© Ditte Haarløv Johnsen
Maputo Diary, ou la mémoire incarnée d’un lieu et de ses vies
Pendant plus de vingt-cinq ans, la photographe Ditte Haarløv Johnsen a documenté Maputo à hauteur de vie, entre retours intimes et...
03 janvier 2026   •  
Écrit par Costanza Spina
Sofía Jaramillo : la neige comme espace de réappropriation
A New Team © Sofía Jaramillo
Sofía Jaramillo : la neige comme espace de réappropriation
Dans A New Winter, Sofía Jaramillo s’attaque à l’imaginaire figé des sports d’hiver. En revisitant les codes visuels du ski, la...
31 décembre 2025   •  
Écrit par Cassandre Thomas
Les images de la semaine du 22 décembre 2025 : neige, enfance et cinéma
Emcimbini de la série Popihuise, 2024 © Vuyo Makheba, Courtesy AFRONOVA GALLERY
Les images de la semaine du 22 décembre 2025 : neige, enfance et cinéma
C’est l’heure du récap ! Au programme cette semaine : l’éclat ivoire des premiers flocons pour le solstice d’hiver, un retour sur la...
28 décembre 2025   •  
Écrit par Fisheye Magazine
Nos derniers articles
Voir tous les articles
Les images de la semaine du 29 décembre 2025 : au revoir 2025, bonjour 2026 !
© Elisa Grosman
Les images de la semaine du 29 décembre 2025 : au revoir 2025, bonjour 2026 !
C’est l’heure du récap ! Dans les pages de Fisheye cette semaine, on célébrait les paillettes, la neige, la couleur, l’océan et une femme...
04 janvier 2026   •  
Écrit par Fisheye Magazine
Maputo Diary, ou la mémoire incarnée d’un lieu et de ses vies
© Ditte Haarløv Johnsen
Maputo Diary, ou la mémoire incarnée d’un lieu et de ses vies
Pendant plus de vingt-cinq ans, la photographe Ditte Haarløv Johnsen a documenté Maputo à hauteur de vie, entre retours intimes et...
03 janvier 2026   •  
Écrit par Costanza Spina
Dans l’œil de Cloé Harent : derrière la falaise se cache la lumière
© Cloé Harent, Residency InCadaqués 2025
Dans l’œil de Cloé Harent : derrière la falaise se cache la lumière
Cette semaine, nous vous plongeons dans l’œil de Cloé Harent, dont l’œuvre a fait l’objet d’un accrochage lors de l’édition 2025 du...
02 janvier 2026   •  
Écrit par Apolline Coëffet
Gabrielle Hébert : l’amour comme langage intime à la Villa Médicis
Gabrielle Hébert (1853-1934), Peppino Scossa endormi dans les bras de sa mère, 11 août 1888, aristotype à la gélatine, 8,7 x 11,7 cm, Paris, musée national Ernest Hébert © Musée d’Orsay, Dist. GrandPalaisRmn / Alexis Brandt
Gabrielle Hébert : l’amour comme langage intime à la Villa Médicis
Elle a photographié l’amour – son amour – et le temps qui passe. À la Villa Médicis, Gabrielle Hébert fait de la photographie un...
01 janvier 2026   •  
Écrit par Fabrice Laroche