VR Arles Festival explore les médias immersifs

28 juin 2019   •  
Écrit par Benoît Baume
VR Arles Festival explore les médias immersifs

Bertrand Cizeau, directeur de la communication et directeur adjoint de l’engagement d’entreprise de BNP Paribas, cocréateur du VR Arles Festival. Il revient sur les étapes clés de cet évènement initié par Fisheye aux Rencontres d’Arles.

Bertrand Cizeau : Comment résumeriez-vous la philosophie du VR Arles Festival ?

Pour BNP Paribas, qui entretient une histoire commune avec le cinéma depuis plus de cent ans, il nous est apparu naturel de nous engager dans l’aventure du VR Arles Festival. Accompagner le 7e art, c’est aussi accompagner une industrie qui se transforme sous les effets de la révolution numérique. Créé en 2016, ce festival est né d’une intuition et d’un constat. L’intuition était de considérer les technologies immersives comme la clé pour expérimenter différemment notre monde. Ensuite, nous avions constaté que la réalité virtuelle était principalement entre les mains des techniciens, et nous voulions voir comment les auteurs et les artistes s’en emparaient. De ce point de vue, les choses ont beaucoup évolué. La créativité ne cesse d’être repoussée dans le domaine de la VR, et c’est précisément ce que le VR Arles Festival met en exergue chaque année. C’est un poste d’observation avancé où se joue la rencontre entre la créativité et la technologie. Avec 40 000 visiteurs lors de l’édition 2018, le VR Arles Festival est une des manifestations les plus importantes dans son domaine.

HanaHana © Mélodie Mousset

HanaHana © Mélodie Mousset

Le VR Arles Festival pourrait sembler un ovni au milieu des Rencontres, pourtant il s’est immédiatement intégré dès sa création. Comment expliquer ce succès ?

Ce festival est né d’une rencontre de trois cocréateurs, celle entre Fisheye, qui a fait naître ce projet ; les Rencontres d’Arles, qui lui ont donné un cadre ; et BNP Paribas, qui a apporté son soutien. L’histoire entre BNP Paribas et la réalité virtuelle s’étend d’ailleurs à ses activités et s’intègre dans un écosystème global. Le groupe a ainsi développé des services inédits, destinés à enrichir l’expérience client, grâce à la réalité virtuelle. Évidemment, la question de l’accueil du public arlésien, connu pour son exigence et son attachement à la photographie, était un enjeu. Mais dès le départ, l’accueil a été bien supérieur aux attentes. Les visiteurs étaient heureux de voir une nouvelle forme de création émerger et l’accès à une richesse de contenu. Le fait aussi d’avoir une vision large qui mélange fiction, documentaire et expérience artistique crée la singularité du VR Arles Festival, qui n’a cessé de trouver de nouveaux territoires à explorer. BNP Paribas a toujours soutenu la création et le talent, c’est donc assez naturellement que nous nous inscrivons dans cette aventure.

Gloomy Eyes © Jorge Tereso et Fernando Maldonado

Gloomy Eyes © Jorge Tereso et Fernando Maldonado

Avec trois volets (Fictions, Documentaires et Art), le festival se distingue de tout ce qui existe en matière de VR. Est-ce que les expériences immersives peuvent révolutionner notre manière de dire le monde comme la photo l’a fait ?

Les technologies immersives vont jouer un rôle bien plus large dans nos vies que celui d’un divertissement. Nous voyons, au sein du festival, comment la VR permet de repousser les limites de notre rapport au monde. Les Rencontres d’Arles, qui accueillent le VR Arles Festival, ont permis de montrer des visions d’auteurs et d’artistes qui sont devenus des figures majeures. Près de deux cents ans après son invention, la photo continue d’impacter notre société de manière globale. Les technologies immersives sont bien plus récentes et nous devons être attentifs à leur évolution. Avoir la chance de le faire sous l’ombre protectrice de la photo permet de prendre un peu de recul pour savoir ce qui restera dans le temps.

Accused #2 :Walter Sisulu Nicolas Champeaux et Gilles Porte

Accused #2 :Walter Sisulu © Nicolas Champeaux et Gilles Porte

Image d’ouverture, HanaHana © Mélodie Mousset

Explorez
Karim Kal : paysages nocturnes de la Haute Kabylie
© Karim Kal
Karim Kal : paysages nocturnes de la Haute Kabylie
Le photographe franco-algérien Karim Kal a remporté le prix HCB 2023 pour son projet Haute Kabylie. Son exposition Mons Ferratus sera...
20 février 2025   •  
Écrit par Costanza Spina
On Mass Hysteria : étude d'une résistance physique contre l'oppression
CASE PIECE #1 CHALCO, (Case 1, Mexico, On Mass Hysteria), 2023, Courtesy Galerie Les filles du calvaire, Paris © Laia Abril
On Mass Hysteria : étude d’une résistance physique contre l’oppression
À travers l’exposition On Mass Hysteria - Une histoire de la misogynie, présentée au Bal jusqu’au 18 mai 2025, l’artiste catalane...
19 février 2025   •  
Écrit par Marie Baranger
Tisser des liens, capter des mondes : le regard de Noémie de Bellaigue
© Noémie de Bellaigue
Tisser des liens, capter des mondes : le regard de Noémie de Bellaigue
Photographe et journaliste, Noémie de Bellaigue capture des récits intimes à travers ses images, tissant des liens avec celles et ceux...
15 février 2025   •  
Écrit par Costanza Spina
Faits divers : savoir mener l’enquête
© Claude Closky, Soucoupe volante, rue Pierre Dupont (6), 1996.
Faits divers : savoir mener l’enquête
Au Mac Val, à Vitry-sur-Seine (94), l’exposition collective Faits divers – Une hypothèse en 26 lettres, 5 équations et aucune réponse...
13 février 2025   •  
Écrit par Lou Tsatsas
Nos derniers articles
Voir tous les articles
Wes Anderson à la Cinémathèque : quand le cinéma devient photographie
Kara Hayward dans Moonrise Kingdom (2012), image tirée du film © DR
Wes Anderson à la Cinémathèque : quand le cinéma devient photographie
L'univers de Wes Anderson s'apparente à une galerie d'images où chaque plan pourrait figurer dans une exposition. Cela tombe à pic : du...
22 février 2025   •  
Écrit par Cassandre Thomas
A Lost Place : Aletheia Casey évoque le traumatisme des feux australiens
© Aletheia Casey
A Lost Place : Aletheia Casey évoque le traumatisme des feux australiens
À travers A Lost Place, Aletheia Casey matérialise des souvenirs traumatiques avec émotion. Résultant de cinq années de travail...
21 février 2025   •  
Écrit par Apolline Coëffet
Javier Ruiz au rythme de Chungking
© Javier Ruiz
Javier Ruiz au rythme de Chungking
Avec sa série Hong Kong, Javier Ruiz dresse le portrait d’une ville faite d’oxymores. Naviguant à travers le Chungking Mansions et les...
21 février 2025   •  
Écrit par Marie Baranger
Karim Kal : paysages nocturnes de la Haute Kabylie
© Karim Kal
Karim Kal : paysages nocturnes de la Haute Kabylie
Le photographe franco-algérien Karim Kal a remporté le prix HCB 2023 pour son projet Haute Kabylie. Son exposition Mons Ferratus sera...
20 février 2025   •  
Écrit par Costanza Spina