Prix Picto : la mode dans l’air du temps

27 septembre 2018   •  
Écrit par Lou Tsatsas
Prix Picto : la mode dans l'air du temps

Le 28 septembre, le Prix Picto de la Mode invite dix de ses anciens lauréats à s’exprimer, au cœur d’une exposition inédite. En avant-première, Fisheye vous invite à découvrir les créations d’Henrike Stahl, Pascale Arnaud, Laura Bonnefous et Elsa & Johanna.

Depuis vingt ans, le Prix Picto de la Mode récompense des photographes de moins de 35 ans. Pour célébrer son anniversaire, le concours a cette année invité dix anciens lauréats à s’exprimer, sur le thème de leur choix. Le résultat ? Une exposition inédite composée de dix installations, à découvrir au Palais Galliera, le 28 septembre. « Traditionnellement utilisée par les magazines, la photographie de mode fabrique au cours des années sa propre esthétique », précise Vincent Marcilhacy, directeur de la Fondation Picto. « Dès lors, les images vues dans ces magazines autant que dans des musées ou galeries reflètent tout autant les parfums des dernières collections que les bruits d’une société en mouvement ».

Le souffle des créateurs

Alors qu’elle voyage au Japon, dans les zones volcaniques de l’île de Kyushu, Laura Bonnefous est bouleversée par la beauté du territoire. « Loin de l’inventaire et de la description, j’ai vécu ces paysages et découvert ses habitants », explique-t-elle. « J’y ai prélevé des images de l’ordre de l’instinct et du sensible ». En rentrant, elle construit Failles, une création hybride, où se mélangent ses clichés de voyage et les pièces du créateur Issey Miyake. « L’expression du paysage face à ces personnages dévoile des créations organiques et des territoires personnifiés », ajoute Laura. Dialogue entre photo et mode, mémoire et présent, Failles nous propose une visite abstraite et sensorielle du Japon.

Elsa & Johanna, quant à elles, s’inspirent de la robe en métal de Paco Rabanne, réalisée en 1966. Elles construisent, dans le Palais Galliera un panorama de leurs créations. « La robe était faite des carrés et de rectangles d’aluminium, liés entre eux par des anneaux », expliquent les deux photographes. « Notre maille d’images, à l’image d’une grande boîte lumineuse, se révèle grâce à la lumière ». Un écho à l’éclat de la création de Rabanne. Au cœur de cette installation, le duo trace la cartographie de leur univers, des portraits aux paysages, en passant par les natures mortes. Le public est libre de découvrir et d’interpréter les différents clichés. Ils « tracent un chemin abstrait et intuitif dans cette mosaïque volatile », précisent Elsa & Johanna. Un moment de légèreté.

© Laura Bonnefous

© Laura Bonnefous

© Laura Bonnefous

© Laura Bonnefous

© Elsa & Johanna© Elsa & Johanna
© Elsa & Johanna

© Elsa & Johanna

La libération des corps

Alors que le féminisme se métamorphose, Pascale Arnaud propose un hommage au corps féminin durant cette exposition. Au sein de son installation, des figures se dressent, encadrées par des châssis de bois. « Cette série est une ode aux femmes, faite par une jeune femme », explique la photographe. « Une ode à leur corps, leurs courbes, leur beauté, leur finesse, leur complexité, leurs complexes et leur fragilité ». Réunies par des charnières, les photographies deviennent les battants d’un paravent, un symbole de pudeur et de féminité. Dans les clichés aux tons chauds, charnels, les corps se livrent sans artifice. Les marques et cicatrices se remarquent et subliment la réalité des corps. Organisés en trois triptyques, et placés dos à dos, les corps se répondent, fiers et libérés.

En 2017, le #metoo a marqué les esprits. « À la suite de ce mouvement, j’ai senti le besoin de revoir ma vision de l’homme. Je suis partie en quête d’une nouvelle masculinité, l’image de l’homme d’aujourd’hui », confie Henrike Stahl. Cette photographe allemande vit aujourd’hui entre Paris et Berlin. Et c’est dans les banlieues qu’elle a choisi de photographier ces hommes. Des lieux portant les stigmates de la masculinité. Poétique et délicate, sa série intitulée Macadam Cowboys joue avec nos perceptions. Un univers onirique, un titre provocateur et une sensibilité à fleur de peau. Les cowboys de ses clichés, pourtant, n’ont rien des illustrations stéréotypées des hommes du Far West. Ils posent avec pudeur, révélant leur fragilité. Une installation tout en nuance.

© Pascale Arnaud© Pascale Arnaud

© Pascale Arnaud

© Henrike Stahl© Henrike Stahl
© Henrike Stahl© Henrike Stahl

© Henrike Stahl

Image d’ouverture © Laura Bonnefous

Explorez
Chats, mémoire et groupe d’amies retraitées : nos coups de cœur photo de février 2026
Blank Verse © Maria Siorba
Chats, mémoire et groupe d’amies retraitées : nos coups de cœur photo de février 2026
Expositions, immersion dans une série, anecdotes, vidéos… Chaque mois, la rédaction de Fisheye revient sur les actualités photo qui l’ont...
27 février 2026   •  
Écrit par Apolline Coëffet
Participez à ces 5 appels à candidatures et concours du moment
Symbiose © Arash Khaksari
Participez à ces 5 appels à candidatures et concours du moment
Les vacances scolaires battent leur plein et sont marquées par l’échéance de plusieurs concours et appels à candidatures photographiques....
26 février 2026   •  
Écrit par Fisheye Magazine
L'agenda de la semaine : 4 expositions à ne pas rater !
© Kwame Brathwaite
L’agenda de la semaine : 4 expositions à ne pas rater !
Cette semaine, la photographie se fait le miroir de nos luttes, de nos illusions et de nos avenirs partout en Europe. Qu'il s'agisse...
25 février 2026   •  
5 questions à Maria Siorba : une plongée dans le « royaume souterrain »
Blank Verse © Maria Siorba
5 questions à Maria Siorba : une plongée dans le « royaume souterrain »
L’artiste visuelle Maria Siorba dévoile son premier livre photographique, Blank Verse, publié aux éditions Départ pour l’Image....
20 février 2026   •  
Écrit par Marie Baranger
Nos derniers articles
Voir tous les articles
Jean Painlevé : la science en rythme et les pieds dans l’eau
Jean Painlevé. Buste d’hippocampe, vers 1931. Épreuve gélatino-argentique d’époque © Les Documents Cinématographiques/Archives Jean Painlevé
Jean Painlevé : la science en rythme et les pieds dans l’eau
Le musée de Pont-Aven nous invite, jusqu’au 31 mai 2026, à une plongée fascinante dans l’univers de Jean Painlevé. Bien plus qu’une...
03 mars 2026   •  
Écrit par Fabrice Laroche
Les coups de cœur #576 : Paulina Korobkiewicz et Andreas Hammer
© Paulina Korobkiewicz
Les coups de cœur #576 : Paulina Korobkiewicz et Andreas Hammer
Paulina Korobkiewicz et Andreas Hammer, nos coups de cœur de la semaine, documentent des aspects du monde dans des approches distinctes....
02 mars 2026   •  
Écrit par Apolline Coëffet
Les images de la semaine du 23 février 2026 : au cœur de l'action
© Robert Capa / France – Normandie. 6 juin 1944. Les troupes américaines prennent d'assaut la plage d'Omaha lors du débarquement du Jour J.
Les images de la semaine du 23 février 2026 : au cœur de l’action
C'est l'heure du recap' ! Photographies de rue dans des métropoles qui vivent à toute vitesse, photographies au plus près des évènements...
01 mars 2026   •  
Écrit par Ana Corderot
Robert Capa : au plus près
© Robert Capa / Italie — Près de Troina. Août 1943. Un paysan sicilien indique à un officier américain la direction prise par les Allemands.
Robert Capa : au plus près
Le musée de la Libération de Paris consacre, jusqu’au 20 décembre 2026, une exposition en hommage à Robert Capa, figure majeure de la...
28 février 2026   •  
Écrit par Ana Corderot