« F(l)ight » ou les identités multiples de Boston

13 septembre 2017   •  
Écrit par Anaïs Viand
« F(l)ight » ou les identités multiples de Boston

Deividas Buivydas a quitté son pays d’origine, la Lituanie, pour venir étudier la photographie en Angleterre. En 2016, il photographie une petite ville anglaise, Boston, et ses habitants – avant et après le Brexit. F(l)ight est une réflexion sociologique et personnelle. 

C’est un voyage au coeur de Boston, un petite ville commerçante située en Angleterre, que nous propose Deividas Buivydas. Là-bas, il photographie la ville et ses habitants et nous livre sa réflexion sur les relations entre le Royaume-Uni et l’Union Européenne. Boston est considérée par certains comme la capitale de l’immigration est-européenne. Elle a aussi recueilli un fort taux de « oui » au référendum sur le Brexit. Au printemps 2016, il amorce ce projet et, très vite, Deividas a développé une haine pour l’endroit et a eu « le sentiment d’être aliéné par la ville », un sentiment fort à l’origine de la série. Après le Brexit, il décide de développer davantage le projet. 

Pour le photographe lituanien, le geste photographique est rapidement devenu naturel. Il découvre la photographie à sept ans, avec un appareil photo jetable trouvé dans un paquet de céréales. Plus tard, il s’exerce à la prise de vue avec un boîtier argentique. Aujourd’hui, la photographie est synonyme de liberté et d’engagement. Et surtout, « la photographie [lui] a permis de comprendre les personnes et leurs histoires. » 

© Deividas Buivydas

Une déclinaison de regards et d’interprétations

Plus qu’un jeu de mots, c’est un jeu de regards qu’il nous offre avec cette série. F(l)ight croise différentes approches de la photographie afin de multiplier les points de vue, selon que l’on se place du côté des « migrants» ou des « locaux ». Nombre de ses photos ont été prises à la volée. Et lorsqu’il opérait à découvert, il collaborait aves les habitants tout en essayant de « recréer et capturer la tension et le sentiment aliénant qui caractérise cette ville ». À travers ce projet, il a su développer une approche sociologique. « Mes photographies suggèrent des éléments de la vie que, souvent, seuls les migrants peuvent décoder » précise Deividas. Il nous livre d’ailleurs quelques clefs de lecture. La parabole VIASAT – visible sur l’une de ses images – est un objet indispensable pour de nombreux ménages immigrés car il leur permet de regarder des programmes télévisés présentés dans leur pays d’origine. Quant à l’image représentant deux jeunes homme à côté de la BMW, « elle évoque l’obsession des jeunes européens de l’Est à prouver leur statut social et leurs capacités économiques. »

Inspiré par la vie quotidienne autant que par son histoire personnelle, il aborde avec ses images les questions d’immigration auxquelles sont confrontés le Royaume-Uni et la Lituanie. Fuir son pays d’origine, être confronté à des tensions communautaires, ou encore lutter pour s’en sortir : il décrit la réalité telle qu’il la voit. Cette série porte cependant un message d’espoir. Light, une des trois lecture possible du titre, évoque bien évidemment l’espoir d’un avenir meilleur pour les migrants. 

© Deividas Buivydas
© Deividas Buivydas
© Deividas Buivydas
© Deividas Buivydas

© Deividas Buivydas

© Deividas Buivydas

© Deividas Buivydas

© Deividas Buivydas
© Deividas Buivydas
© Deividas Buivydas
© Deividas Buivydas

© Deividas Buivydas

Images extraites de la série F(l)ight  © Deividas Buivydas

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