Justine Tjallinks : renverser les codes de beauté 

31 juillet 2026   •  
Écrit par Annabelle GARBIGLIA
Justine Tjallinks : renverser les codes de beauté 
© Justine Tjallinks

© Justine Tjallinks
Vision Justine Tjallinks
SKIRA, Galerie Sophie Scheidecker,
111 pages,
39 €.

DansVision Justine Tjallinks capture avec singularité la différence, en prenant son inspiration dans la peinture ancienne du siècle d’or néerlandais au réalisme fantastique. 

Qu’est-ce que le beau ? C’est la première question qu’on se pose lorsqu’on ouvre le livre de Justine Tjallinks. Le beau de ses photographies n’est pas simple, il tire ses inspirations de la peinture des maîtres flamands du siècle d’or néerlandais. Ses images minutieuses et détaillées ne sont pas seulement éblouissantes, elles sont aussi bouleversantes. La photographie, ici s’aventurant aux frontières de la peinture, cherche à montrer une vérité cachée dans chaque personne. Les images bouleversent les normes esthétiques à travers les imperfections.

En s’arrêtant quelques instants sur le vitiligo, la trisomie, l’alopécie, ou bien l’albinisme, qui sont évoqués dans son livre, on réussit rapidement à comprendre cette valorisation : celle de la singularité physique et identitaire qui met en lumière des beautés uniques. La photographe explore la diversité humaine pour inviter le spectateur à redéfinir sa manière de voir et comprendre la pluralité des canons de beauté. Les lumières sont douces, les regards sont profonds, les photos ressemblent à des paysages intérieurs et rien n’est laissé au hasard.

Révéler les beautés en marge

Pour trouver les modèles de ses images, la photographe les repère dans les rues pour ensuite créer une réelle scénographie contemporaine qui s’ajoute à sa dimension sociale et éthique. Elle cherche la beauté dans la fragilité, dans la vulnérabilité et dans les rencontres avec l’autre, elle bouleverse les normes esthétiques de la société pour mettre en avant la beauté des marginalisés, des corps « hors normes » et des visages mêlés d’histoires complexes,, dans une scénographie oscillant entre fantaisie et réalité.

En parcourant les pages du livre notre regard est captivé par les vêtements sophistiqués, l’équilibre entre les lumières et les détails, et les influences de couleurs raffinées. Cet espace de composition rigoureuse naît d’un geste intérieur muri. Présentées sur le papier, les photos forment une résistance, elles restent indéfiniment. Et quoi de mieux que l’image pour former un nouvel art ? La photographie devient peinture, les deux s’entremêlent dans un nouveau monde, celui d’une frontière brouillée.

© Justine Tjallinks
© Justine Tjallinks
© Justine Tjallinks
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