Au micro de « Regardez voir » #91

24 avril 2019   •  
Écrit par Lou Tsatsas
Au micro de « Regardez voir » #91

Cette semaine, Brigitte Patient revient sur l’œuvre de Ren Hang, exposé à la Maison européenne de la photographie. Lumière ensuite sur le cliché fétiche de Patrice Douchet, metteur en scène et fondateur du Théâtre de la Tête Noire.

D’abord en tête du département photo de la Tate Modern, à Londres, Simon Baker est devenu le nouveau directeur de la Maison européenne de la Photographie, en 2018. Pour sa première saison dans le lieu culturel parisien, il a choisi d’exposer les images de Ren Hang. 150 tirages illustrent l’esthétique de ce photographe chinois, qui s’est donné la mort à l’âge de 30 ans, en 2017. Sur les clichés, la peau est représentée de manière obsessionnelle, les corps se tordent et se touchent, détournant la tradition du nu et la notion d’érotisme. Une explosion colorée et libérée.

« Le plus intéressant, dans l’œuvre de Ren Hang, ce sont ses moyens très modestes, confie Simon Baker. Il a réalisé la plupart de ses photos avec un petit appareil Minolta, dans son appartement, ou dans les parcs de Pékin », des images prises rapidement, improvisées et pourtant très bien composées. Une création légère et poétique.

 

© Courtesy of Estate of Ren Hang and OstLicht Galler y

© Courtesy of Estate of Ren Hang and OstLicht Galler y© Courtesy of Estate of Ren Hang and OstLicht Galler y

© Courtesy of Estate of Ren Hang and OstLicht Galler y

© Courtesy of Estate of Ren Hang and OstLicht Gallery

Un lien de parenté légendaire

Patrice Douchet, metteur en scène, directeur artistique et fondateur du Théâtre de la Tête Noire, situé à Saran, près d’Orléans, raconte l’histoire d’une photo aperçue dans un bar à Lisbonne. « En plein après-midi je suis rentré dans ce bar. J’ai vu une photo assez grande, en noir et blanc, entourée d’une bouée de sauvetage comme il y en a sur les bateaux. À l’intérieur de la bouée se trouvait la photo d’un petit garçon de quatre ou cinq ans, avec un air poupin et avec une casquette de capitaine sur la tête », raconte-t-il. Fasciné, il capture le cliché, et, à son retour en France s’étonne de la réaction de ses proches : « Ceux qui m’avaient connu enfant affirmaient qu’il s’agissait d’un portrait de moi », se souvient-il.

Quelque temps plus tard, Patrice Douchet retourne dans le bar portugais, et apprend que le petit garçon du cliché serait le propriétaire de l’établissement. Après une discussion animée – durant laquelle le barman apprend qu’il n’est en fait pas l’enfant sur l’image – les deux hommes s’inventent un lien de parenté légendaire. Une histoire poétique et fabuleuse.

 

Photo prise par Patrice Douchet

Photo prise par Patrice Douchet

Image d’ouverture : © Courtesy of Estate of Ren Hang and OstLicht Gallery

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