Bleue est la nouvelle règle : Lisa Miquet lève les tabous

15 juillet 2020   •  
Écrit par Lou Tsatsas
Bleue est la nouvelle règle : Lisa Miquet lève les tabous

Sujets insolites ou tendances, faites un break avec notre curiosité de la semaine. Avec Vous êtes de sang bleu, Lisa Miquet parodie les publicités pour les règles. Une série kitsch visant à lever les tabous sur un phénomène tout à fait naturel.

 « Je n’ai jamais compris les publicités pour les règles. Elles sont bien loin de la réalité. On voit les femmes faire du roller, du skate, aller dans des manèges à sensations fortes… On a presque l’impression que les règles sont une partie de plaisir ! »,

raconte Lisa Miquet, photographe et vidéaste française. Se spécialisant dans le portrait, l’artiste développe des séries autour de sujets féministes et tabous. Avec un humour désarmant, elle invite le public à se questionner, à interroger l’impact des médias dans la représentation de phénomènes naturels, et pourtant jugés « sales ». « J’ai souvent entendu des “oh non ne parlez pas de ça”, ou  même “beurk” de la part d’hommes – et même de femmes – lorsque de tels thèmes sont abordés. Pourtant, les règles sont un sujet de société et de santé publique important », précise-t-elle.

© Lisa Miquet / Hans Lucas© Lisa Miquet / Hans Lucas

Une parodie fraîche et intelligente

Avec une esthétique kitsch, évoquant les années 1980 et un fond rose omniprésent – symboles d’une manière de penser rétrograde – Lisa Miquet réinterprète les règles. Vous êtes de sang bleu, série aussi drôle qu’engagée, s’inspire des campagnes publicitaires pour les protections intimes, toutes aussi surréalistes les unes que les autres. « S’il n’y a pas de problème à voir du sang gicler dans un film de Tarantino, ou une véritable marée dans un épisode de Game of Thrones, celui des règles manque encore de représentation. Certaines sociétés, comme la marque américaine Kotex, ont matérialisé le sang avec des paillettes rouges. Liquide vaisselle, paillettes… Ne devrions-nous pas passer à une représentation réaliste ? » demande la photographe.

Dans cet univers aseptisé, au flou délicieusement ringard, les modèles de l’artiste laissent couler, avec fierté, leur sang bleu. Parmi les femmes photographiées, Dora Moutot, créatrice du compte Instagram féministe @tasjoui, prend un malin plaisir à montrer ses doigts, dégoulinant de ce liquide étrange – une libération tant attendue. Engagée, Vous êtes de sang bleu revient sur des tabous ancrés avec légèreté. Une parodie fraîche et intelligente, permettant « d’ouvrir le dialogue, afin que toutes les personnes menstruées se sentent plus à l’aise avec leur corps et leurs fluides ».

© Lisa Miquet / Hans Lucas© Lisa Miquet / Hans Lucas
© Lisa Miquet / Hans Lucas© Lisa Miquet / Hans Lucas
© Lisa Miquet / Hans Lucas© Lisa Miquet / Hans Lucas

© Lisa Miquet / Hans Lucas

Explorez
Les images de la semaine du 29 décembre 2025 : au revoir 2025, bonjour 2026 !
© Elisa Grosman
Les images de la semaine du 29 décembre 2025 : au revoir 2025, bonjour 2026 !
C’est l’heure du récap ! Dans les pages de Fisheye cette semaine, on célébrait les paillettes, la neige, la couleur, l’océan et une femme...
Il y a 11 heures   •  
Écrit par Fisheye Magazine
Maputo Diary, ou la mémoire incarnée d’un lieu et de ses vies
© Ditte Haarløv Johnsen
Maputo Diary, ou la mémoire incarnée d’un lieu et de ses vies
Pendant plus de vingt-cinq ans, la photographe Ditte Haarløv Johnsen a documenté Maputo à hauteur de vie, entre retours intimes et...
03 janvier 2026   •  
Écrit par Costanza Spina
Sofía Jaramillo : la neige comme espace de réappropriation
A New Team © Sofía Jaramillo
Sofía Jaramillo : la neige comme espace de réappropriation
Dans A New Winter, Sofía Jaramillo s’attaque à l’imaginaire figé des sports d’hiver. En revisitant les codes visuels du ski, la...
31 décembre 2025   •  
Écrit par Cassandre Thomas
Les images de la semaine du 22 décembre 2025 : neige, enfance et cinéma
Emcimbini de la série Popihuise, 2024 © Vuyo Makheba, Courtesy AFRONOVA GALLERY
Les images de la semaine du 22 décembre 2025 : neige, enfance et cinéma
C’est l’heure du récap ! Au programme cette semaine : l’éclat ivoire des premiers flocons pour le solstice d’hiver, un retour sur la...
28 décembre 2025   •  
Écrit par Fisheye Magazine
Nos derniers articles
Voir tous les articles
Les images de la semaine du 29 décembre 2025 : au revoir 2025, bonjour 2026 !
© Elisa Grosman
Les images de la semaine du 29 décembre 2025 : au revoir 2025, bonjour 2026 !
C’est l’heure du récap ! Dans les pages de Fisheye cette semaine, on célébrait les paillettes, la neige, la couleur, l’océan et une femme...
Il y a 11 heures   •  
Écrit par Fisheye Magazine
Maputo Diary, ou la mémoire incarnée d’un lieu et de ses vies
© Ditte Haarløv Johnsen
Maputo Diary, ou la mémoire incarnée d’un lieu et de ses vies
Pendant plus de vingt-cinq ans, la photographe Ditte Haarløv Johnsen a documenté Maputo à hauteur de vie, entre retours intimes et...
03 janvier 2026   •  
Écrit par Costanza Spina
Dans l’œil de Cloé Harent : derrière la falaise se cache la lumière
© Cloé Harent, Residency InCadaqués 2025
Dans l’œil de Cloé Harent : derrière la falaise se cache la lumière
Cette semaine, nous vous plongeons dans l’œil de Cloé Harent, dont l’œuvre a fait l’objet d’un accrochage lors de l’édition 2025 du...
02 janvier 2026   •  
Écrit par Apolline Coëffet
Gabrielle Hébert : l’amour comme langage intime à la Villa Médicis
Gabrielle Hébert (1853-1934), Peppino Scossa endormi dans les bras de sa mère, 11 août 1888, aristotype à la gélatine, 8,7 x 11,7 cm, Paris, musée national Ernest Hébert © Musée d’Orsay, Dist. GrandPalaisRmn / Alexis Brandt
Gabrielle Hébert : l’amour comme langage intime à la Villa Médicis
Elle a photographié l’amour – son amour – et le temps qui passe. À la Villa Médicis, Gabrielle Hébert fait de la photographie un...
01 janvier 2026   •  
Écrit par Fabrice Laroche