
Marie Levi et Fiona Tranchart, nos coups de cœur de la semaine, composent toutes les deux avec les espaces qui les entourent. L’une se construit dans le voyage, quand l’autre s’inspire de ses proches.
Marie Levi
Photographe spécialisée dans le portrait et le reportage, Marie Levi expérimente à travers les couleurs et la lumière. Attirée par les effluves du sud et leur chaleur, l’artiste aime explorer ces contrées en images. Dans Citron noir, Marie Levi est partie tirer le portrait de Palerme et a, derrière l’énergie vitale qui d’ordinaire la caractérise, fait émerger des temps de pause, de la lenteur apaisante. Les silhouettes y circulent doucement, à mesure que le soleil surgit. Mère et enfant se tenant la main, bibelots du marché aux puces déposés au sol, limoncello jaune vif, cheveux oranges… Il y fait beau, il y fait chaud et c’est agréable de se sentir ainsi vivant. « On retrouve aussi les contrastes qui marquent la ville, le sacré côtoie le trivial et les couleurs éclatantes répondent aux ombres durcies par le soleil méditerranéen. On est dans un quotidien simple et fantaisiste. La réalité devient un lieu d’évasion, de rêverie », écrit-elle. Ode à la ville et à la vie qui s’anime doucement, Citron noir pourrait aussi se lire comme « un autoportrait, solaire et contrasté » de Marie Levi.






Fiona Tranchart
« J’ai toujours pris énormément de photos, j’ai une peur bleue d’oublier et j’ai un besoin profond d’image pour m’ancrer dans un souvenir et documenter ma vie », avoue Fiona Tranchart. De ce besoin inné débute alors son apprentissage de la photographie. Actuellement à l’école, où elle se forme, elle puise son inspiration dans ce qui surgit et marque son quotidien, les liens forts qu’elle entretient avec ses proches. Germent ainsi des idées, qui se transforment en histoires visuelles, souvent chargées d’une féminité assumée. « J’ai toujours été entourée presque uniquement que de femmes, c’est tout naturellement que j’ai décidé de raconter leurs récits ou de créer avec elles. Mes premiers modèles étaient mes copines, nous racontions des fables inspirées des histoires qui nous faisaient vibrer à ce moment-là », ajoute-t-elle. Ainsi se déploie-t-il une sororité, une connexion évidente entre ses modèles et une sorte de mélancolie émerge-t-elle. Dans l’une de ses séries, Broderie, Chérie elle capte des jeunes femmes habillées dans des costumes traditionnels. Mais ce qui semble ressortir surtout, ce sont les mouvements, ce qui les relie. Ce qui est flou devient évident : le vêtement les habille, mais ce sont elles qui le font briller.



