« Cut off » : un dialogue social entre Dmitri Markov et Aries Mond

17 juin 2019   •  
Écrit par Anaïs Viand
« Cut off » : un dialogue social entre Dmitri Markov et Aries Mond

Le photographe documentaire russe Dmitri Markov et le musicien français Aries Mond ont composé Cut off, un double objet – livre et disque – autant poétique que social. Un subtil dialogue publié aux éditions IIKKI.

« Quand on me demande pourquoi je m’intéresse au “côté désagréable de la vie”, je réponds : “Parce que j’en fais partie” ». Le photographe documentaire, travailleur social et journaliste russe Dmitri Markov donne le ton. Et il fait tellement partie de la vie que nous n’avons pas eu l’occasion d’échanger avec lui. On peut comprendre, car en Russie, Dmitri Markov est une star. Il suffit de parcourir son compte Instagram – suivi par quelque
388 000 abonnés – pour s’en convaincre. Dmitri Markov est le genre de star qui ne cesse d’œuvrer pour le social. Quand il ne photographie pas, il travaille comme bénévole. Dans Cut Off, son huitième ouvrage édité aux éditions IIKKI, ses images dialoguent avec les mélodies signées Aries Mond, un musicien français composant entre autres pour le théâtre contemporain.

Une mosaïque sans artifice

Jeux d’enfants, hommes à l’agonie ou animaux attachants, Dmitri Markov rassemble dans cet ouvrage des figurants de tout âge et de toute origine. Ses scènes de vie sobres et poignantes s’assemblent pour former une mosaïque sans artifice. D’ailleurs, c’est à l’iPhone que le jeune prodige dépeint ce théâtre postsoviétique. On se croirait dans un décor vintage et pourtant, ses images ont été réalisées ces dernières années. Ennui, alcoolisme, pauvreté… autant de problématiques sociales atemporelles que l’on devine en parcourant Cut Off. Et si notre œil occidental perçoit les restes de l’URSS, le photographe préfère immortaliser des situations quotidiennes savoureuses. « C’est triste d’entendre les gens dire que je capture le côté sordide. Je ne vois rien d’horrible sur ces photos. Ce ne sont pas seulement des “photos sociales”, comme beaucoup de gens les voient, il s’agit-là de mes rencontres et de scènes personnelles. Chaque image constitue un chapitre de ma propre histoire », précise le photographe. Une déambulation urbaine, poétique et avant tout humaine – en son et en images.

Cut Off, éditions IIKKI, 40 €, 96 p, 500 exemplaires.

© Dmitri Markov© Dmitri Markov
© Dmitri Markov© Dmitri Markov
© Dmitri Markov© Dmitri Markov
© Dmitri Markov© Dmitri Markov
© Dmitri Markov© Dmitri Markov
© Dmitri Markov© Dmitri Markov
© Dmitri Markov© Dmitri Markov
© Dmitri Markov© Dmitri Markov
© Dmitri Markov© Dmitri Markov

© Dmitri Markov

Explorez
Les Vestiges indociles ou les souvenirs évanescents de Léonard Bourgois-Beaulieu
© Léonard Bourgois-Beaulieu
Les Vestiges indociles ou les souvenirs évanescents de Léonard Bourgois-Beaulieu
Jusqu’au 28 novembre 2026, au cœur du 3e arrondissement parisien, la galerie Alain Gutharc se fait l’écrin de fragments de mémoire voués...
06 novembre 2026   •  
Écrit par Apolline Coëffet
4 événements photographiques à découvrir en octobre 2026
© Cristóbal Ascencio
4 événements photographiques à découvrir en octobre 2026
La rédaction de Fisheye a relevé une série d'événements photographiques à découvrir à Paris et dans le reste de la France en octobre...
02 octobre 2026   •  
Écrit par Fisheye Magazine
À l'IMA-Tourcoing, Serge Najjar nous montre son pays à lui, le Liban
© Red Swipe 2015 Serge Najjar
À l’IMA-Tourcoing, Serge Najjar nous montre son pays à lui, le Liban
À l’Institut du monde arabe-Tourcoing, la photographie s’entremêle avec l’architecture et l’abstraction. Jusqu'au 17 janvier 2027...
01 octobre 2026   •  
Écrit par Annabelle GARBIGLIA
La sélection Instagram #561 : frissons dans tout le corps 
La sélection Instagram #561 : frissons dans tout le corps 
Cette semaine les photographes capturent à travers leur objectif le sport sous toutes ses formes. Les frissons parcourent les corps, une...
21 juillet 2026   •  
Écrit par Annabelle GARBIGLIA
Nos derniers articles
Voir tous les articles
Les Vestiges indociles ou les souvenirs évanescents de Léonard Bourgois-Beaulieu
© Léonard Bourgois-Beaulieu
Les Vestiges indociles ou les souvenirs évanescents de Léonard Bourgois-Beaulieu
Jusqu’au 28 novembre 2026, au cœur du 3e arrondissement parisien, la galerie Alain Gutharc se fait l’écrin de fragments de mémoire voués...
06 novembre 2026   •  
Écrit par Apolline Coëffet
Prix Bayeux Calvados-Normandie : l'Afghanistan vu de l'intérieur par Elise Blanchard
© Elise Blanchard
Prix Bayeux Calvados-Normandie : l’Afghanistan vu de l’intérieur par Elise Blanchard
Jusqu'au 7 novembre 2026, Elise Blanchard présente Vu de l'intérieur, l'Afghanistan depuis le retour des Talibans, une immersion de sept...
06 novembre 2026   •  
Écrit par Annabelle GARBIGLIA
LaCinetek : quand Raymond Depardon plongeait au cœur du système judiciaire
Image issue de Faits divers de Raymond Depardon © Raymond Depardon
LaCinetek : quand Raymond Depardon plongeait au cœur du système judiciaire
Jusqu'au 5 décembre 2026, LaCinetek met à disposition, dans son abonnement, deux films documentaires de Raymond Depardon : Faits divers...
05 novembre 2026   •  
Écrit par Ana Corderot
Diane Desclaux : les dernières langueurs de l’été
© Diane Desclaux
Diane Desclaux : les dernières langueurs de l’été
Dans Siga, Diane Desclaux célèbre l’indolence de l’été dans des clichés jouant avec les ombres et la géométrie. Réalisée sur différentes...
05 novembre 2026   •  
Écrit par Apolline Coëffet