Dans l’œil de Claudia Fuggetti : une nature aliénée

30 décembre 2024   •  
Écrit par Marie Baranger
Dans l'œil de Claudia Fuggetti : une nature aliénée
Perception © Claudia Fuggetti, Metamorphosis.
ClaudiaFuggetti
Photographe
« Je compose ces personnes aux allures d’aliens, dont la chair est imperceptible, qui annihilent leur ego et leur corps, renouant avec la nature dans une dimension totale. »

Cette semaine, plongée dans l’œil de Claudia Fuggetti. L’artiste italienne esquisse une métaphore du détachement des humain·es avec leur environnement, en raison de l’industrialisation de masse. Pour Fisheye, elle revient sur cette image intitulée « Perception », où elle tente de repenser le retour à une vie terrestre plus durable et plus harmonieuse.

« Qui se soucie de la nature ? Nous vivons dans un monde et dans une société où les seules choses qui comptent sont la marchandise et la consommation. Même notre environnement est comme un objet, une ressource à exploiter, une toile de fond pour les selfies, etc. Dans ma série Metamorphosis, j’explore cette relation que nous entretenons avec la nature en me servant des couleurs et des atmosphères qui se situent quelque part entre le réel et l’irréel.

Cette image, intitulée “Perception”, représente la fragilité de la nature face à notre influence. La figure humaine est dépeinte ici comme une entité extraterrestre, une présence qui fait partie d’un tout, se fondant dans le paysage et les éléments naturels. Je joue avec cette contradiction entre l’étrange et la réalité. Je compose ces personnes aux allures d’aliens, dont la chair est imperceptible, qui annihilent leur ego et leur corps, renouant avec la nature dans une dimension totale.

Je suis profondément fascinée par les œuvres de l’écrivain Aldous Huxley, telles que Le Meilleur des mondes (1932) et Les Portes de la perception (1954). Il analyse la façon dont nous nous détachons de la nature. Il explique comment le progrès technologique et l’industrialisation nous ont éloigné·es des rythmes naturels de la vie. De même, dans “Perception”, la physionomie de l’extraterrestre incarne cette déconnexion : une espèce désynchronisée par rapport à l’écosystème qui la soutient. Cependant, sa fusion avec le décor primitif suggère la possibilité d’une reconnexion, reflétant l’idée d’Huxley selon laquelle l’esprit peut transcender les barrières artificielles et redécouvrir l’unité avec la planète. »

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