Debi Cornwall, récompensée par le Prix Élysée 2023

23 mai 2023   •  
Écrit par Lou Tsatsas
Debi Cornwall, récompensée par le Prix Élysée 2023

Accompagnant les photographes dans l’édition d’une monographie, le Prix Élysée vient de dévoiler le nom de la lauréate 2023 : Debi Cornwall. L’artiste américaine a conquis le jury grâce à ses mises en scène conceptuelles interrogeant la « performance de la citoyenneté » dans son pays natal.

Ouvert à tous·tes les photographes et artistes utilisant le médium, quel que soit leur âge ou nationalité, le Prix Élysée récompense, tous les deux ans et à l’issue d’un appel à candidatures international, un projet ambitieux et inédit. Doté d’une bourse de 80 000 CHF (soit environ 82 300 euros), le prix permet aux lauréat·es de chaque édition de compléter ses recherches, mener à bien ses projets et publier son travail sous la forme d’un ouvrage. Cette année, huit finalistes ont été remarqué·es par le jury : Vincen Beeckman, Siân Davey, Nicolai Howalt, Khashayar Jovanmardi, Alice Mann, Gloria Oyarzabal, Virginie Rebetez et Debi Cornwall. C’est cette dernière qui a fait l’unanimité, grâce à son projet intitulé Citoyens modèles. « Son travail s’inscrit dans l’actualité et est une contribution importante qui arrive à point nommé, compte tenu de l’effet des fake news dans notre société », commente le jury.

© Debi Cornwall / Prix Élysée

Une crise violente et perpétuelle

Artiste visuelle américaine, Debi Cornwall s’intéresse, depuis ses débuts, à la frontière fine entre réel et fiction. Se décrivant comme une autrice « documentaire conceptuelle », elle souligne, à travers ses mises en scène, ses voyages et ses recherches, l’absurdité de notre monde. Après s’être intéressée aux simulations de guerres auxquelles participent les soldats américains dans les bases militaires, elle poursuit l’exploration sociopolitique de son propre pays avec la série couronnée par le prix. « J’y examine la mise en scène de la réalité et la performance de la citoyenneté aux États-Unis, un pays militarisé dont les citoyen·nes ne peuvent s’accorder sur ce qui est vrai (…) Je réalise des photographies conçues pour susciter une interrogation : comment les fictions sont-elles déployées, commercialisées et adoptées, nous préparant alternativement aux réalités de la citoyenneté dans une société en proie à une crise violente et perpétuelle, ou nous en détournant ? », commente-t-elle. Dans un univers aux couleurs soutenues et à la propreté surnaturelle, Debi Cornwall convoque l’inquiétante étrangeté et donne à un enjeu national une dimension universelle.

© Debi Cornwall / Prix Élysée

© Debi Cornwall / Prix Élysée© Debi Cornwall / Prix Élysée

© Debi Cornwall / Prix Élysée

© Debi Cornwall / Prix Élysée

Explorez
Sofía Jaramillo : la neige comme espace de réappropriation
A New Team © Sofía Jaramillo
Sofía Jaramillo : la neige comme espace de réappropriation
Dans A New Winter, Sofía Jaramillo s’attaque à l’imaginaire figé des sports d’hiver. En revisitant les codes visuels du ski, la...
31 décembre 2025   •  
Écrit par Cassandre Thomas
Les images de la semaine du 22 décembre 2025 : neige, enfance et cinéma
Emcimbini de la série Popihuise, 2024 © Vuyo Makheba, Courtesy AFRONOVA GALLERY
Les images de la semaine du 22 décembre 2025 : neige, enfance et cinéma
C’est l’heure du récap ! Au programme cette semaine : l’éclat ivoire des premiers flocons pour le solstice d’hiver, un retour sur la...
28 décembre 2025   •  
Écrit par Fisheye Magazine
Trophées Photos Jeunes D’Avenirs : quand les jeunes s’emparent de l’image 
Les avenirs vacants, Grand Prix du Jury © Victor Arsic
Trophées Photos Jeunes D’Avenirs : quand les jeunes s’emparent de l’image 
Le Groupe AEF info a annoncé les lauréat·es de la première édition de son concours Trophées Photos Jeunes D’Avenirs. Six jeunes artistes...
23 décembre 2025   •  
Écrit par Marie Baranger
La rétrospective de Madeleine de Sinéty, entre France et États-Unis
© Madeleine de Sinéty
La rétrospective de Madeleine de Sinéty, entre France et États-Unis
L’exposition Madeleine de Sinéty. Une vie, présentée au Château de Tours jusqu'au 17 mai 2026, puis au Jeu de Paume du 12 juin au 27...
15 décembre 2025   •  
Écrit par Costanza Spina
Nos derniers articles
Voir tous les articles
Gabrielle Hébert : l’amour comme langage intime à la Villa Médicis
Gabrielle Hébert (1853-1934), Peppino Scossa endormi dans les bras de sa mère, 11 août 1888, aristotype à la gélatine, 8,7 x 11,7 cm, Paris, musée national Ernest Hébert © Musée d’Orsay, Dist. GrandPalaisRmn / Alexis Brandt
Gabrielle Hébert : l’amour comme langage intime à la Villa Médicis
Elle a photographié l’amour – son amour – et le temps qui passe. À la Villa Médicis, Gabrielle Hébert fait de la photographie un...
01 janvier 2026   •  
Écrit par Fabrice Laroche
Sofía Jaramillo : la neige comme espace de réappropriation
A New Team © Sofía Jaramillo
Sofía Jaramillo : la neige comme espace de réappropriation
Dans A New Winter, Sofía Jaramillo s’attaque à l’imaginaire figé des sports d’hiver. En revisitant les codes visuels du ski, la...
31 décembre 2025   •  
Écrit par Cassandre Thomas
La sélection Instagram #539 : tout ce qui brille
© Jo Bradford / Instagram
La sélection Instagram #539 : tout ce qui brille
Pour fêter la nouvelle année, les artistes de notre sélection Instagram de la semaine posent leurs regards sur tout ce qui brille : feux...
30 décembre 2025   •  
Écrit par Marie Baranger
Les coups de coeur #570 : Fahad Bahramzai et Elisa Grosman
© Elisa Grosman
Les coups de coeur #570 : Fahad Bahramzai et Elisa Grosman
Fahad Bahramzai et Elisa Grosman, nos coups de cœur de la semaine, cherchent tous deux à transmettre des émotions par l’image. Le premier...
29 décembre 2025   •  
Écrit par Marie Baranger