Fotohaus Bordeaux 2025 : des existences engagées

Fotohaus Bordeaux 2025 : des existences engagées
© Olivia Gay
Collage montrant une femme dans la Résistance
© Claudia Balsters et Hannah Goldstein

La quatrième édition de Fotohaus Bordeaux a commencé. Jusqu’au 27 avril 2025, l’Hôtel de Ragueneau accueille l’événement qui, cette année, est porté par la thématique « existences et engagement ». 

Pour la deuxième année consécutive, en avril, Bordeaux fait la part belle à la photographie. Tout au long du mois, le public peut découvrir une multitude d’accrochages disséminés dans toute la métropole, en extérieur comme en intérieur. Parmi eux se comptent notamment ceux de Fotohaus Bordeaux, un concept d’expositions franco-allemand qui, comme à l’accoutumée, investit l’Hôtel de Ragueneau pour présenter les œuvres de plusieurs artistes. À l’instar des trois éditions précédentes, l’événement s’articule autour d’une thématique sociétale qui a pour vocation d’instaurer un dialogue entre les territoires et leurs particularités. Une même problématique se décline alors sous différents angles selon les perspectives, « car chacune des cultures, française et allemande, a une histoire et une identité propres », rappelle un communiqué. Les visiteurs peuvent s’imprégner de ces points de vue jusqu’au 27 avril prochain. Dans ce cadre, il leur est également possible de voter pour leur projet favori. 

Montagne enneigée des Alpes
© Grégoire Eloy / Tendance Floue
Vallée aride
© Maryam Touzani
Personne sous l'eau
© Verdiana Albano

Des sujets qui nous troublent

« Comment vivre une existence humaine ? Comment et pourquoi certains d’entre nous font-ils de leur vie un modèle d’engagement ? » Telles sont les questions qui animent Fotohaus Bordeaux en 2025. Portée par la thématique « existences et engagement », la programmation actuelle sonde notre époque pour faire émerger des sujets qui nous troublent, d’une manière ou d’une autre. Au fil des salles se découvrent les travaux de Claudia Balsters et Hannah Goldstein, de Grégoire Eloy, du collectif Institute Contemporary, de Soum Eveline Bonkoungou, d’Olivia Gay, de Joël Peyrou, de Nico Knoll et de Jean-Marc Caimi et Valentina Piccinni. Laurent Villeret expose, quant à lui, hors les murs, au cimetière de la Chartreuse. Dans des approches documentaires, parfois expérimentales, toutes et tous adoptent une démarche à la fois empreinte de douceur et de poésie et marquée par une curiosité de l’autre. Quel que soit le sujet choisi, les photographes cherchent à susciter une réaction, si ce n’est une réflexion.

Dans cette idée, dans des collages et une installation faite de papiers jetés au sol, sur lesquels sont inscrits des noms et des slogans, Claudia Balsters et Hannah Goldstein rendent hommage aux femmes qui ont œuvré dans la Résistance. Le duo évoque également les mouvements allemands, méconnus en France, qui ont lutté contre le régime nazi. Quelques pas plus loin, Grégoire Eloy donne à voir Le Beau Geste, une série réalisée dans les montagnes. Alors qu’un flux de migrants tente chaque jour davantage de creuser son chemin, des personnes habitant sur place s’engagent pour les accueillir. Au centre du bâtiment, un grand espace accueille On the Vastness of our Identities de l’Institute Contemporary, qui réunit les œuvres de Delali Ayivi, Monika Ribeiro, Verdiana Albano, Ange-Frédéric Koffi et Maryam Touzani. Ensemble, le collectif s’intéresse à la quête identitaire d’individus afro-européens. Celle-ci s’exprime sur divers supports allant de l’impression sur voilage à des poèmes traduits en quatre langues. 

La dernière partie de l’Hôtel de Ragueneau gravite autour d’autres réalités, qui nous touchent toutes et tous. Avec À domicile, Olivia Gay propose un témoignage sensible sur le quotidien des soignants qui officient dans les régions rurales et accompagnent des personnes âgées. Le lien que tissent ces professionnels de santé avec leurs patients apparaît dans des couleurs douces tandis que les postures font écho à des œuvres picturales. L’émotion transparaît et offre un autre regard sur le métier. Enfin, à travers Tropicalia, Jean-Marc Caimi et Valentina Piccinni nous emmènent en Sicile. Face aux enjeux des dérèglements climatiques, l’île italienne s’est transformée en vaste laboratoire agricole au sein duquel les scientifiques expérimentent et imaginent les cultures qui nous nourriront demain.

Mise à jour le 30.04 : Alors que la quatrième édition de Fotohaus Bordeaux vient de s’achever, Olivia Gay a remporté le prix du Public 2025 pour sa série À domicile.

Fidèles à l'église
© Joël Peyrou
Agricultrice au milieu d'un champ de fleurs rouges
© Jean-Marc Caimi et Valentina Piccinni
Groupe de personnes vêtues de rouge
© Delali Ayivi
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