À travers ses images et ses collages, Jaka Mojškerc construit de petites histoires d’un quotidien qui passe lentement dans la douceur. Paysages naturels et portraits se mêlent, s’ajustent, se révèlent l’un à l’autre pour éveiller nos sens.
Des cygnes qui dansent à la surface de l’eau, des coquilles d’œufs qui s’effritent comme autant de peaux qui s’effleurent… Dans les images et collages de Jaka Mojškerc se cachent des milliers de mots, des sensations éparses, des souvenirs, une émotion particulière, une odeur, autant de mystères que l’on se plaît à décoder, à imaginer, des relations qui se tissent dans le paysage. Avant toute chose, il y a l’acte photographique, ce moment où l’auteur cherche le ton, y va à tâtons pour capter son environnement, capter l’instant avant qu’il ne disparaisse. « Je suis tout aussi fasciné par les fourmis qui gravitent autour de ma boisson sucrée oubliée dehors toute la nuit que par l’apparence des œufs, la façon dont les cheveux de ma copine tombent sur son visage ou l’étreinte de deux amis. Pour moi, il existe une infinité de choses, d’événements, qui relèvent de la beauté. »
Saisir la beauté dans ce qu’elle possède de plus spontané
C’est précisément de ce besoin d’encapsuler le beau, ou du moins ce que son œil perçoit ainsi, que Jaka Mojškerc démarre la photographie. Il a 17 ans lorsqu’il se lance en autodidacte, le plus simplement possible, ressentant le besoin instinctif de « faire des images ». Presque dix ans après, le médium est plus que jamais présent dans sa vie, il est ce qui le lie au reste, ce qui fait interagir les choses et les gens au cœur de son quotidien. « L’une de mes œuvres préférées est sans doute le collage associant des ciseaux et un paysage. Il m’inspire tout simplement espoir et foi, des sentiments très positifs et mystérieux, difficiles à expliquer. Par ailleurs, la plupart de ces collages mettent en scène ma compagne, Jara. Je pense qu’ils reflètent aussi bien ma relation avec elle que la manière dont je la perçois par rapport à tout ce qui m’entoure. Tout comme la nature, à laquelle j’associe souvent ses images, elle est pour moi une source d’inspiration inépuisable. » À travers ses compositions, ses assemblages, découpages et collages s’immiscent de petites anomalies : des scotchs qui se décollent, des rayures, des déchirures. Mais dans toutes ces erreurs, il y a la vie. Celle qui s’effrite parfois, qui chavire, se déchire, se plie et se déplie, pour mieux être vécue, mieux être aimée.








