La banlieue, entre ennui et romantisme

14 août 2018   •  
Écrit par Lou Tsatsas
La banlieue, entre ennui et romantisme

Dans Pinnacle Treaty, Eli Durst, photographe venu du Texas, s’intéresse aux banlieues américaines et à leurs contradictions. Une série à mi-chemin entre le documentaire et la fiction.

Eli Durst, photographe texan, se voyait d’abord réalisateur. Ce n’est qu’en prenant des cours de photographie, à l’université, qu’il tombe amoureux du huitième art, « et de la liberté qu’il procure », ajoute-t-il. « Soudain, je n’avais plus besoin d’un script, ou de rentrer dans un genre, je pouvais simplement me promener et prendre des photos ». Inspiré par ses deux passions, Eli réalise des images répondant à la fois aux codes documentaires et à l’esthétique cinématographique. « J’espère ainsi créer une tension, qui attirerait le public dans mon univers », précise-t-il.

À travers Pinnacle Treaty, le photographe s’intéresse aux banlieues américaines, cet espace étrange, vus par certains comme un pilier du monde moderne, et par d’autres comme un lieu reclus, ennuyeux et fermé d’esprit. En oscillant entre réalité et imaginaire, Eli présente un univers à la frontière de ces deux extrêmes. « Je voulais étudier le fait que les banlieues reflètent ces fantasmes et idéologies tout autant qu’elles les contredisent », confie le photographe.

Les banlieues mises en scène

Pinnacle Treaty

présente un univers fascinant, peuplé de personnages mystérieux et de décors immaculés. Sur les images, les tables sont dressées, semblant attendre des convives, et les modèles piquent notre curiosité. « Certaines photos sont tout à fait spontanées, mais d’autres reproduisent des souvenirs que je souhaitais capturer », explique Eli. Fasciné par la lumière, le photographe enveloppe chacun de ses clichés de tons chauds. « Je photographiais principalement le matin, ou en fin d’après-midi », révèle-t-il. « Je voulais cette lumière riche, directe, qui donnerait à mes images un certain romantisme ». Une poésie souvent absente des représentations de la banlieue. « Je travaille mes images pour qu’elles reflètent à la fois le réel et l’illusoire », conclut Eli. Sublimées par cet éclairage, les clichés du photographe dévoilent un monde à part, loin des suburbs américains habituels. Un décor de cinéma dans lequel évoluent des personnages à la fois réels et inventés.

© Eli Durst

© Eli Durst

© Eli Durst© Eli Durst
© Eli Durst

© Eli Durst© Eli Durst

© Eli Durst© Eli Durst

© Eli Durst© Eli Durst© Eli Durst

© Eli Durst

Explorez
Katia Kameli présente le Roman algérien à Arles 2026
© Katia Kameli
Katia Kameli présente le Roman algérien à Arles 2026
À Arles, Katia Kameli dévoile un nouveau chapitre de son vaste projet Le Roman algérien, une œuvre au long cours qui interroge la...
27 juillet 2026   •  
Écrit par Costanza Spina
Rencontre avec Véronique Souben, directrice de l’ENSP, et Salomé Gaëta, ancienne élève
[Helio 7], 2026. © Salomé Gaëta
Rencontre avec Véronique Souben, directrice de l’ENSP, et Salomé Gaëta, ancienne élève
Véritable institution au cœur des Rencontres d’Arles, l’École nationale supérieure de la photographie cultive une approche singulière de...
25 juillet 2026   •  
Écrit par Fabrice Laroche
Jérôme Clément-Wilz et la caméra comme preuve
Visuels du film Ceci est mon corps. © Jérôme Clément-Wilz
Jérôme Clément-Wilz et la caméra comme preuve
Documentariste du regard situé, Jérôme Clément-Wilz filme depuis des années ce que la société préfère exotiser, ostraciser, taire ou...
24 juillet 2026   •  
Écrit par Ana Corderot
Bertien van Manen : étendre les contours de la société
© Bertien van Manen, Works "Ljalja, Odessa", 1991 Série / From the series : Let's sit down before we go / Courtesy of Stichting Bertien van Manen.
Bertien van Manen : étendre les contours de la société
Dans le cadre du Grand Arles Express, le Centre de la photographie de Mougins consacre une dense exposition à Bertien van Manen. Une...
23 juillet 2026   •  
Écrit par Apolline Coëffet
Nos derniers articles
Voir tous les articles
Jean Marie del Moral et sa collection d’artiste(s)
Monique Frydman © Jean Marie del Moral
Jean Marie del Moral et sa collection d’artiste(s)
Du 30 mai au 1er novembre 2026, le centre d’art Contemporain Bouvet Ladubay situé à Saumur nous propose une immersion au cœur des...
Il y a 3 heures   •  
Écrit par Esther Baudoin
Katia Kameli présente le Roman algérien à Arles 2026
© Katia Kameli
Katia Kameli présente le Roman algérien à Arles 2026
À Arles, Katia Kameli dévoile un nouveau chapitre de son vaste projet Le Roman algérien, une œuvre au long cours qui interroge la...
27 juillet 2026   •  
Écrit par Costanza Spina
Rencontre avec Véronique Souben, directrice de l’ENSP, et Salomé Gaëta, ancienne élève
[Helio 7], 2026. © Salomé Gaëta
Rencontre avec Véronique Souben, directrice de l’ENSP, et Salomé Gaëta, ancienne élève
Véritable institution au cœur des Rencontres d’Arles, l’École nationale supérieure de la photographie cultive une approche singulière de...
25 juillet 2026   •  
Écrit par Fabrice Laroche
Jérôme Clément-Wilz et la caméra comme preuve
Visuels du film Ceci est mon corps. © Jérôme Clément-Wilz
Jérôme Clément-Wilz et la caméra comme preuve
Documentariste du regard situé, Jérôme Clément-Wilz filme depuis des années ce que la société préfère exotiser, ostraciser, taire ou...
24 juillet 2026   •  
Écrit par Ana Corderot