La promenade rafraîchissante de Thomas Boivin dans le quartier de Belleville

06 avril 2023   •  
Écrit par Léa Boisset
La promenade rafraîchissante de Thomas Boivin dans le quartier de Belleville

L’exposition Belleville de Thomas Boivin, présentée du 10 mars au 4 juin à Maison de la Photographie Robert Doisneau, nous offre une promenade dans le Paris du 19e arrondissement qui réactualise la photographie de quartier.

C’est dans une grande simplicité, loin de toute volonté de description sociologique, que les photographies de Thomas Boivin explorent le paysage urbain de Belleville, le visage de ses passants, ainsi que des objets vagabonds, cristallisés en natures mortes. S’attachant à des détails singuliers – drapés flottants au vent, plis soyeux des vêtements, figures ensoleillées, parfois dans d’étranges postures – pris entre mouvement et inertie, il renouvelle l’image un peu figée du Paris classique.

Pour réaliser ces portraits de sujets animés et inanimés, pris entre 2010 et 2020, l’artiste a demandé aux passants la permission de les photographier : ici, pas de cliché à la sauvette ou prises sur le vif. Il s’agissait alors de retrouver, lors de la pause des modèles, ce que l’œil de l’auteur avait pu saisir, dans l’immédiateté de l’instant. Atteindre, dans cette offrande généreuse du modèle qui pose, la spontanéité, le naturel du sujet qui ne se sait pas observé. Les corps ondoient ainsi avec franchise et bienveillance sous l’objectif de Thomas Boivin, tantôt s’unissant avec le décor, tantôt s’en détachant, sans faux-semblant. Cette nouvelle façon d’approcher ses modèles est une preuve, s’il en fallait, qu’il est encore possible de photographier ses semblables dans l’espace public.

De cette promenade dans un autre Belleville, à travers l’œil sensible de Thomas Boivin, on sort comme apaisé. Les photographies, d’une grande douceur et d’une clarté estivale réjouissante, nous invitent à de chaleureuses rencontres. S’installe ainsi un double dialogue : des corps photographiés entre eux, qui se font écho, ou qui s’opposent, et un dialogue muet entre les passants et les spectateurs, ces derniers questionnant les postures, les regards qui leur sont offerts.

© Thomas Boivin

© Thomas Boivin© Thomas Boivin

© Thomas Boivin

© Thomas Boivin© Thomas Boivin

© Thomas Boivin

© Thomas Boivin

Explorez
5 événements photo à découvrir ce week-end
Rikka, la petite Balinaise, Fernand Nathan, Paris, 1956 © Dominique Darbois, Françoise Denoyelle.
5 événements photo à découvrir ce week-end
Ça y est, le week-end est là. Si vous prévoyez une sortie culturelle, mais ne savez pas encore où aller, voici cinq événements...
Il y a 1 heure   •  
Écrit par Fisheye Magazine
Victor Gassmann : « Je crois en la matière »
Affiche Pictorial Service rue de la Comete 1950 © Archives Picto
Victor Gassmann : « Je crois en la matière »
Arrière-petit-fils de Pierre Gassmann, Victor Gassmann veille sur l’héritage de Picto, laboratoire emblématique qui a façonné le tirage...
27 novembre 2025   •  
Écrit par Fabrice Laroche
Les images de la semaine du 17 novembre 2025 : portraits du passé et du présent
I Saw a Tree Bearing Stones in Place of Apples and Pears © Emilia Martin
Les images de la semaine du 17 novembre 2025 : portraits du passé et du présent
C’est l’heure du récap ! Cette semaine, les photographes de Fisheye dépeignent différentes réalités. Certains puisent leur inspiration...
23 novembre 2025   •  
Écrit par Apolline Coëffet
5 événements photo à découvrir ce week-end
© Sandra Eleta
5 événements photo à découvrir ce week-end
Ça y est, le week-end est là. Si vous prévoyez une sortie culturelle, mais ne savez pas encore où aller, voici cinq événements...
22 novembre 2025   •  
Écrit par Fisheye Magazine
Nos derniers articles
Voir tous les articles
5 événements photo à découvrir ce week-end
Rikka, la petite Balinaise, Fernand Nathan, Paris, 1956 © Dominique Darbois, Françoise Denoyelle.
5 événements photo à découvrir ce week-end
Ça y est, le week-end est là. Si vous prévoyez une sortie culturelle, mais ne savez pas encore où aller, voici cinq événements...
Il y a 1 heure   •  
Écrit par Fisheye Magazine
Fury, l'univers « crépusculaire » de Marie Quéau
Sans titre #90, Campus Univers Cascades, 2023, extrait de la série Fury, Courtesy Galerie Les filles du calvaire, Paris © Marie Quéau / ADAGP, Paris, 2025
Fury, l’univers « crépusculaire » de Marie Quéau
Jusqu’au 8 février 2026, Marie Quéau, cinquième lauréate du prix Le Bal/ADAGP de la Jeune Création, présente Fury. Dans cette exposition...
Il y a 6 heures   •  
Écrit par Marie Baranger
À Chaumont-Photo-sur-Loire 2025, la nature se révèle picturale et sculpturale 
© Guillaume Barth
À Chaumont-Photo-sur-Loire 2025, la nature se révèle picturale et sculpturale 
Jusqu’au 22 février 2026, Chaumont-Photo-sur-Loire vous donne rendez-vous avec la nature. Pour sa 8e édition, l’événement accueille...
28 novembre 2025   •  
Écrit par Apolline Coëffet
Éternel été, mémoire et masculinité : nos coups de cœur photo de novembre 2025
Red Is Over My Lover. Not Anymore Mi Amor © Laura Lafon
Éternel été, mémoire et masculinité : nos coups de cœur photo de novembre 2025
Expositions, immersion dans une série, anecdotes, vidéos… Chaque mois, la rédaction de Fisheye revient sur les actualités photo qui l’ont...
28 novembre 2025   •  
Écrit par Apolline Coëffet