L’art de la performance

30 janvier 2020   •  
Écrit par Lou Tsatsas
L’art de la performance

Ina Jang, artiste visuelle d’origine coréenne, construit, à l’aide de morceaux de papier son Radiator Theatre. Une série ludique et abstraite mêlant performance, peinture et photographie. 

« Les premiers rayons du soleil se posent juste au-dessus de mon radiateur, dans mon studio new-yorkais. J’observe ces lumières depuis une dizaine d’années maintenant. Lorsque j’ai commencé à peindre, j’ai pris l’habitude de laisser les restes des matériaux découpés à cet endroit. Ce dernier a fini par devenir un décor, baignant dans cette lueur matinale »,

raconte Ina Jang. Ces bouts de papier, laissés à l’abandon sont finalement devenus les protagonistes de son Radiator Theatre, une série plastique à la croisée des arts. Pour cette artiste visuelle, mélanger les médiums est naturel. Une pratique lui permettant de renouveler sa créativité.

« Mais la photographie a toujours représenté mon “chez moi”. Je chéri sa dimension ludique. C’est un langage auquel j’ai recours pour souligner certains détails. Il est à la fois immédiat et discret, ouvert aux autres, et intime », précise-t-elle. Dans un monde où la diffusion des images ne cesse de croître, l’artiste prend le temps de réaliser ses constructions, refusant de s’en remettre au numérique, et érige des petites saynètes abstraites aux couleurs pastel. Des décors éphémères figés par son objectif.

© Ina Jang© Ina Jang

Une liberté séduisante

Se fiant à son instinct, Ina Jang travaille, de jour seulement, peignant et découpant les papiers, sculptant les formes sans faire de croquis. Une fois la scène érigée, elle la déplace au sol, alors que le soleil suit son chemin et éclaire le reste de la pièce. « Je shoote généralement avec la lumière naturelle, et je termine la séance en sueur, précise-t-elle, l’effort physique que cette série nécessite me rappelle celui d’une performance. » La photographe devient alors la metteuse en scène d’un théâtre surréaliste aux acteurs sans visage. Pourtant, les courbes des figures lui évoquent parfois des corps. Celui d’une femme dansant dans la nature, ou d’un homme se tenant, solennel, au milieu d’un champ.

Car on découvre, dans cette série créative, une liberté séduisante. Une certaine mixité, invitant les couleurs, les matières et les médiums à fusionner. Cette dimension, l’artiste la retrouve dans la pratique des langues vivantes. Elle-même polyglotte, Ina Jang observe dans le mélange de plusieurs langues une poésie semblable à celle de l’art. Un assemblage linguistique mêlant le formel et l’inventif, semblable à ses œuvres hybrides, empruntant à l’image et à la peinture. Un goût pour le mélange des genres évoquant les envolées cubistes de Picasso brouillant savamment les pistes entre le tangible et l’imaginaire, et les créations géométriques et colorées de Miró et Calder, d’une extrême délicatesse.

© Ina Jang© Ina Jang
© Ina Jang© Ina Jang

© Ina Jang

© Ina Jang© Ina Jang
© Ina Jang© Ina Jang

© Ina Jang

Explorez
Le centre photographique de Rouen annonce le nom des quatre lauréats
© Emma Tholot
Le centre photographique de Rouen annonce le nom des quatre lauréats
Le centre photographique de Rouen Normandie a annoncé le nom des quatre personnes lauréates du programme FRUTESCENS 2026. 
13 mars 2026   •  
L'agenda de la semaine : 5 expositions à ne pas rater !
© Irène Jonas
L’agenda de la semaine : 5 expositions à ne pas rater !
Cette semaine, les photographes nous invitent à repenser notre lien sensible et poétique avec les espaces et les éléments qui nous...
11 mars 2026   •  
La sélection Instagram #548 : natures mortes
© celinesaby
La sélection Instagram #548 : natures mortes
Cette semaine, nos photographes de la sélection Instagram s’emparent du genre classique de la nature morte pour le réinventer de fond en...
10 mars 2026   •  
Chats, mémoire et groupe d’amies retraitées : nos coups de cœur photo de février 2026
Blank Verse © Maria Siorba
Chats, mémoire et groupe d’amies retraitées : nos coups de cœur photo de février 2026
Expositions, immersion dans une série, anecdotes, vidéos… Chaque mois, la rédaction de Fisheye revient sur les actualités photo qui l’ont...
27 février 2026   •  
Écrit par Apolline Coëffet
Nos derniers articles
Voir tous les articles
Théo Schornstein : le soupir des fleurs comme rempart au temps 
© Théo Schornstein
Théo Schornstein : le soupir des fleurs comme rempart au temps 
Entre abstractions chromatiques et textures organiques, le photographe, directeur artistique et réalisateur de motion design Théo...
À l'instant   •  
Le centre photographique de Rouen annonce le nom des quatre lauréats
© Emma Tholot
Le centre photographique de Rouen annonce le nom des quatre lauréats
Le centre photographique de Rouen Normandie a annoncé le nom des quatre personnes lauréates du programme FRUTESCENS 2026. 
13 mars 2026   •  
Résistances en images : Agnès Dherbeys de la Corée à l’Asie du Sud-Est
© Agnès Dherbeys/MYOP
Résistances en images : Agnès Dherbeys de la Corée à l’Asie du Sud-Est
De Katmandou à Séoul, Agnès Dherbeys a parcouru l’Asie pour documenter des mouvements sociaux, des combats politiques et des vies souvent...
13 mars 2026   •  
Écrit par Costanza Spina
Claire Amaouche et les évocations d’une errance
© Claire Amaouche
Claire Amaouche et les évocations d’une errance
Publié chez Zoetrope, De tous les chemins sauvages imagine une errance poétique dans une nature indomptée. Un périple jusqu’aux paysages...
12 mars 2026   •  
Écrit par Lou Tsatsas