Le Japon déroutant de Sean Lotman

28 novembre 2016   •  
Écrit par Fisheye Magazine
Le Japon déroutant de Sean Lotman

On croirait découvrir le Japon sous acide. Avec Sunlanders, le Californien Sean Lotman réinvente la street photo en donnant au pays qui l’a adopté il y a 10 ans des couleurs psychédéliques. Si ses photos fonctionnent seules, elles forment un univers troublant lorsqu’elles sont mises côte à côte. Entamée il y a 6 ans, sa série est aujourd’hui disponible en livre aux Éditions Bemojake. Son titre est un mot qu’il a inventé, en référence à l’expression « Pays du Soleil Levant » qu’il trouve particulièrement cliché.

« Je voulais être original. Je ne voulais pas que mon Japon ressemble à quelque chose que les spectateurs auraient déjà vus mais faire un livre photo qui chamboule et déroute », nous a raconté Sean. L’artiste déconstruit le mythe d’un pays vu dans les vieux films d’Akira Kurosawa et fait vivre au spectateur l’expérience d’un rêve éveillé grâce à des photos couleur prises en argentique.

FIsh Eye Magazine | Le Japon déroutant de Sean Lotman
Extrait de la série “Sunlanders” / © Sean Lotman

L’artiste a mis de côté le numérique car en développant ses photos dans la chambre noire, il a l’impression de pouvoir tout faire pour s’approprier l’image. Il a trouvé son style vers l’âge de 35 ans : des images à l’atmosphère très particulière qu’il doit à la technique du dodge and burn (elle consiste à éclaircir et assombrir différentes zones de l’image)Le développement d’une seule photo lui demande parfois plusieurs heures. Son inspiration, il la puise dans les films en Technicolor des années 1930-1950, dans lesquels les bleu, rouge et vert sont irréels.

Débarqué de Los Angeles au milieu des années 2000, Sean Lotman avait d’abord l’intention de capturer l’essence du Japon à une période donnée.

« Petit à petit, j’ai réalisé que ce serait plus intéressant de de faire un livre sur le pays qui le montre comme il n’a jamais été montré. Un Japon fait de rêves, de cauchemars et de bizarreries. Une fois que j’ai compris ça, l’ambiance est devenue plus claire, tout comme les tirages, l’éditing, la narration et la vision d’ensemble. »

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Extrait de la série “Sunlanders” / © Sean Lotman

Le photographe a, malgré tout, laissé une place au hasard dans son travail méticuleux : “L’image du taxi (ci-dessus) a été prise dans une petite ville au milieu de nulle part, à Tohoku dans le nord du Japon. Je changeais de train, j’attendais le départ à l’extérieur et j’ai vu quelqu’un sortir du taxi. La lumière était parfaite (…). Personne n’est venu alors j’ai pris la photo avec la porte ouverte et la lumière illuminait les façades en arrière-plan.”

Sunlanders est son premier livre photo. Imprimé en Italie et publié à Londres, il a été tiré à 1000 exemplaires et coûte 30 livres. En parallèle, Sean mène un projet à long terme intitulé Blown Zen Moments, dans lequel il associe des photos prises au Diana F à un haiku qu’il a écrit. “J’ai 45 images pour le moment : pour boucler ce projet, je vais boire une tonne de saké et améliorer les haïkus.“, nous a-t-il confié.

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Extrait de la série “Sunlanders” / © Sean Lotman
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Extrait de la série “Sunlanders” / © Sean Lotman
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Extrait de la série “Sunlanders” / © Sean Lotman
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Extrait de la série “Sunlanders” / © Sean Lotman
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Extrait de la série “Sunlanders” / © Sean Lotman
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Extrait de la série “Sunlanders” / © Sean Lotman
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Extrait de la série “Sunlanders” / © Sean Lotman

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“Sunlanders”, par Sean Lotman, Éditions Bemojake, 30£

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