Octavio Aguilar remporte le prix Découverte Roederer

12 juillet 2025   •  
Écrit par Fisheye Magazine
Octavio Aguilar remporte le prix Découverte Roederer
Ma yëë tunjoty, ma yëë kopkjoty, 2020. © Octavio Aguilar. Avec l’aimable autorisation de l’artiste / Parallel Oaxaca.
Une personne incarnant la population et les traditions Ayuuk
Tajëëw, Tajëëw et Kontoy. © Octavio Aguilar. Avec l’aimable autorisation de l’artiste. Prix Découverte 2025 Fondation Louis Roederer – L’assemblée de ceux qui doutent. Présenté par Parallel Oaxaca, Oaxaca, Mexique.

Pour la deuxième année consécutive, les Rencontres d’Arles mettent en lumière les sept finalistes du prix Découverte Fondation Roederer à l’espace Monoprix. Pendant la semaine d’ouverture, le public a eu l’opportunité de voter pour son œuvre favorite, en parallèle du jury officiel. Cette année, le prix Découverte a été décerné à Octavio Aguilar.

Partageant avec les Rencontres d’Arles la volonté de soutenir les photographes émergent·es, la Fondation Roederer a décerné le prix Découverte à Octavio Aguilar et sa galerie, Parallel Oaxaca, qui se concrétise par une acquisition d’une valeur de 15 000 euros. Les sept finalistes du prix Découverte des Rencontres d’Arles forment L’assemblée de ceux qui doutent (titre de l’exposition commune), à l’espace Monoprix. Leur travail : interroger « l’histoire officielle ». Au terme de la semaine d’ouverture, Octavio Aguilar a su se distinguer auprès du jury grâce à son installation multimédia Tajëëw et Kontoy, qui étudie la transmission orale d’une génération à l’autre par le langage. Nommée d’après les ancêtres du peuple Ayuuk, cette œuvre entremêle images et textes. « La conscience qu’a l’artiste de la valeur de ses racines indigènes prend sens dans son œuvre à travers la reconnaissance de sa langue maternelle. En tant que locuteur de l’espagnol et du mixe, [Octavio] Aguilar explore la relation image-texte tel un binôme qui lui permet de complexifier son identité », soutient César González-Aguirré, commissaire de l’exposition.

collage et lettre
Je fais sortir l’enfance par la porte Là où la faiblesse se réduit Et où l’agressivité se manifeste dans toute sa splendeur Sans restrictions Je choisis mon propre enfer Pour que, lorsque je suis complètement épuisée Le chat revienne totalement apaisé Alors, je le serre dans mes bras… et je pleure. © Heba Khalifa. Avec l’aimable autorisation de l’artiste.
Militaire
Sans titre, 2023. Série Patria Nostra, 2023-2024. © Julie Joubert. Avec l’aimable autorisation de l’artiste.

Trouver sa place et son identité

Pendant cette même semaine d’ouverture, le public était invité à désigner son coup de cœur à l’issue du parcours de l’exposition L’assemblée de ceux qui doutent, où une urne transparente les attendait pour recueillir leur vote. C’est le travail de Julie Joubert qui a séduit du plus grand nombre. Ses portraits de jeunes légionnaires étrangers sondent des thèmes poignants : la masculinité, l’effacement des identités individuelles et la quête d’appartenance au sein d’une institution militaire basée en France. Ce prix du Public se traduit par une acquisition d’un montant de 5 000 euros. Le jury a par ailleurs fait une mention spéciale à Heba Khalifa pour son œuvre L’Œil du tigre (عین النمرة). À travers le collage, l’archive et l’autoportrait, elle y dénonce les violences sexistes et sexuelles, ainsi que la répression du corps féminin dans la société religieuse et patriarcale égyptienne.

Personne habillée en uniforme militaire nageant sous l'eau dans une piscine.
Sans titre, 2023. Série Patria Nostra © Julie Joubert. 2023-2024. Avec l’aimable autorisation de l’artiste. Prix Découverte 2025 Fondation Louis Roederer – L’assemblée de ceux qui doutent. Présenté par L’Hôtel Fontfreyde – Centre Photographique, Clermont-Ferrand, France.
Collage d'une femme au hijab rose avec un œil en noir et blanc
Sauvage, L’Œil du tigre © Heba Khalifa. Avec l’aimable autorisation de l’artiste. Prix Découverte 2025 Fondation Louis Roederer – L’assemblée de ceux qui doutent. Présenté par Prince Claus Fund, Amsterdam, Pays-Bas.
À lire aussi
À Arles, Tshepiso Mazibuko dévoile et panse les blessures des born-free
© Tshepiso Mazibuko. Pink Hair, Phola Park, Thokoza 2017-2018, série Ho tshepa ntshepedi ya bontshepe. Avec l’aimable autorisation de l’artiste.
À Arles, Tshepiso Mazibuko dévoile et panse les blessures des born-free
Lauréate du Prix Madame Figaro – Arles et du Prix du Public Découverte 2024 de la Fondation Louis Roederer, Tshepiso Mazibuko capture…
19 août 2024   •  
Écrit par Marie Baranger
« Mido » : portrait sensible d’une existence douloureuse
« Mido » : portrait sensible d’une existence douloureuse
Fascinée par Ahmed, un « jeune en difficulté » qu’elle rencontre en 2017, Julie Joubert en fait le protagoniste de son ouvrage, Mido. Un…
05 mai 2022   •  
Écrit par Lou Tsatsas
Explorez
Découvrez les 5 lauréates du Mentorat #4 des Filles de la Photo !
© Shanna Warocquier / Lauréate du Mentorat #4 des Filles de la Photo.
Découvrez les 5 lauréates du Mentorat #4 des Filles de la Photo !
Les cinq lauréates du Mentorat #4 des Filles de la Photo ont été dévoilées. Voici le palmarès de cette édition 2026 !
30 juin 2026   •  
Écrit par Annabelle GARBIGLIA
À l’Archevêché, Fisheye n’est jamais à cour(t) d’idées !
© Claire Jaillard
À l’Archevêché, Fisheye n’est jamais à cour(t) d’idées !
Pour la troisième année consécutive, Fisheye investit la cour de l’Archevêché à l’occasion de la semaine d’ouverture des Rencontres...
29 juin 2026   •  
Écrit par Esther Baudoin
Pour Andrea Orejarena, la Lune est une terre de femmes
© Andrea Orejarena
Pour Andrea Orejarena, la Lune est une terre de femmes
Voyage féministe et poétique, I love you like the moon est un récit lunaire dont les héroïnes récoltent l'énergie. Une manière pour sa...
29 juin 2026   •  
Écrit par Lou Tsatsas
Dirigível : la beauté trompeuse des archives militaires
© Breno Rotatori
Dirigível : la beauté trompeuse des archives militaires
Dans Dirigível, Breno Rotatori s’empare d’images trouvées dans ses archives familiales issues de projets militaires. En les...
27 juin 2026   •  
Écrit par Lou Tsatsas
Nos derniers articles
Voir tous les articles
Eyes of the Storm - Paul McCartney photographe, 1963-64 le calme avant la tempête
Paul McCartney, Autoportrait, Londres, 1963 © 1963-1964 Paul McCartney sous licence exclusive de MPL Archive LLP
Eyes of the Storm – Paul McCartney photographe, 1963-64 le calme avant la tempête
Jusqu'au 3 janvier 2027, le musée Granet accueille Eyes of the Storm, une exposition consacrée à une facette méconnue de Paul McCartney...
Il y a 11 heures   •  
Écrit par Ana Corderot
Chère Lisa : ces choses que l’on revêt
© Louise Chevallet
Chère Lisa : ces choses que l’on revêt
C’est entre les pages du journal intime de sa mère que Louise Chevallet s’est aventurée pour composer son ouvrage Chère Lisa. À...
03 juillet 2026   •  
Écrit par Ana Corderot
David Salcedo : dans la lumière, ouvrons les yeux
© David Salcedo
David Salcedo : dans la lumière, ouvrons les yeux
À travers Te vas a quedar ciego, David Salcedo retravaille des images capturées dans des émissions télévisées et recrée d’autres...
02 juillet 2026   •  
Écrit par Ana Corderot
Baccarat et Fisheye : entrer en Résonances
© Aliocha Boi et Daphné Lejeune
Baccarat et Fisheye : entrer en Résonances
Réalisé en partenariat avec Fisheye, Résonances, un bel ouvrage, célèbre le savoir-faire, de plus de 260 ans, de la Maison Baccarat et sa...
01 juillet 2026   •  
Écrit par Ana Corderot