Le VR Arles Festival à Paris

16 janvier 2020   •  
Écrit par Lou Tsatsas
Le VR Arles Festival à Paris

Du 31 janvier au 2 février 2020, le VR Arles Festival s’installe chez Leonard, le laboratoire dédié au futur des villes, à Paris. L’occasion de découvrir ou redécouvrir les œuvres qui ont marqué la quatrième édition.

« Liberté, transversalité, générosité »

, telle est la devise de Leonard Paris. Niché dans le 12e arrondissement de la capitale, ce lieu de plus de 4 500 m2 se revendique comme un « carrefour des talents », promettant des rencontres inspirantes entre public et collaborateurs du groupe Vinci. C’est à cette adresse que s’installe l’édition parisienne du VR Arles Festival, du 31 janvier au 2 février 2020. Un événement proposant aux professionnels comme au grand public de (re)découvrir les réalisations qui ont fait le succès de l’édition 2019.

Réparties en trois chapitres – « Fictions » (Luna, Gloomy Eyes, Bonfire, Ayahuasca, 7 Lives), « Versions » (Traveling while Black, L’Intelligence de la main, Accused n°2: Walter Sisulu) et « Visions » (Afterimage for Tomorrow, 7 Alchimies, Emergence, Re-animated, Fever) – ces expériences documentent, imaginent ou transcendent le réel avec créativité. Le 31 janvier, journée réservée aux professionnels, sera notamment rythmé par des colloques animés par des experts, des tables rondes, des démonstrations, et se conclura par une soirée privilège.

© Jakob Kudsk Steensen

Re-animated © Jakob Kudsk Steensen

Relater le réel avec virtuosité

Traveling While Black

, film documentaire lauréat du prix Versions propose un voyage dans le temps et dans l’espace, au cœur d’une Amérique passée et contemporaine. Inspiré de The Green Book, une pièce de théâtre retraçant l’histoire d’un guide de survie à l’attention des Noirs américains du XXe siècle, le réalisateur Roger Ross Williams pointe du doigt la présence indélébile du racisme aux États-Unis. Le spectateur s’installe à une table de restaurant et devient le témoin silencieux d’histoires poignantes. Au cœur de ce décor intemporel, ce diner parfois plein à craquer, parfois totalement vide, il assiste à plusieurs retrouvailles, plusieurs confessions, interrogeant les notions de liberté, d’égalité et de sécurité dans le pays de l’American Dream.

Rythmé par une mise en scène poignante, Accused n°2 de Nicolas Champeaux et Gilles Porte, retrace, quant à lui, le procès de Walter Sisulu, second de Nelson Mandela. Un interrogatoire datant des années 1960, dirigé par un procureur redoutable et raciste. Tourné à la manière d’un huis clos, ce film d’animation alterne vues de la cour et scènes du passé, s’immergeant dans les souvenirs de Sisulu – l’enregistrement de son véritable témoignage résonne dans nos oreilles – et l’injustice d’une période historique marquante. Parfois claustrophobe, l’œuvre joue avec les échelles et le procédé immersif pour nous placer au cœur du procès, nous laissant intimidé face à cette figure autoritaire, surplombant l’accusé. Une véritable leçon d’animation. Deux créations relatant le réel avec virtuosité.

© Roger Ross Williams

Traveling while Black © Roger Ross Williams

Accused #2 :Walter Sisulu Nicolas Champeaux et Gilles Porte

Accused #2: Walter Sisulu © Nicolas Champeaux et Gilles Porte

Bâtir un monde onirique

Plus contemplatif, Re-animated, de Jakob Kudsk Steensen, propose un voyage sur les traces du dernier oiseau Moho de l’île Kauai, disparu en 1987. Un périple atypique, puisqu’un algorithme transforme l’écosystème entourant le spectateur, le modifiant en fonction de sa voix et de sa respiration. « J’ai adoré réaliser ce projet en réalité virtuelle. Cette technologie permet d’affûter nos sens, de jouer avec les échelles et de percevoir des textures, des détails comme si l’on était un ver, un insecte, ou un autre habitant de la forêt », explique le réalisateur. Dans cet univers étrange, il interroge les notions d’écologie et de deuil, et redonne vie à cette espèce éteinte, à la manière d’un « fantôme virtuel » perdu dans une nature luxuriante.

Avec Gloomy Eyes, Jorge Tereso et Fernando Maldonado inventent un territoire fantastique. En seulement huit minutes, le duo parvient à construire un monde sublime, aussi touchant qu’effrayant. Porté par la voix de l’acteur irlandais Colin Farrell, le récit se tisse, présentant une dystopie, baignée dans l’obscurité totale. Au cœur cet espace, un jeune zombie, Gloomy, tombe amoureux de son amie Nena, toujours vivante. Une version de Roméo et Juliette post-apocalyptique au graphisme travaillé, rappelant les réalisations sombrement poétiques de Tim Burton et d’Henry Selick. Un film d’animation splendide et tout public. À travers ces deux créations, les auteurs VR affirment leur volonté de s’affranchir du réel pour bâtir un monde onirique.

 

Vendredi 31 janvier (journée professionnelle) : de 9 h à 14 h, et de 18 h à 22 h

Samedi 1er février, et dimanche 2 février : de 10 h à 18 h

Inscrivez-vous sur Eventbrite pour une entrée gratuite !

Plus d’informations sur l’événement Facebook.

© Jakob Kudsk Steensen

Re-animated © Jakob Kudsk Steensen

Gloomy Eyes © Jorge Tereso et Fernando Maldonado

Gloomy Eyes © Jorge Tereso et Fernando Maldonado

Image d’ouverture : © Jakob Kudsk Steensen

Explorez
Le Fresnoy, école laboratoire d’images unique au monde
© Yue Cheng
Le Fresnoy, école laboratoire d’images unique au monde
À l’heure où l’image se consomme en une fraction de seconde, que signifie « étudier l’art » ? Au Fresnoy – Studio national des...
23 avril 2026   •  
Écrit par Fabrice Laroche
Slide/Show. Projections et art contemporain en Chine : ode à la diapositive
Wang Wei, 1/30 sec. underwater, 1999. © Wang Wei
Slide/Show. Projections et art contemporain en Chine : ode à la diapositive
Jusqu’au 30 août, l’Institut pour la photographie de Lille fait escale au Frac Grand Large – Hauts-de-France de Dunkerque et présente...
22 avril 2026   •  
Écrit par Ana Corderot
Les images de la semaine du 13 avril 2026 : celles et ceux qu'on oublie
© Maëva Benaiche
Les images de la semaine du 13 avril 2026 : celles et ceux qu’on oublie
C’est l’heure du récap ! Cette semaine, les images nous replongent dans le passé. Entre récit introspectif et portrait de son prochain...
19 avril 2026   •  
Écrit par Esther Baudoin
Oan Kim, l'art de la fugue
Couverture de l'album Rebirth of Innoncence © Oan Kim
Oan Kim, l’art de la fugue
Ils sont de ces artistes insaisissables qui ne s’enferment dans aucune case, préférant habiter les silences entre les disciplines....
18 avril 2026   •  
Écrit par Benoît Baume
Nos derniers articles
Voir tous les articles
Le Fresnoy, école laboratoire d’images unique au monde
© Yue Cheng
Le Fresnoy, école laboratoire d’images unique au monde
À l’heure où l’image se consomme en une fraction de seconde, que signifie « étudier l’art » ? Au Fresnoy – Studio national des...
23 avril 2026   •  
Écrit par Fabrice Laroche
Slide/Show. Projections et art contemporain en Chine : ode à la diapositive
Wang Wei, 1/30 sec. underwater, 1999. © Wang Wei
Slide/Show. Projections et art contemporain en Chine : ode à la diapositive
Jusqu’au 30 août, l’Institut pour la photographie de Lille fait escale au Frac Grand Large – Hauts-de-France de Dunkerque et présente...
22 avril 2026   •  
Écrit par Ana Corderot
La sélection Instagram #553 : la ville et ses détails
© austinprendergast / Instagram
La sélection Instagram #553 : la ville et ses détails
Le retour des beaux jours voit les rues de Paris s’animer à nouveau. D’une terrasse à l’autre, éclats de rire et cris de joie se font...
21 avril 2026   •  
Écrit par Esther Baudoin
Les coups de cœur #580 :  Lili Leboch et Adèle Berthelin
© Adèle Berthelin
Les coups de cœur #580 : Lili Leboch et Adèle Berthelin
Cette semaine, Lili Leboch et Adèle Berthelin, nos coups de cœur, révèlent ce qui gravite autour d'elles, ou ce qui vit aux marges....
20 avril 2026   •  
Écrit par Ana Corderot