Les coups de cœur #261

04 novembre 2019   •  
Écrit par Fisheye Magazine
Les coups de cœur #261

Ancrées dans des réalités différentes, les images de Sofia Babani et de Nina convoquent notre imaginaire. Si l’une nous fait découvrir un rite séculaire encore méconnu, l’autre s’inscrit dans des questions contemporaines. Une vision plurielle d’un même monde dans nos coups de cœur #261.

Nina

Étudiante en éducation spécialisée, Nina est une jeune photographe d’origine bretonne installée à Lille. Son amour du 8e art remonte à son enfance, alors qu’elle expérimentait avec le caméscope de son père. « J’avais alors cinq ou six ans. Puis j’ai emprunté son téléphone à clapet, et le Polaroid de ma grand-mère. J’étais fascinée par ces appareils qui immortalisaient des instants si furtifs », ajoute-t-elle. En grandissant, la jeune femme achète son propre boîtier, et commence à capturer la poésie de son quotidien : « des inconnus dans la rue, des couchers de soleil, des chats…, énumère-t-elle.  Pourtant je trouvais que mes images manquaient cruellement d’un je ne sais quoi. J’ai commencé à prendre mes amis en photo. Le début d’une longue histoire d’amour avec le portrait. » Pour l’artiste, cette pratique photographique est envoûtante, parfois plus parlante que les mots. À travers ses clichés, elle cherche à interroger les notions de genre, de masculinité et de féminité. « J’aime montrer la puissance d’un regard, d’une âme, d’un corps : c’est ce que j’essaie de mettre en lumière », conclut-elle.

© Nina

© Nina© Nina

© Nina

© Nina

Sofia Babani

« La longue barbe blanche, la toge, la potion magique… au risque d’en décevoir certains, ce n’est pas ce dont j’ai été témoin ! » Ces propos de la photographe Sofia Babani peuvent paraître étranges. Et pour cause, son sujet est aussi profond qu’intrigant. Avec sa série Druides, elle propose une plongée dans une communauté, de nos jours, encore méconnue. « J’ai la chance d’avoir un ami dont c’est la pratique spirituelle, confie-t-elle. Il m’a permis de rencontrer sa Clairière (assemblée de druides, NDLR). Autrement, on n’y entre pas facilement, car le lien se crée sur la base de la confiance, le plus souvent par une connaissance et sur invitation. » C’est à l’occasion de la célébration d’Alban Elfed que Sofia Babani a pu photographier une réunion druidique. « Alban Elfed est la dernière célébration du calendrier druidique fait de deux saisons et marquant l’équinoxe d’automne, la fin des moissons et l’arrivée d’une période d’obscurité, explique l’artiste. (…) Alban Elfed est la porte d’entrée de l’année à venir : lors du rituel fixé par les points cardinaux et les éléments de la nature, les druides font le bilan. » Dans un noir et blanc contrasté, elle parvient à reproduire l’atmosphère émanant de ces rituels, et à exprimer la dualité entre le rattachement à la nature et une mysticité totale.

© Sofia Babani© Sofia Babani
© Sofia Babani© Sofia Babani

© Sofia Babani

© Sofia Babani

En ouverture : © Nina

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