Les coups de cœur #276

14 février 2020   •  
Écrit par Fisheye Magazine
Les coups de cœur #276

Coup de projecteur sur deux photographes talentueuses. Flavie Duclos remet en question la notion de virilité tandis que Marianne Thazet donne à voir l’insignifiant. Voici nos coups de cœur de la semaine.

Flavie Duclos

Flavie Duclos, 20 ans, vit et étudie à Lille. « Après avoir été modèle pendant un an, j’ai décidé de passer derrière l’objectif. J’ai commencé la photographie en août 2018. Je cherche à créer des instants poétiques qui révèlent nos fragilités », explique la photographe. Ses sources d’inspiration ? Ses sentiments, ses expériences, ou encore ses rencontres. « D’autres artistes m’accompagnent beaucoup aussi : les instants de solitudes de Virginia Woolf, les peintures d’Hooper, les sculptures de Rodin ou encore d’autres photographes telles que Marta Bevacqua ou Martina Bertacchi ». Enfin, la société et les préjugés sociaux qu’elle impose la motivent. En témoigne sa série H-Hommes autour de la sensibilité des hommes. « Je voulais questionner la virilité chez l’homme, et dévoiler ses fragilités pour, peut-être, moi même réussir à m’affranchir entièrement de ce préjugé. J’ai choisi ensuite quatre hommes de quatre générations différentes afin de montrer les différences et les points communs dans la définition de l’homme ». Un projet accompagné d’une étude dans la presse et la publicité. « Plusieurs images m’ont intéressée : l’homme au travail jamais fatigué, l’homme bagarreur ou encore l’homme développant une carapace de sentiments. J’ai confronté ces différents stéréotypes avec quelques  accessoires pouvant évoquer l’idée de féminité : un coquillage, la lune, ou encore des fleurs, la nature ». Une douce réflexion autour des questions de genre.

© Flavie Duclos© Flavie Duclos
© Flavie Duclos
© Flavie Duclos© Flavie Duclos

© Flavie Duclos

Marianne Thazet

Née en 1989, Marianne Thazet est passionnée, depuis son enfance, par les formes d’expression artistiques. Diplômée de l’ETPA de Toulouse, c’est finalement à travers la photographie qu’elle a choisi de s’exprimer. « J’ai eu un déclic créatif suite à la lecture de La fête de l’insignifiance de Milan Kundera. J’ai alors su qu’il me fallait absolument photographier “l’insignifiant” – ce que j’essaie encore de faire aujourd’hui », confie-t-elle. Dans Désespoir Heureux, projet aux frontières du documentaire et de la photographie d’auteur, elle s’intéresse à la vie marginale en zone rurale. « Il s’agit d’un sujet qui questionne beaucoup de jeunes, il est lié à l’avenir de la planète, le sens que l’on donne à nos vies… Quelle alternative avons-nous face à un futur sans issu ? », explique-t-elle. Inspirée par les œuvres d’Antoine Bruy ou encore Kevin Faignaert, l’auteure s’est immergée dans le quotidien de ces jeunes en marge. « Je voulais réaliser des images un peu décalées, pleines de poésie, comme le sont ces personnes », précise-t-elle. Construite autour d’un oxymore, Désespoir heureux prend la forme d’une « bulle de bonheur dans un monde que l’on perçoit comme perdu d’avance ». Un espace privilégié, où les relations se forment et où l’Homme apprend à vivre autrement.

© Marianne Thazet

© Marianne Thazet© Marianne Thazet

© Marianne Thazet

© Marianne Thazet

 

Explorez
Malick Sidibé célébré par Reporters sans frontières
© Malick Sidibé
Malick Sidibé célébré par Reporters sans frontières
Pour son 81e album photographique, Reporters sans frontières, l’association pour la liberté de la presse, met à l’honneur l’ouvrage de...
05 mars 2026   •  
Sélection Instagram #547 : sororité, joie et liberté
© maximeimbert / Instagram
Sélection Instagram #547 : sororité, joie et liberté
À l'approche du 8 mars, notre sélection Instagram célèbre les femmes par le prisme de l'amitié, de l'insouciance et de la...
04 mars 2026   •  
Les coups de cœur #576 : Paulina Korobkiewicz et Andreas Hammer
© Paulina Korobkiewicz
Les coups de cœur #576 : Paulina Korobkiewicz et Andreas Hammer
Paulina Korobkiewicz et Andreas Hammer, nos coups de cœur de la semaine, documentent des aspects du monde dans des approches distinctes....
02 mars 2026   •  
Écrit par Apolline Coëffet
Robert Capa : au plus près
© Robert Capa / Italie — Près de Troina. Août 1943. Un paysan sicilien indique à un officier américain la direction prise par les Allemands.
Robert Capa : au plus près
Le musée de la Libération de Paris consacre, jusqu’au 20 décembre 2026, une exposition en hommage à Robert Capa, figure majeure de la...
28 février 2026   •  
Écrit par Ana Corderot
Nos derniers articles
Voir tous les articles
La sélection Instagram #548 : natures mortes
© celinesaby
La sélection Instagram #548 : natures mortes
Cette semaine, nos photographes de la sélection Instagram s’emparent du genre classique de la nature morte pour le réinventer de fond en...
10 mars 2026   •  
Rafaelle Lorgeril : dans le brouillard du réel
© Rafaelle Lorgeril
Rafaelle Lorgeril : dans le brouillard du réel
Entre flous et lumières presque picturales, la photographe et directrice artistique Rafaelle Lorgeril construit un univers d’images...
09 mars 2026   •  
Écrit par Cassandre Thomas
Les images de la semaine du 2 mars 2026: un besoin de liberté
© Larasomo / Instagram
Les images de la semaine du 2 mars 2026: un besoin de liberté
C’est l’heure du récap’ ! Cette semaine, le soleil s’est immiscé dans nos journées et les images dévoilées insufflent un vent de liberté...
08 mars 2026   •  
Écrit par Ana Corderot
Beyond Our Horizons à la galerie du 19M : voyage au cœur du savoir-faire
Le19M © Mickael Llorca
Beyond Our Horizons à la galerie du 19M : voyage au cœur du savoir-faire
Jusqu’au 26 avril 2026, la galerie du 19M vous propose un voyage au cœur de la transmission, du savoir-faire et de la matière avec Beyond...
07 mars 2026   •  
Écrit par Apolline Coëffet