Les coups de cœur #309

05 octobre 2020   •  
Écrit par Lou Tsatsas
Les coups de cœur #309

C’est le monde de la scène qui inspire Fanchon Bilbille et Romane Iskaria, nos coups de cœur #309. La première capture la théâtralité de son quotidien, et la seconde fait des rues de Naples un décor tamisé.

Fanchon Bilbille

« Mon père dirigeait un théâtre : le théâtre Mouffetard, qui était également un centre social. C’était la première Maison pour Tous de France. Elle proposait des activités en journée, devenait un théâtre le soir et se transformait en dortoir pour les sans-abri du quartier la nuit. C’était entre 1948 et 1976. J’ai grandi baignée dans cette atmosphère de performance, de création, de lutte, d’engagement social et d’éducation populaire »,

raconte Fanchon Bilbille. Comédienne et photographe, l’artiste capture la théâtralité du quotidien. Puisant dans ses souvenirs d’enfance, elle passe sans cesse de part et d’autre du rideau rouge, et photographie le décor et son envers. « Chaque situation, chaque humain, chaque chose possède sa propre poésie. Son costume et sa peau. Sa couleur ou son noir et blanc. Son grain ou son voile. Mon témoignage est une photo », poursuit-elle. Inspirée par le musicien Tom Waits, le photographe Robert Frank, la chorégraphe Pina Bausch ou encore le poète Christophe Tarkos, Fanchon Bilbille met en lumière les bizarreries du monde, avec un œil bienveillant.

© Fanchon Bilbille

© Fanchon Bilbille© Fanchon Bilbille

© Fanchon Bilbille© Fanchon Bilbille

© Fanchon Bilbille

Romane Iskaria

Romane Iskaria, 23 ans, s’est tournée vers la photographie à l’adolescence, après avoir acheté son tout premier boîtier. « Ma passion s’est ensuite accentuée lorsque mon père est parti vivre au Brésil, il y a une dizaine d’années. J’ai eu la chance de pouvoir y voyager tous les ans. J’y construisais des projets photographiques autour de communautés vivant dans des lieux empreints d’une histoire forte », explique-t-elle. Pour la photographe, le 8e art est une « constante recherche de moments suspendus ». Une analyse personnelle et intime d’un lieu. La série Sceneggiata est née à Naples, durant un workshop réalisé avec l’école de la Cambre de Bruxelles. « Au cours de mes déambulations, j’ai été guidée par ces moments de calme au détour de certaines ruelles, qui contrastaient avec le bouillonnement de la ville italienne », confie-t-elle. À l’ombre des rues, les fenêtres, murs et portes deviennent des éléments d’un décor théâtral. Illuminées par les rayons tamisés du soleil, les scènes jouent avec notre perception du réel. « J’ai toujours été attirée par le monde de la scène. Ces moments me faisaient penser à l’instant qui précède un spectacle, avant l’entrée des artistes », précise-t-elle.

© Romane Iskaria© Romane Iskaria
© Romane Iskaria© Romane Iskaria
© Romane Iskaria© Romane Iskaria

© Romane Iskaria

Image d’ouverture : © Fanchon Bilbille

Explorez
Mallory Lowe Mpoka élue lauréate du prix de la photo Madame Figaro
© Mallory Lowe Mpoka, In the Weft of Memory [Dans la trame de la mémoire] (détail), Musée des Beaux-Arts du Canada, Ottawa, 2025, tissage jacquard et perles de verre Avec l’aimable autorisation de l’artiste.
Mallory Lowe Mpoka élue lauréate du prix de la photo Madame Figaro
Le prix de la photo Madame Figaro, dédié aux femmes photographes émergentes, soutenu par Kering, a récompensé ce jeudi 9 juillet, à...
10 juillet 2026   •  
Écrit par Ana Corderot
Le prix Dior de la photographie attribué à Akari Takenobu
Threshold © Akari Takenobu, pour Christian Dior Parfums
Le prix Dior de la photographie attribué à Akari Takenobu
Initié en 2018 par Christian Dior Parfums, en partenariat avec LUMA Arles et l’École nationale supérieure de la photographie (ENSP) le...
10 juillet 2026   •  
Écrit par Ana Corderot
Émotions et mémoire brute à la Fisheye Gallery d’Arles
© Li Hui
Émotions et mémoire brute à la Fisheye Gallery d’Arles
Cet été, la Fisheye Gallery, rouvre ses portes à Arles, avec deux expositions sous le commissariat de Tess Druot. La première réunit...
09 juillet 2026   •  
Écrit par Deng Qiwen
Park Chan-wook, quand la photographie fait son cinéma
Mademoiselle Minhee Kim. © Park Chan-wook
Park Chan-wook, quand la photographie fait son cinéma
Connu pour ses films à l’esthétique millimétrée, Park Chan-wook offre à Arles une facette plus secrète de son travail : la photographie....
07 juillet 2026   •  
Écrit par Marie Baranger
Nos derniers articles
Voir tous les articles
Mallory Lowe Mpoka élue lauréate du prix de la photo Madame Figaro
© Mallory Lowe Mpoka, In the Weft of Memory [Dans la trame de la mémoire] (détail), Musée des Beaux-Arts du Canada, Ottawa, 2025, tissage jacquard et perles de verre Avec l’aimable autorisation de l’artiste.
Mallory Lowe Mpoka élue lauréate du prix de la photo Madame Figaro
Le prix de la photo Madame Figaro, dédié aux femmes photographes émergentes, soutenu par Kering, a récompensé ce jeudi 9 juillet, à...
10 juillet 2026   •  
Écrit par Ana Corderot
Le prix Dior de la photographie attribué à Akari Takenobu
Threshold © Akari Takenobu, pour Christian Dior Parfums
Le prix Dior de la photographie attribué à Akari Takenobu
Initié en 2018 par Christian Dior Parfums, en partenariat avec LUMA Arles et l’École nationale supérieure de la photographie (ENSP) le...
10 juillet 2026   •  
Écrit par Ana Corderot
Rebekka Deubner, lettres d'amour à terre
© Rebekka Deubner
Rebekka Deubner, lettres d’amour à terre
Exposé aux Rencontres d'Arles, à la Croisière, le projet La terre amoureuse de Rebekka Deubner nous parle avec une grande justesse de la...
09 juillet 2026   •  
Écrit par Ana Corderot
Émotions et mémoire brute à la Fisheye Gallery d’Arles
© Li Hui
Émotions et mémoire brute à la Fisheye Gallery d’Arles
Cet été, la Fisheye Gallery, rouvre ses portes à Arles, avec deux expositions sous le commissariat de Tess Druot. La première réunit...
09 juillet 2026   •  
Écrit par Deng Qiwen