Les coups de cœur #319

14 décembre 2020   •  
Écrit par Lou Tsatsas
Les coups de cœur #319

Gaëlle Encrenaz et Matisse Guillermin, nos coups de cœur #319 capturent l’intime. La première fige le charme des gestes ordinaires, et la seconde tente de comprendre « [s]on grand-père », femme transgenre.

Gaëlle Encrenaz

Chercheuse en épidémiologie à Bordeaux, Gaëlle Encrenaz a développé très tôt un intérêt pour l’image et la littérature. C’est après avoir passé une année à Montréal qu’elle commence à montrer ses propres clichés. « J’ai ensuite repris l’argentique, qui m’a permis de prendre du plaisir à photographier, d’évoluer dans ma pratique », confie-t-elle. Privilégiant une approche intuitive, l’auteure aime se laisser surprendre par son environnement, observer les récurrences de l’existence. « Je capte souvent des instants du quotidien, des petites routines personnelles auxquelles on oublie souvent d’accorder de l’importance », confie-t-elle. Les Matins, série profondément intime, illustre cette habitude. « Ce travail a débuté lorsque j’ai rencontré ma compagne. Il représente ces matins durant lesquels on prend le temps de s’arrêter, d’apprécier l’ordinaire », ajoute-t-elle. Une ode à la lenteur et aux plaisirs simples qu’il nous faut savourer.

© Gaëlle Encrenaz

© Gaëlle Encrenaz© Gaëlle Encrenaz

© Gaëlle Encrenaz© Gaëlle Encrenaz

© Gaëlle Encrenaz

Matisse Guillermin

« À travers ma propre recherche d’identité, j’accorde beaucoup d’importance à l’espace qui nous entoure, au corps dans ces espaces. J’aime bousculer les limites, questionner les genres à partir d’un regard artistique et charnel », confie Matisse Guillemin. La photographe de 21 ans a découvert le 8e art lors d’un voyage en Malaisie, et développe depuis un univers intime construit sur l’observation. Dans Mon grand-père, l’artiste fait le portrait d’une femme transgenre, tout en pudeur. « Un jour quelqu’un m’a posé la question : pensez-vous que votre sexualité est due au fait que votre grand-père soit devenu une femme ? À partir de ce moment, j’ai voulu en savoir plus sur elle. J’ai passé trois semaines à observer, à comprendre sans jamais lui poser de questions. Un regard toujours de l’intérieur vers l’extérieur. Elle sort très peu, dort beaucoup, ne parle pas. Il y a toujours quelque chose de dissimulé, qui fait barrière, que nous ne comprenons pas. Mystère. Les photographies sont une forme d’approche. Elle m’a regardée, n’a rien dit, et m’a laissée continuer. En trois semaines, nous n’en avons jamais parlé », raconte-t-elle.

© Matisse Guillermin

© Matisse Guillermin© Matisse Guillermin

© Matisse Guillermin

© Matisse Guillermin

Image d’ouverture : © Gaëlle Encrenaz

Explorez
Les images de la semaine du 29 décembre 2025 : au revoir 2025, bonjour 2026 !
© Elisa Grosman
Les images de la semaine du 29 décembre 2025 : au revoir 2025, bonjour 2026 !
C’est l’heure du récap ! Dans les pages de Fisheye cette semaine, on célébrait les paillettes, la neige, la couleur, l’océan et une femme...
04 janvier 2026   •  
Écrit par Fisheye Magazine
Maputo Diary, ou la mémoire incarnée d’un lieu et de ses vies
© Ditte Haarløv Johnsen
Maputo Diary, ou la mémoire incarnée d’un lieu et de ses vies
Pendant plus de vingt-cinq ans, la photographe Ditte Haarløv Johnsen a documenté Maputo à hauteur de vie, entre retours intimes et...
03 janvier 2026   •  
Écrit par Costanza Spina
Sofía Jaramillo : la neige comme espace de réappropriation
A New Team © Sofía Jaramillo
Sofía Jaramillo : la neige comme espace de réappropriation
Dans A New Winter, Sofía Jaramillo s’attaque à l’imaginaire figé des sports d’hiver. En revisitant les codes visuels du ski, la...
31 décembre 2025   •  
Écrit par Cassandre Thomas
Les images de la semaine du 22 décembre 2025 : neige, enfance et cinéma
Emcimbini de la série Popihuise, 2024 © Vuyo Makheba, Courtesy AFRONOVA GALLERY
Les images de la semaine du 22 décembre 2025 : neige, enfance et cinéma
C’est l’heure du récap ! Au programme cette semaine : l’éclat ivoire des premiers flocons pour le solstice d’hiver, un retour sur la...
28 décembre 2025   •  
Écrit par Fisheye Magazine
Nos derniers articles
Voir tous les articles
Les images de la semaine du 29 décembre 2025 : au revoir 2025, bonjour 2026 !
© Elisa Grosman
Les images de la semaine du 29 décembre 2025 : au revoir 2025, bonjour 2026 !
C’est l’heure du récap ! Dans les pages de Fisheye cette semaine, on célébrait les paillettes, la neige, la couleur, l’océan et une femme...
04 janvier 2026   •  
Écrit par Fisheye Magazine
Maputo Diary, ou la mémoire incarnée d’un lieu et de ses vies
© Ditte Haarløv Johnsen
Maputo Diary, ou la mémoire incarnée d’un lieu et de ses vies
Pendant plus de vingt-cinq ans, la photographe Ditte Haarløv Johnsen a documenté Maputo à hauteur de vie, entre retours intimes et...
03 janvier 2026   •  
Écrit par Costanza Spina
Dans l’œil de Cloé Harent : derrière la falaise se cache la lumière
© Cloé Harent, Residency InCadaqués 2025
Dans l’œil de Cloé Harent : derrière la falaise se cache la lumière
Cette semaine, nous vous plongeons dans l’œil de Cloé Harent, dont l’œuvre a fait l’objet d’un accrochage lors de l’édition 2025 du...
02 janvier 2026   •  
Écrit par Apolline Coëffet
Gabrielle Hébert : l’amour comme langage intime à la Villa Médicis
Gabrielle Hébert (1853-1934), Peppino Scossa endormi dans les bras de sa mère, 11 août 1888, aristotype à la gélatine, 8,7 x 11,7 cm, Paris, musée national Ernest Hébert © Musée d’Orsay, Dist. GrandPalaisRmn / Alexis Brandt
Gabrielle Hébert : l’amour comme langage intime à la Villa Médicis
Elle a photographié l’amour – son amour – et le temps qui passe. À la Villa Médicis, Gabrielle Hébert fait de la photographie un...
01 janvier 2026   •  
Écrit par Fabrice Laroche