Les coups de cœur #329

22 février 2021   •  
Écrit par Lou Tsatsas
Les coups de cœur #329

Chochana Rosso et Léo Keler, nos coups de cœur #329, capturent tous deux l’intimité. L’une s’inspire de la littérature pour se mettre en scène, et l’autre immortalise des vacances insouciantes.

Chochana Rosso

« Après avoir travaillé un temps comme graphiste et web designer, j’ai décidé, il y a quelques années, de consacrer tout mon temps à la photographie. Depuis mon premier boîtier argentique, offert par ma mère lorsque j’avais 14 ans, j’ai ce besoin compulsif d’archiver, en un journal visuel, ma vie et celles des personnes qui m’entourent »

, confie Chochana Rosso, 28 ans. Fascinée par la nudité et la notion de féminité, la photographe « recherche une intimité avec [s]on propre corps ». « La révélation de celui-ci est pour moi une étape importante vers la connaissance de soi », précise-t-elle. C’est durant le premier confinement que naît Littérature. Une série intime, dans laquelle l’artiste se met en scène. « J’ai constaté que beaucoup de gens se tournaient vers la lecture durant cette période. Ce milieu, qui était en péril avec la fermeture des librairies, a reçu un grand soutien du public. Comme beaucoup, la lecture m’a permis de m’échapper. Elle stimulait mon imagination, et me permettait d’échapper à l’isolement des quatre murs de ma chambre », raconte Chochana Rosso. Souhaitant s’immerger davantage dans ces récits, l’autrice imagine une réinterprétation visuelle de grands classiques – Les Liaisons Dangereuses, Orphée, Métamorphoses, Venus Erotica« Je me suis complètement affranchie du contenu de ces ouvrages, et n’ai interprété que le titre de façon personnelle. Je souhaitais mettre en images les visions qui m’apparaissent », ajoute-t-elle. Intimiste et sensuelle, Littérature se lit comme une collection d’histoires sensibles, pensées comme des évasions.

© Chochana Rosso© Chochana Rosso

à g. Métamorphoses, Ovide, à d. Une femme en contre-jour, Gaëlle Josse

© Chochana Rosso© Chochana Rosso

à g. Une farouche liberté, Annick Cojean et Gisèle Halimi, à d. Les Liaisons Dangereuses, Choderlos de Laclos

© Chochana Rosso© Chochana Rosso

à g. Comme tous les après midis, Zoyâ Pirzâd, à d. Venus Erotica, Anaïs Nin

© Chochana Rosso

Léo Keler

Léo Keler, 28 ans, a grandi au contact de la photographie. « Ma mère écrit sur ce médium et m’a fait découvrir pleins d’auteurs. Mon père (Alain Keler, NDLR) est photojournaliste. Lorsque j’étais enfant, je ne le voyais pas beaucoup – j’avais l’impression de le suivre à travers ses photos », explique-t-il. C’est après avoir voyagé six mois en Géorgie que l’auteur découvre, à son tour, sa passion pour le médium. « En rentrant en France, je me suis lancé dans une formation à l’EMI-CFD (École des métiers de l’information) avec des professeurs tels que Julien Daniel ou Guillaume Herbaut », raconte-t-il. Sensible à la lumière, Léo Keler prend soin de la révéler dans chacune de ses images. « C’est souvent elle qui dicte mes photos, explique-t-il. Aujourd’hui, je considère que j’ai deux approches photographiques : une instinctive, et une autre plus graphique, avec une recherche de lignes, d’angles… Toujours liée à la lumière. » Dans Tinkouze Love, l’artiste explore sa propre mémoire, et raconte des moments intimes. « Il s’agit d’un temps de retrouvailles. C’est un tiroir à souvenirs, qui se déroule pendant l’été 2020, entre deux orages. Des clichés à but médicinal, pour soulager les maux d’aujourd’hui et pour graver cette douce parenthèse qu’ont été ces moments passés au bord d’un petit ruisseau – le Tinkouze », confie-t-il. Un travail rappelant la légèreté et la douceur des beaux jours.

© Léo Keler© Léo Keler

© Léo Keler

© Léo Keler© Léo Keler

© Léo Keler

© Léo Keler

Image d’ouverture : © Léo Keler

Explorez
Les coups de cœur #581 : Angèle Antonot et Selma Beaufils
© Selma Beaufils
Les coups de cœur #581 : Angèle Antonot et Selma Beaufils
Selma Beaufils et Angèle Antonot, nos coups de cœur de cette semaine, s’inspirent de l’aspect cinématographique du quotidien. Toutes deux...
27 avril 2026   •  
Écrit par Ana Corderot
Les images de la semaine du 20 avril 2026 : décomposer pour redécouvrir
© Helena Almeida sans titre, 1975 Fundació Foto Colectania.
Les images de la semaine du 20 avril 2026 : décomposer pour redécouvrir
C’est l’heure du récap ! Cette semaine, nous décomposons les images pour découvrir les processus créatifs qui se cachent derrière ce que...
26 avril 2026   •  
Écrit par Esther Baudoin
Diseños habitados au Château d'Eau : dans le dessin, le dessein
© Helena Almeida sans titre, 2001 Fundació Foto Colectania.
Diseños habitados au Château d’Eau : dans le dessin, le dessein
Jusqu’au 23 août 2026, la Tour du Château d'Eau accueille Diseños habitados, une exposition en collaboration avec le Fundació Foto...
24 avril 2026   •  
Écrit par Ana Corderot
Les coups de cœur #580 :  Lili Leboch et Adèle Berthelin
© Adèle Berthelin
Les coups de cœur #580 : Lili Leboch et Adèle Berthelin
Cette semaine, Lili Leboch et Adèle Berthelin, nos coups de cœur, révèlent ce qui gravite autour d'elles, ou ce qui vit aux marges....
20 avril 2026   •  
Écrit par Ana Corderot
Nos derniers articles
Voir tous les articles
Art et Patrimoine en Perche 2026 dévoile un parcours peuplé de légendes
Strange Place for Sunrise #04 © Dana Cojbuc
Art et Patrimoine en Perche 2026 dévoile un parcours peuplé de légendes
Le parcours Art et Patrimoine en Perche revient pour une 7e édition. Jusqu’au 14 juin 2026, quinze lieux d’exception présentent des...
08 mai 2026   •  
Écrit par Apolline Coëffet
Laurent Lafolie : la matière et le désir
BLANK, œuvres uniques. 15 images 180 × 225 cm, gravure laser sur carton gris recyclé. © Laurent Lafolie
Laurent Lafolie : la matière et le désir
Artiste auteur, maître tireur et enseignant, Laurent Lafolie explore les limites de la matérialité photographique. Dans son atelier, il...
07 mai 2026   •  
Écrit par Fabrice Laroche
La sélection Instagram #555 : manifestons !
© satch3l__ / Instagram
La sélection Instagram #555 : manifestons !
Ce jeudi 1er mai, manifestants et manifestantes élevaient leur voix pour revendiquer leurs droits en cette fête des travailleur·euses....
05 mai 2026   •  
Écrit par Esther Baudoin
Robert Charles Mann : l’odyssée d’un maître de la lumière et du son
© Robert Charles Mann, courtesy Galerie Capazza
Robert Charles Mann : l’odyssée d’un maître de la lumière et du son
Le Domaine national de Chambord nous invite, jusqu’au 21 juin 2026, à une plongée dans l’univers de Robert Charles Mann. SOLARIS est bien...
04 mai 2026   •  
Écrit par Fabrice Laroche