Les coups de cœur #435

03 avril 2023   •  
Écrit par Ana Corderot
Les coups de cœur #435

Cette semaine, les coups de cœur #435, Louise Almar et Christine Kuzbinki, mêlent l’intime au contemplatif. L’une se plaît à raconter de petites histoires énigmatiques, quand l’autre cherche à aller à l’essence des émotions.

Christine Kuzbinski

Chargée de communication à temps partiel et photographe autodidacte, Christine Kuzbinski fait de sa curiosité expansive une force créatrice puissante. Attirée par le voyage et par tout ce qu’il offre, elle aime se laisser porter pleinement dans l’atmosphère voluptueuse d’un lieu afin d’y figer toutes les petites choses agréables qui s’y déposent. « Pendant de nombreuses années, la danse a été mon principal moyen d’expression laissant peu de place à toute autre forme de pratique artistique. Une blessure m’a obligée à arrêter complètement et je n’ai repris que de manière épisodique depuis… J’ai toujours aimé la photographie, car le champ des possibles est infini. C’est un médium qui est accessible à tous·tes. J’aime l’idée qu’il puisse s’exprimer sur des supports différents », avoue-t-elle. Inspirée par les beaux livres, les couleurs enivrantes de Sally Mann ou l’œuvre de Josef Koudelka, autant que par les visages de ses proches, parents et enfants, Christine Kuzbinski entend aller à l’essentiel, au cœur des émotions. Une mission qu’elle s’est également donnée dans son ouvrage autoédité (É)MOUVANCES, sorti en décembre 2022. Des gouttes d’eau sur un visage plongé dans ses pensées, une ombre de pas élancés, des linges accrochés au ciel… Sensible aux autres et cherchant à dévoiler l’intime sans trop s’épancher, l’artiste réalise des monochromes d’une poésie subtilement composée. « Le noir et blanc correspond à ce que j’ai envie d’exprimer : le temps qui passe, l’intimité. Le côté intemporel et nostalgique. Selon moi, il est plus simple de provoquer l’émotion. Il laisse la part belle à l’imagination de celui ou celle qui regarde et sublime à merveille la lumière, quelle qu’en soit l’intensité », conclut-elle.

© Christine Kuzbinski© Christine Kuzbinski
© Christine Kuzbinski© Christine Kuzbinski
© Louise Almar© Christine Kuzbinski

© Christine Kuzbinski

Louise Almar

« Ma première photographie date de quelques mois après la naissance de ma fille, il y a 11 ans. Contre toute attente, la maternité m’a donné le courage de créer mes propres images, le besoin impérieux de m’exprimer alors que je me sentais amputée de mot. Les photographies m’ont aidée et chacune d’entre elles est une alternative formelle d’un témoignage du présent, tel un herbier. La photographie a aussi été « ma chambre à moi » et un biais pour transcender l’ordinaire. » Après un passage par les beaux-arts et des études d’édition, Louise Almar – un pseudonyme qu’elle s’est donné de façon à s’affranchir de toutes étiquettes identitaires –, dit fabriquer des images plus qu’elle n’en capture. Installée en Bretagne, l’artiste aime s’inspirer de ses lectures et des émotions qu’elles lui suscitent. Se croisent alors des influences diverses comme les écrivaines Annie Arnaux ou Joyces Carol Oates, mais aussi des artistes et photographes « jusqu’au-boutistes » telles que Lee Miller ou Nan Goldin. « Mon univers est un travail sur l’intime, le mien et celui des vies que je croise. Une tentative de connexion directe avec des émotions enfouies. Ce sont des témoignages avant tout, toujours nuancés, car les titres que je donne à mes images sont des pistes. Un parfum de solitude aussi, celle qui nous lie, mais ne nous rapproche pas. Une sorte de journal ou mes expériences sont épinglées par des images en forme d’illustrations. Travailler sur les résonnances entre les formes, les matières et les lumières me permet de transcender le sujet, de m’en extraire », confie-t-elle. Ainsi sont fabriquées des images telles des histoires à raconter, des petits morceaux de contes sordides qui titillent nos sens pour nous laisser avec plusieurs questions en suspens et dont les réponses resteront enfouies dans le noir.

© Louise Almar

© Louise Almar© Louise Almar
© Louise Almar© Louise Almar

© Louise Almar

© Louise Almar

Image d’ouverture © Louise Almar

Explorez
Les Corps élastiques : Lucie Pastureau et les expériences qui s’ancrent dans la chair
© Lucie Pastureau
Les Corps élastiques : Lucie Pastureau et les expériences qui s’ancrent dans la chair
L’Institut pour la photographie de Lille poursuit sa collaboration avec le Théâtre du Nord en y dévoilant Les Corps élastiques de Lucie...
20 février 2026   •  
Écrit par Apolline Coëffet
Margaux Fournier : Au bain des dames au bord de la vieillesse
© Margaux Fournier / "Au bain des dames"
Margaux Fournier : Au bain des dames au bord de la vieillesse
Avec Au bain des dames, nommé aux César 2026, Margaux Fournier réalise une fresque contemporaine d’un groupe d'amies retraitées...
19 février 2026   •  
Écrit par Ana Corderot
Maru Kuleshova, sur la rivière de la postmémoire
Image issue du court-métrage Rememory © Maru Kuleshova
Maru Kuleshova, sur la rivière de la postmémoire
Photographe et réalisatrice russe réfugiée à Paris, Maru Kuleshova signe, avec Rememory, son premier cour métrage. L'œuvre offre un...
19 février 2026   •  
Écrit par Marie Baranger
Simone Veil – Mes sœurs et moi  : veiller sur elles
Denise Vernay, 1988 © Archives familles Veil et Vernay
Simone Veil – Mes sœurs et moi : veiller sur elles
Jusqu’au 15 octobre 2026, le Mémorial de la Shoah accueille Simone Veil – Mes sœurs et moi. Une exposition profondément touchante, conçue...
18 février 2026   •  
Écrit par Ana Corderot
Nos derniers articles
Voir tous les articles
Le PhotoVogue Festival met les femmes et leur regard à l’honneur de son édition 2026
© Silvana Trevale
Le PhotoVogue Festival met les femmes et leur regard à l’honneur de son édition 2026
Du 1er au 4 mars 2026, PhotoVogue Festival investira la Biblioteca Nazionale Braidense de Milan à l’occasion de sa 10e édition. Portée...
21 février 2026   •  
Écrit par Apolline Coëffet
Les Corps élastiques : Lucie Pastureau et les expériences qui s’ancrent dans la chair
© Lucie Pastureau
Les Corps élastiques : Lucie Pastureau et les expériences qui s’ancrent dans la chair
L’Institut pour la photographie de Lille poursuit sa collaboration avec le Théâtre du Nord en y dévoilant Les Corps élastiques de Lucie...
20 février 2026   •  
Écrit par Apolline Coëffet
5 questions à Maria Sorbia : une plongée dans le « royaume souterrain »
Blank Verse © Maria Siorba
5 questions à Maria Sorbia : une plongée dans le « royaume souterrain »
L’artiste visuelle Maria Siorba dévoile son premier livre photographique, Blank Verse, publié aux éditions Départ pour l’Image....
20 février 2026   •  
Écrit par Marie Baranger
Margaux Fournier : Au bain des dames au bord de la vieillesse
© Margaux Fournier / "Au bain des dames"
Margaux Fournier : Au bain des dames au bord de la vieillesse
Avec Au bain des dames, nommé aux César 2026, Margaux Fournier réalise une fresque contemporaine d’un groupe d'amies retraitées...
19 février 2026   •  
Écrit par Ana Corderot