Les visions fantastiques d’Al Mefer

18 octobre 2018   •  
Écrit par Anaïs Viand
Les visions fantastiques d’Al Mefer

Photographe et neuroscientifique. C’est ainsi que se présente Al Mefer, 26 ans, installé à Alicante, en Espagne. Sa mystérieuse photo d’éclairs de lumière à travers les arbres, publiée le 5 mars 2018 sur le compte Instagram de Fisheye, avait séduit nos followers. Portrait. Cet article est à retrouver dans notre dernier numéro.

Enfant, Al Mefer aimait dessiner. « Je pratiquais rarement, mais aujourd’hui, je sais qu’il s’agit du processus le plus libérateur pour moi », explique-t-il. Adolescent, c’est en surfant sur la Toile qu’il se met à s’intéresser au 8e art et à ses artistes inspirants. En juillet 2017, il achète son premier boîtier – un Nikon D3300. « C’est à ce moment que j’ai commencé à réaliser des images », précise-t-il. Le 28 octobre 2017, il ouvre son compte Instagram @almefer et poste sa première photo. Depuis, il publie au moins un cliché par jour et essaie de répondre à tous les commentaires.

Perception, mémoire, imagination

Très vite, Al trouve son style, sa patte : « Je compose principalement des paysages solitaires, caractérisés par des lumières surréalistes et des tonalités étranges. » Inévitablement influencé par les neurosciences, il est sensible aux couleurs et à leur perception, liée à la mémoire et à l’imagination. Les pathologies neuropsychiatriques inondent ses lectures et lui inspirent des concepts. « Ce qui m’excite ? Créer quelque chose de fantastique, au sens littéraire du terme. J’essaie toujours de composer une image convoquant un sentiment d’altérité et invitant le spectateur à penser au-delà d’elle-même. Je donne un nouveau cadre de lecture à celui qui accepte de regarder mes photos. Je propose, par exemple, une vision du monde à travers le regard d’une personne anxieuse ou dépressive, ou à travers les yeux d’un animal. J’aime aussi inviter le lecteur à s’interroger quant au futur. » Ses sujets préférés ? Des thématiques de société comme le changement climatique, l’intelligence artificielle ou l’immigration – des problématiques qui provoquent les discussions.

© Al Mefer

Le photographe instagrammeur conçoit son compte comme « un forum, un espace permettant d’échanger autour des images et des idées. C’est un lien entre ceux qui aiment mes photos, ma représentation de la photo et moi. Je ne me contente pas de lire les commentaires de mes followers, je propose des sondages aussi. J’essaie de livrer des images de ma série afin que les spectateurs puissent voir mon travail en cours. Parfois mes photos composent des projets de plus grande envergure, d’autres fois, elles sont le début de nouvelles séries. J’aime voir comment les gens réagissent », confie-t-il. La plupart des journalistes qui ont relayé son œuvre l’ont contacté via le réseau social. Enfin, la plateforme rassemble un grand nombre de modèles pour Al Mefer. « Instagram est une réserve permanente d’artistes – des influences indispensables pour mon travail. Il est important de ne pas être obsédé par les like/no like. »

© Al Mefer © Al Mefer © Al Mefer © Al Mefer

© Al Mefer

Cet article est à retrouver dans Fisheye #32, en kiosque et disponible ici.

Explorez
Les coups de coeur #586 : Cedric Hayabusa et Nicolas Villela
© Cedric Hayabusa
Les coups de coeur #586 : Cedric Hayabusa et Nicolas Villela
Nos coups de cœur de la semaine, Cedric Hayabusa et Nicolas Villela, photographient les endroits où ils voyagent, des paysages qui...
28 septembre 2026   •  
Écrit par Annabelle GARBIGLIA
Et après la fumée ? : Louis Lepron révèle les dégâts des incendies de Fontainebleau
© Louis Lepron
Et après la fumée ? : Louis Lepron révèle les dégâts des incendies de Fontainebleau
Cet été caniculaire n'a épargné personne, encore moins la nature, première victime du dérèglement climatique. Le constat a été sanglant...
24 septembre 2026   •  
Écrit par Fisheye Magazine
Quels mondes allons-nous habiter ? Fisheye #78 scrute le paysage
© Caroline Ruffault
Quels mondes allons-nous habiter ? Fisheye #78 scrute le paysage
Disponible à compter de ce vendredi 11 septembre, Fisheye #78 s’articule autour du paysage. Portfolios et dossier s’intéressent aux...
11 septembre 2026   •  
Écrit par Apolline Coëffet
Lueurs Fauves : l’écosystème sensible d’Eve Campestrini
© Eve Campestrini
Lueurs Fauves : l’écosystème sensible d’Eve Campestrini
C’est au cœur de la vallée occupée par le Groupe Agricole d’Exploitation Collective (GAEC) de Montlahuc qu’Eve Campestrini compose Lueurs...
08 septembre 2026   •  
Écrit par Lou Tsatsas
Nos derniers articles
Voir tous les articles
FLASH : la photographie au cœur des périphéries
Noubia © Mohamed Bourouissa
FLASH : la photographie au cœur des périphéries
Jusqu’au 7 novembre, la commune de Fontenay-sous-Bois accueille la première édition de FLASH, festival social et citoyen qui dresse un...
Il y a 4 heures   •  
Caty Jan et Mat Jacob remportent le prix du Livre Robert Delpire 2026
Caty Jan, Chine, 1993 © Mat Jacob, Tendance Floue
Caty Jan et Mat Jacob remportent le prix du Livre Robert Delpire 2026
Pour sa deuxième édition, le prix du Livre Robert Delpire a récompensé le projet Caty, la vie, la mort, de Caty Jan et Mat Jacob....
05 octobre 2026   •  
Écrit par Apolline Coëffet
Découvrez la lauréate et les finalistes du prix de Photographie Marc Ladreit de Lacharrière 2026 !
© Sophie Zénon
Découvrez la lauréate et les finalistes du prix de Photographie Marc Ladreit de Lacharrière 2026 !
La lauréate et les finalistes du prix de Photographie Marc Ladreit de Lacharrière ont été dévoilés. Voici le palmarès de cette édition...
05 octobre 2026   •  
Écrit par Annabelle GARBIGLIA
Fisheye vous invite au Salon Photo & Vidéo 2026 !
Le Parc aux Cerfs © Gerald Petit. Collection musée Nicéphore Niépce, Chalon-sur-Saône
Fisheye vous invite au Salon Photo & Vidéo 2026 !
Cette année, le Salon Photo & Vidéo se tiendra du 8 au 11 octobre à la grande halle de La Villette. Il s’intéressera autant à l’image...
03 octobre 2026   •  
Écrit par Apolline Coëffet