
Pour son 81e album photographique, Reporters sans frontières, l’association pour la liberté de la presse, met à l’honneur l’ouvrage de Malick Sidibé, surnommé « l’œil de Bamako ». Disponible à la vente dès ce 5 mars 2026 sous le titre de 100 photos pour la liberté de la presse, ce portfolio constitue un hommage éclatant à la photographie africaine. Tous les bénéfices de la vente des albums financent les actions de RSF de manière concrète.
L’organisation Reporters sans frontières, fondée en 1985, défend la liberté de la presse à l’échelle mondiale. Avec plus de 150 correspondants à l’étranger, elle soutient des journalistes par des aides et des sécurités. Elle publie également le Classement mondial de la liberté de la presse, référence incontournable. La vente des albums constitue une ressource essentielle pour Reporters sans frontières. Ce 81e recueil est consacré à Malick Sidibé, surnommé « l’œil de Bamako », reconnu pour son œuvre populaire et profondément humaniste. Figure incontournable de la capitale malienne, il a su capter la pleine expression de la liberté au sein de la jeunesse des années de l’Indépendance. Son œuvre est marquée par une énergie et une joie vibrante qui saisit un vaste portrait collectif d’une génération qui s’invente. Dans le portfolio publié par Reporters sans frontières, on découvre un voyage fascinant à travers les bals clandestins et les « surprises-parties » où les jeunes reprennent les codes occidentaux. Le portfolio de 120 pages propose une exploration à travers l’œuvre de Malick Sidibé, éclairé par les textes de plusieurs personnes qui l’ont côtoyé à différentes périodes de sa vie.


Le photographe de l’émancipation malienne
« Dans un portrait de Malick Sidibé, le regard est toujours aimant, confiant », souligne le photographe Omar Victor Diop qui contribue au portfolio en rendant un hommage puissant à son aîné. Or, cette dimension bienveillante et cette proximité qu’il entretenait avec les personnes qu’il photographiait prend une dimension d’autant plus vertigineuse lorsqu’on mesure l’ampleur de ses archives. Le commissaire d’exposition André Magnin se souvient de la méthode de conservation du photographe : « [Les négatifs] de Malick étaient conservés dans des boîtes Kodak cartonnées jaune et rouge. […] Des centaines de boîtes, deux cents, trois cent mille négatifs, peut-être plus, je plongeais dans l’essence même de son œuvre. » À travers ses innombrables pellicules, c’est l’histoire d’une jeunesse malienne en pleine quête d’affranchissement qui ressurgit. Alors que la junte militaire imposait des couvre-feux et menaçait des camps de rééducation pour les jeunes arborant coupes afro, minijupes ou pantalons pattes d’éléphant, le studio de Malick Sidibé offrait un espace de douce rébellion. Ce photographe connaît une reconnaissance internationale à partir des années 1990, notamment grâce au travail de diffusion de la photographe Françoise Huguier. Elle souligne que ces images de fêtes qui n’étaient pas destinées à l’histoire en sont devenues des archives inestimables. Malick Sidibé reçoit, en 2007, le Lion d’or et la Biennale de Venise pour l’ensemble de son œuvre.

