Paulo Lucas von Vacano

05 juillet 2016   •  
Écrit par Fisheye Magazine
Paulo Lucas von Vacano
Journaliste italo-allemand et commissaire d’exposition, Paulo Lucas von Vacano fréquente la scène du street art depuis les années 1980. Il fonde en 2000 la maison d’édition Drago, spécialisée en art contemporain, et s’apprête à publier avec “The Street is Watching”, un ouvrage de référence sur l’histoire de la street photography et ses acteurs les plus marquants.

Fisheye Magazine : Comment caractériser la street photography ?

« Le street photographer explore les rues pour capturer la vraie vie. Il est celui qui se trouve au bon endroit, au bon moment, avec la bonne personne. Il n’y a pas de pose, pas de construction, son intention est de capter un instant véridique et d’immortaliser sa cible. La street photography ne se limite pas à une époque ou à un pays. C’est un mouvement culturel issu de la jeunesse, qui tente de se représenter elle-même. »

Quels bouleversements ont provoqués les smartphones ou Instagram dans le champ de la street photography ?

Rien n’a vraiment changé avec l’émergence des réseaux sociaux et des nouvelles technologies. Les street photographers passent désormais d’un médium à un autre, comme le font les DJs avec leurs platines. Certes, les smartphones et Instagram ont rendu la street photography plus démocratique, plus accessible. Aujourd’hui, tout le monde a les outils pour prendre des milliers de photos et les partager instantanément avec des milliers de personnes. La street photography est à la portée des masses. Mais pour être un bon street photographer, on doit toujours être béni. C’est la rue qui décide, pas la technologie !

28 millimeters, Women are Heroes, Action in Morro Da Providencia Favela, Rio de Janeiro, 2008 © JR
28 millimeters, Women are Heroes, Action in Morro Da Providencia Favela, Rio de Janeiro, 2008 © JR

Comment s’est opérée la sélection des artistes présents dans votre livre The Street is Watching ?

Chez Drago, nous avons grandi en Europe, dans les années 1990, et nous avons commencé par collecter les images qui nous avaient marqués lors de cette décennie dorée. Puis nous avons eu la chance de voyager par-delà l’Europe, et d’élargir notre vision de la photo à l’ensemble du monde. The Street is Watching rend aussi bien hommage aux célèbres icônes qu’aux artistes anonymes, et en propose un mix inédit.

Qu’avez-vous découvert en écrivant ce livre ?

Plus on étudie et moins on en sait ! On prend conscience qu’il est impossible de rassembler les plus grandes images des plus grands photographes. Il y en a trop ! Et quand on croit avoir terminé, on découvre aussitôt un tirage immanquable… Finalement, ce livre parle de la rue, d’endroits délabrés, de rituels, et de la construction d’une nouvelle génération. Nous avons aussi réalisé que nos idoles de la street photography avaient mis en lumière ce que l’on appelle le « courant des minorités ».

Comment voyez-vous évoluer la street photography dans le futur ?

Aujourd’hui, l’histoire de la décadence montre que le malthusianisme est sur le point de triompher, et que la guerre va éclater. La street photography sera le juge de l’histoire. Notre existence, quant à elle, se pliera au credo Photo ergo sum [« Je photographie donc je suis », ndlr].

… L’intégralité de cet article est à retrouver dans Fisheye #19, en kiosque actuellement.

Explorez
4 événements photographiques à découvrir en octobre 2026
© Cristóbal Ascencio
4 événements photographiques à découvrir en octobre 2026
La rédaction de Fisheye a relevé une série d'événements photographiques à découvrir à Paris et dans le reste de la France en octobre...
02 octobre 2026   •  
Écrit par Fisheye Magazine
À l'IMA-Tourcoing, Serge Najjar nous montre son pays à lui, le Liban
© Red Swipe 2015 Serge Najjar
À l’IMA-Tourcoing, Serge Najjar nous montre son pays à lui, le Liban
À l’Institut du monde arabe-Tourcoing, la photographie s’entremêle avec l’architecture et l’abstraction. Jusqu'au 17 janvier 2027...
01 octobre 2026   •  
Écrit par Annabelle GARBIGLIA
La sélection Instagram #561 : frissons dans tout le corps 
La sélection Instagram #561 : frissons dans tout le corps 
Cette semaine les photographes capturent à travers leur objectif le sport sous toutes ses formes. Les frissons parcourent les corps, une...
21 juillet 2026   •  
Écrit par Annabelle GARBIGLIA
Fisheye #77, désormais en kiosque, s’immisce au cœur des festivals photo de l’été 2026
La petite Vera, Lac Baïkal, Sibérie, 1998. © Claudine Doury / Courtesy de l’artiste et de l’agence VU’
Fisheye #77, désormais en kiosque, s’immisce au cœur des festivals photo de l’été 2026
Que valent nos images ? C’est avec cette question en tête que nous avons composé Fisheye #77, que vous pouvez dès à présent retrouver en...
06 juillet 2026   •  
Écrit par Apolline Coëffet
Nos derniers articles
Voir tous les articles
LaCinetek : quand Raymond Depardon plongeait au cœur du système judiciaire
Image issue de Faits divers de Raymond Depardon © Raymond Depardon
LaCinetek : quand Raymond Depardon plongeait au cœur du système judiciaire
Jusqu'au 5 décembre 2026, LaCinetek met à disposition, dans son abonnement, deux films documentaires de Raymond Depardon : Faits divers...
05 novembre 2026   •  
Écrit par Ana Corderot
Diane Desclaux : les dernières langueurs de l’été
© Diane Desclaux
Diane Desclaux : les dernières langueurs de l’été
Dans Siga, Diane Desclaux célèbre l’indolence de l’été dans des clichés jouant avec les ombres et la géométrie. Réalisée sur différentes...
05 novembre 2026   •  
Écrit par Apolline Coëffet
Dominique de Font-Réaulx et Quentin Bajac : le Louvre en images
Pierre Jahan. Ballet du Louvre,1947. Epreuve argentique. © Musée du Louvre 2025 / Thomas Clot / © Photo Pierre Jahan, Fonds musée du Louvre
Dominique de Font-Réaulx et Quentin Bajac : le Louvre en images
Sobrement nommée Louvre Photo, la nouvelle exposition du plus grand musée du monde témoigne des liens étroits qu’il entretient avec la...
04 novembre 2026   •  
Écrit par Apolline Coëffet
En Norvège, le blues des montagnes éblouissantes de Catherine Opie
Catherine Opie, Circle of Ice, 2024. © Catherine Opie. Courtesy the artist; Regen Projects, Los Angeles; Lehmann Maupin, New York, Hong Kong, London, and Seoul; Thomas Dane Gallery. London and Napoli.
En Norvège, le blues des montagnes éblouissantes de Catherine Opie
Exposés jusqu'au 3 janvier au musée PoMo à Trondheim, en Norvège, à quelques kilomètres au-dessus du cercle arctique, les portraits de...
03 novembre 2026   •  
Écrit par Jordane de Faÿ