Poltred, nouvelle maison de la photo

03 janvier 2019   •  
Écrit par Anaïs Viand
Poltred, nouvelle maison de la photo

Le 12 septembre dernier, à Lyon, Pauline Maret et Julien Malabry inauguraient Poltred, La Maison de la photographie, un concept store dédié au 8e art. Visite guidée de ce nouveau lieu de l’image. Cet article est à retrouver dans notre dernier numéro.

P pour Photographie, O pour Œuvres, L pour Labeur, T pour Troquet, R pour Rencontres, E pour Échoppe et D pour Développement. Poltred, c’est aussi un « portrait » en breton, clin d’œil aux origines de Julien Malabry, 38 ans, co-créateur de ce concept store avec Pauline Maret, 33 ans, sa compagne. Julien est un photographe que nous avons découvert il y a un an, lors du festival Planche(s) Contact, à Deauville, et Pauline, une orthoptiste sensible à l’image depuis toujours.

Il y a un an et demi, ce couple de passionnés a contracté un emprunt et s’est lancé. D’abord agence de photographes, Poltred a bien grandi. « Nous nous sommes installés dans un quartier bien situé [dans le 3e arrondissement de Lyon, entre La Part-Dieu et La Guillotière, ndlr], dynamique et passant, à deux pas des quais du Rhône. Nous avions envie de nous démarquer des galeries traditionnelles et de nous éloigner des lieux photo situés sur les pentes de la Croix-Rousse », indique Pauline. « Pauline et moi sommes très famille. Poltred est avant tout un lieu convivial et chaleureux. Plus nous avançons et plus nous avons le sentiment d’être à la maison », ajoute son compagnon.

Poltred, la maison de la photographie

Troquet, galerie et labo

« Il faut imaginer un lieu détruit, laissé à l’abandon depuis quinze ans. Avec des amis, nous avons reconstruit des murs, la verrière… En fait, le seul élément d’origine est le parquet au niveau du troquet »,

explique Julien, également dessinateur, qui a imaginé avec un ami architecte les plans de cet espace de 170 mètres carrés aux multiples fonctions. Au rez-de-chaussée, la galerie accueille une exposition temporaire tous les deux ou trois mois. Première artiste invitée : Céline Villegas, photographe franco-chilienne originaire de Lyon. « Le ou la photographe ne doit pas forcément être lyonnais, l’important étant de montrer un travail n’ayant jamais été exposé dans la ville », précise Julien.

Ensuite, il y a le coin le plus cosy du rez-de-chaussée, la bibliothèque, où le papier peint, conçu spécialement pour le lieu, est truffé de références photographiques et lyonnaises. Un peu plus loin, un open space pouvant accueillir six à huit photographes réunit l’espace de coworking et le laboratoire. Poltred propose des formules d’abonnement, dont une à 249 euros par mois, qui donne accès au labo, à la fois numérique – avec son scanner et son imprimante – et argentique. « Nous ne voulions pas nous substituer à un laboratoire classique, mais permettre aux photographes de réaliser des tirages jusqu’au format A3, indique Julien, avant de pointer du doigt la kitchenette. Ils ont tout ce qu’il faut pour faire leur vie. » C’est là que nous rencontrons Victor Pérez, premier « Poltreder ». « Nous avons souvent tendance à travailler de façon isolée, alors qu’il est important de partager et d’échanger dans nos métiers. Poltred est le seul lieu réunissant des photographes lyonnais », confie-t-il.

À l’étage, des espaces d’exposition individuels fonctionnant selon le principe du dépôt-vente constituent la collection permanente. « Nous proposons des tirages en édition limitée, et le plus souvent en argentique. Tous les photographes exposés dans ces espaces-ci sont locaux et reçoivent 60 % du prix des ventes, expliquent Pauline et Julien. Nous ne sommes pas galeristes, nous n’avons pas cette prétention, mais nous avons notre œil. » À chaque photographe est associé un univers particulier. Parmi la vingtaine d’auteurs représentés, on compte un spécialiste de la surimpression, Édouard Mazaré ; un photographe de mode, Fabrice Mabillot ; ou encore une photographe documentaire, Laurie Diaz, qui présente ici ses clichés de Cuba. Coup de cœur, enfin, pour les images poétiques d’Ashka et d’Audrey Kahl.

Les prix accessibles, allant de 50 euros à 400 euros, séduisent le visiteur. La preuve, Poltred a vendu cinq tirages dès la première semaine d’ouverture. Il y a également le troquet, pour boire un coup et manger local… et une boutique dédiée à l’univers de la photographie. « Nous chinons beaucoup et nous proposons des boîtiers vintage, des objectifs, des pellicules, du papier, mais aussi des livres », indique Julien. Enfin, Poltred développe plusieurs activités pour les photographes amateurs et confirmés : workshops, balades photographiques, lectures de portfolios. Leur secret ? « Nous nous aimons fort. Poltred, c’est un projet plus engageant qu’un mariage », confie Pauline, alors qu’ils débarrassent tous deux le lave-vaisselle. Un projet plus que réussi.

 

Exposition Futuropolis d’Aurélien Aumond

Jusqu’au 3 février 2019

Poltred – 54 cours de la Liberté, Lyon

Poltred, la maison de la photographie

Poltred, la maison de la photographiePoltred, la maison de la photographie

Poltred, la maison de la photographie

Poltred, La Maison de la Photographie à Lyon

© Aurélien Aumond

© Aurélien Aumond

Cet article est à retrouver dans Fisheye #33, en kiosque et disponible ici.

Explorez
Empreintes : Farida Hamak et les traces que nous laissons
© Farida Hamak / Regard Sud galerie
Empreintes : Farida Hamak et les traces que nous laissons
Réalisée en Tunisie au gré de résidences artistiques, Empreintes dévoile une déclinaison de fragments aux lignes épurées. À...
Il y a 7 heures   •  
Écrit par Apolline Coëffet
11 expositions photographiques à découvrir en février 2026
© Martin Parr
11 expositions photographiques à découvrir en février 2026
Pour occuper les journées d'hiver, la rédaction de Fisheye a sélectionné une série d'événements photographiques à découvrir à Paris et...
04 février 2026   •  
Écrit par Fisheye Magazine
Blue Monday : 28 séries de photographies qui remontent le moral 
© Charlotte Robin
Blue Monday : 28 séries de photographies qui remontent le moral 
Depuis 2005, chaque troisième lundi de janvier est connu pour être le Blue Monday. Derrière ce surnom se cache une croyance, née d’une...
19 janvier 2026   •  
Écrit par Apolline Coëffet
Chroniques d'un pays traversé, par Julien Pebrel
© Julien Pebrel
Chroniques d’un pays traversé, par Julien Pebrel
Membre de l’agence MYOP, Julien Pebrel étudie la Géorgie depuis plusieurs années à travers un travail d’enquête au long cours, divisé en...
14 janvier 2026   •  
Écrit par Milena III
Nos derniers articles
Voir tous les articles
Empreintes : Farida Hamak et les traces que nous laissons
© Farida Hamak / Regard Sud galerie
Empreintes : Farida Hamak et les traces que nous laissons
Réalisée en Tunisie au gré de résidences artistiques, Empreintes dévoile une déclinaison de fragments aux lignes épurées. À...
Il y a 7 heures   •  
Écrit par Apolline Coëffet
Uber Life : aidez Tassiana Aït-Tahar à lancer son livre chez Fisheye Éditions !
© Tassiana Aït-Tahar / Fisheye Éditions
Uber Life : aidez Tassiana Aït-Tahar à lancer son livre chez Fisheye Éditions !
Fisheye Éditions s’apprête à publier Uber Life, le prochain livre de Tassiana Aït-Tahar. Pour accompagner sa parution, une campagne de...
12 février 2026   •  
Écrit par Ana Corderot
American Images à la MEP : Dana Lixenberg et l’attention portée à l’autre 
Dana Lixenberg, Kamaal “Q-Tip” Fareed, Ali Shaheed Muhammad and Malik “Phife” Taylor (A Tribe Called Quest), 1997 © Dana Lixenberg, courtesy of the artist and Grimm Amsterdam | London | New York
American Images à la MEP : Dana Lixenberg et l’attention portée à l’autre 
Jusqu’au 24 mai 2026, Dana Lixenberg dévoile des fragments de vie américaine à la Maison européenne de la photographie. Intitulée...
11 février 2026   •  
Écrit par Apolline Coëffet
Festival du court métrage de Clermont-Ferrand : nos coups de cœur
© Donna Gottschalk et Hélène Giannecchini / I want my people to be remembered
Festival du court métrage de Clermont-Ferrand : nos coups de cœur
Grand rendez-vous du film en France, le festival international du court métrage de Clermont-Ferrand célébrait sa 48e édition du 30...
10 février 2026   •  
Écrit par Ana Corderot