La lauréate et les finalistes du prix de Photographie Marc Ladreit de Lacharrière ont été dévoilés. Voici le palmarès de cette édition 2026 !
Le jury du prix de Photographie Marc Ladreit de Lacharrière s’est réuni ce 10 septembre au palais de l’Institut de France pour examiner 21 candidatures présélectionnées. Il a désigné Sophie Zénon lauréate de l’édition 2026 pour son projet Odyssée végétale. Elle remporte une dotation de 30 000 euros et son travail sera présenté au Pavillon Comtesse de Caen de l’Académie des beaux-arts à l’automne 2028. Céline Croze, Grégoire Eloy et Alain Nzuzi Polo sont, quant à eux, les finalistes de cette 16e édition. Le prix de Photographie Marc Ladreit de Lacharrière permet d’aider les photographes confirmés, français ou étrangers, travaillant en France. Depuis 2018, il soutient le projet d’un artiste tout en lui laissant la liberté de choisir son thème. Le travail primé est restitué sous la forme d’une exposition. À partir du 8 octobre, retrouvez Ukraine, le mal qui reste de Guillaume Herbaut, lauréat 2024.
Faire coexister les plantes et les hommes
Avec son projet Odyssée végétale, Sophie Zénon travaille sur les thèmes de la temporalité, la présence dans l’absence et la fragilité de nos existences humaines et non humaines. Elle explore également les ressorts de la mémoire, de l’exil et de l’identité. De sa pratique naissent des œuvres organiques, vibrantes et poétiques. Son projet nous invite tous à explorer les paysages et les luxueux jardins guadeloupéens et martiniquais auxquels la photographe est très sensible. Un vrai travail où elle fait coexister les plantes et les hommes à travers le prisme des migrations. « Dans mon travail, le végétal dans ses différentes expressions (arbres, plantes, fleurs, racines) constitue un fil conducteur. Il n’y est pas seulement un motif décoratif, mais le lieu d’une réflexion et d’engagements plus profonds, historiques, écologiques et philosophiques, ouvrant à la construction de nouveaux récits, à des espaces d’imaginaire et de perception sensible », explique-t-elle dans son projet.
Témoigner du monde
Trois finalistes ont été mis en lumière. Les purs, de Celine Croze, est un projet qui naît d’une nécessité : comprendre ce qui insiste. L’artiste s’intéresse à ce qui se transmet sans bruit, aux héritages invisibles mais aussi aux répétitions et aux chemins de transformation. Elle utilise les codes cinématographiques pour transgresser le monde qui l’entoure. Pour ce projet, elle prend son inspiration en Ariège, chez sa grand-mère, pour ensuite s’en détacher et se concentrer sur la notion de l’héritage. Grégoire Eloy présente son projet Les Sentinelles, Botaniques des lisières glacières. Son travail est celui d’une enquête qu’il mène avec des techniques et des approches photographiques diverses. Il utilise les expérimentations analogiques et des outils scientifiques pour étudier ce qui nous entoure. Son enjeu est de regarder ce qu’il y a de proche, tout autour de nous, plutôt que de se tourner vers un horizon lointain. Avec L’archéologie de l’inavouable, Alain Nzuzi Polo cherche à réactiver et mettre en lumière une expression queer née à Kinshasa dès les années 2000, encore largement invisibilisée, fragilisée ou exposée à des formes de répression. Le photographe cherche à se positionner comme archéologue de sa propre mémoire pour faire ressurgir, dans ses photos, les artefacts, pour arracher ses vécus queer à l’effacement et pouvoir témoigner de ces présences historiques et contemporaine.