La sélection Instagram #512 : amour censure, amour sincère

24 juin 2025   •  
Écrit par Lucie Donzelot
La sélection Instagram #512 : amour censure, amour sincère
© Aniela Kurkiewicz / Instagram

« Il n’y pas d’amour censure, il n’y a que d’l’amour sincère », chante Hoshi. Peut-être ces paroles rythmeront-elles la marche des fiertés LGBTQIA+ qui approche à grands pas. Les photographes de notre sélection Instagram de la semaine s’engagent à visibiliser la communauté queer, à célébrer sa culture et nourrir ses imaginaires.

@aniela.kurkiewicz

Aniela Kurkiewicz s’emploie à créer de nouveaux imaginaires queers face à une culture façonnée par le regard masculin. Dans sa série Take Eyes Firts, elle invente un monde où, libérées du danger de s’exposer, les lesbiennes investiraient le parc Oosterpark, à Amsterdam, pour se séduire et partager un moment intime. Dans d’autres travaux, elle propose de performer le genre et de jouer avec ses codes. Mêlant des images plus personnelles à un travail de documentation de la communauté LGBTQIA+, l’artiste installée à Rotterdam révèle des photographies où la tendresse se joint à l’engagement.

© Aniela Kurkiewicz / Instagram
Performance de genre, une femme s'appropriant les codes dits masculins est assise sur une chaise.
© Aniela Kurkiewicz / Instagram

@juliebertat

Capturant les coulisses et les devants de la scène drag, Julie Bertat célèbre le talent de ses acteur·ices. Alternant entre douceur granuleuse du noir et blanc argentique et couleurs vives accentuées par l’utilisation du flash et d’effets spéciaux, la photographe dévoile les différentes facettes des queens et kings. Les représentant en train de se préparer avant la performance ou en plein show, l’esthétique variée de la jeune artiste accompagne le caractère à la fois sensible et spectaculaire de cet art.

Photographie en noir et blanc d'une personne en train de se préparer pour un drag show
© Julie Bertat / Instagram
Photographie au flash très colorée avec effets spéciaux d'un·e drag queer.
© Julie Bertat / Instagram

@sol_veig_

Berlin, été 2024. La pride défile fièrement dans les rues de la capitale allemande. Les images de Solveig placent le ou la spectateur·ice au milieu de cette foule où l’engagement se mêle à la fête. Le noir et blanc des photographies donne un aspect intemporel au défilé et, à travers lui, à ses revendications. Avec l’aide du cadrage, il permet également de mettre en valeur les ornements et attributs extravagants revêtus par les manifestant·es, alors transformé·es en des êtres féériques.

Photographie en noir et blanc de la pride à Berlin, on voit le dos nu d'un homme avec une mosaïque de petits miroirs en carreaux.
© Solveig / Instagram
Photographie en noir et blanc de la pride à Berlin, on voit de dos une personne qui porte de grandes ailles blanches.
© Solveig / Instagram

@tagadathe

À travers ses photographies aux couleurs éclatantes, Agathe Baur aborde avec légèreté d’importants sujets. Créant de toutes pièces des mises en scène millimétrées, une forte dimension théâtrale se dégage de son travail. En attestent les rideaux qu’on aperçoit sur l’une de ses photographies, d’où émerge une personne dévoilant, torse nu, ses cicatrices, une couronne sur la tête. Intitulée « King », cette image issue de sa série documentaire Autre, comme tout le monde s’inscrit dans la volonté de l’artiste de mettre à l’honneur la communauté queer. Plus spontanés, ses clichés documentant la dernière marche des fiertés toulousaine prolongent cette démarche plus que nécessaire.

Un homme surgit torse nu de derrière des rideaux, une couronne sur la tête
© Agathe Baur / Instagram
Photographie d'une personne de dos à une pride, portant les couleurs lgbtqia+
© Agathe Baur / Instagram

@marina_viguier

Les portraits de Marina Viguier, mêlant tradition et modernité, dégagent une atmosphère envoûtante. Sa série sur toile de Jouy naît en réaction à la décision de la Cour suprême britannique de ne pas inclure les femmes trans dans la définition de « femme ». Elle cherche ainsi à visibiliser cette communauté et à la dépeindre avec dignité. Prenant également activement part à la lutte contre la sérophobie, la photographe documente des évènements tels que le Positif Festival et saisit la beauté de ses participant·es.

Deux personnes queers posent ensemble dans la rue et rient ensemble
© Marina Viguier / Instagram
Portrait d'une personne trans avec un fond en papier peint bleu.
© Marina Viguier / Instagram
À lire aussi
La sélection Instagram #510 : Quand le flou fait image
@ Daniel Rampulla / Instagram
La sélection Instagram #510 : Quand le flou fait image
Le flou peut transformer, voiler ou révéler ce qui habite une image. Les photographes de notre sélection Instagram de la semaine jouent…
10 juin 2025   •  
Écrit par Lucie Donzelot
La sélection Instagram #511 : Eh bien dansez maintenant !
© Ethel Grévoul / Instagram
La sélection Instagram #511 : Eh bien dansez maintenant !
À l’approche de la fête de la musique, les corps s’échauffent, les instruments sortent des étuis. Les photographes de notre…
17 juin 2025   •  
Écrit par Lucie Donzelot
Explorez
Les Franciscaines : Valérie Belin et les choses entre elles qui échappent
Sans titre, (série Bodybuilders II), 2000, épreuve gélatino-argentique, 100x80cm. © Valérie Belin
Les Franciscaines : Valérie Belin et les choses entre elles qui échappent
Jusqu’au 28 juin 2026, l’établissement culturel de Deauville Les Franciscaines accueille Les choses entre elles . Une rétrospective du...
28 janvier 2026   •  
Écrit par Ana Corderot
Flore Prebay : Ce qui s'efface, ce qui demeure
© Flore Prebay
Flore Prebay : Ce qui s’efface, ce qui demeure
Avec Deuil Blanc, Flore Prébay réalise une réponse plastique et poétique à la disparition progressive de sa mère, atteinte de la maladie...
22 janvier 2026   •  
Écrit par Anaïs Viand
Oleñka Carrasco et La Chica remportent le prix Swiss Life à 4 mains 2026
© Marie Docher
Oleñka Carrasco et La Chica remportent le prix Swiss Life à 4 mains 2026
Ce lundi 19 janvier, le jury du prix Swiss Life à 4 mains, qui associe photographie et musique, s’est réuni pour élire le duo lauréat de...
21 janvier 2026   •  
Écrit par Apolline Coëffet
Les coups de cœur #573 : Ninon Boissaye et Guillaume Millet
00/00/0000 - 00:00, de la série (Ni) Non © Ninon Boissaye
Les coups de cœur #573 : Ninon Boissaye et Guillaume Millet
Ninon Boissaye et Guillaume Millet, nos coups de cœur de la semaine, s’intéressent à des sujets engagés et à des moments de flottement....
19 janvier 2026   •  
Écrit par Marie Baranger
Nos derniers articles
Voir tous les articles
Maya Meissner : sur les traces du tueur de The Cedar Lodge
© Maya Meissner
Maya Meissner : sur les traces du tueur de The Cedar Lodge
Comment raconter un traumatisme que l’on n’a pas consciemment vécu, mais qui a marqué toute une famille ? À travers son livre The...
31 janvier 2026   •  
Écrit par Cassandre Thomas
5 expositions à découvrir au PhotoBrussels Festival 2026
© Deanna Dikeman
5 expositions à découvrir au PhotoBrussels Festival 2026
Jusqu’au 22 février 2026, Bruxelles fait la part belle au 8e art avec PhotoBrussels. Pour sa dixième édition, le festival propose un...
30 janvier 2026   •  
Écrit par Apolline Coëffet
Fleurs émancipées
© Suzanne Lafont, Nouvelles espèces de compagnie, anticipation, 2017.
Fleurs émancipées
Loin d’une approche romantique sur le « langage des fleurs » le livre Flower Power traduit une réflexion sur une écologie...
29 janvier 2026   •  
Écrit par Eric Karsenty
Les Franciscaines : Valérie Belin et les choses entre elles qui échappent
Sans titre, (série Bodybuilders II), 2000, épreuve gélatino-argentique, 100x80cm. © Valérie Belin
Les Franciscaines : Valérie Belin et les choses entre elles qui échappent
Jusqu’au 28 juin 2026, l’établissement culturel de Deauville Les Franciscaines accueille Les choses entre elles . Une rétrospective du...
28 janvier 2026   •  
Écrit par Ana Corderot