Susanne Wellm et ses tissages photographiques

21 mai 2024   •  
Écrit par Costanza Spina
Susanne Wellm et ses tissages photographiques
© Susanne Wellm
© Susanne Wellm
© Susanne Wellm

La Galerie XII présente, jusqu’au 13 juillet, une exposition de l’artiste danoise Susanne Wellm. Par ses images, celle-ci explore les drames de l’Europe contemporaine et les récits urbains et quotidiens.

Depuis les années 1990, Susanne Wellm expérimente plusieurs techniques photographiques, avec toujours le souci du matériel de départ. Elle jongle entre le numérique et l’argentique, en pratiquant une abstraction qui s’émancipe du réalisme photographique. Récemment, elle a mis au point une technique mêlant photographie et tissage. En ajoutant des couches complexes et matérielles de couleur, elle donne de la profondeur à ses œuvres. Elle établit des liens entre vie quotidienne et histoire collective et les sublime d’une narration poétique qui laisse le champ libre à une interprétation plus large. Les images étranges et texturées de Susanne Wellm sont à la fois de simples suggestions et des histoires inachevées. Comme le précisent les galeristes Chantal et Gabriel Bauret : « elles suscitent une réflexion sur notre éternelle quête de sens, dans les relations enchevêtrées entre nous-mêmes et le monde, entre le passé et le présent. »

Tutoyer la fiction

Le travail de Susanne Wellm va à contrecourant des tendances de l’histoire de la photographie. Au lieu de sanctifier le réel et d’aller au plus près du détail, la photographe s’emploie à fictionnaliser ce qui l’entoure et à « tutoyer la fiction ». En jouant avec le mystère, la photographe adopte une approche « sommaire » de son environnement. Son processus consiste à repérer des images en provenance de toute sorte d’archives – souvent œuvre de photographes anonymes – pour les superposer et donner vie à des clichés entièrement nouveaux. Une opération qu’elle couple à une autre discipline. L’artiste entremêle des « longues bandes de tirages avec des fils se répartissant très régulièrement et méthodiquement à la surface de l’œuvre, ou s’interrompant parfois au milieu des photographies », expliquent les galeristes. Le regard se pose alors plus sur le procédé que sur le sujet de la photographie, envers lequel l’artiste fait preuve d’une forme d’humilité. « Un rideau est tombé entre le·a spectateurices et la scène, écrivent Chantal et Gabriel Bauret. Mais l’on entrevoit que derrière lui·elle un monde vit et bouge, la transparence du tissu, comme parfois au théâtre, laissant deviner des présences : nous percevons la réalité par bribes. »  

© Susanne Wellm
À lire aussi
Quand les photographes utilisent la broderie pour recomposer le passé
© Carolle Bénitah
Quand les photographes utilisent la broderie pour recomposer le passé
Les photographes publié·es sur Fisheye ne cessent de raconter, par le biais des images, les préoccupations de notre époque. Parmi les…
25 avril 2024   •  
Écrit par Apolline Coëffet
À la Galerie XII, un voyage de l'image à la matière sensible
Andrei Fărcăsanu, TImeless Interventions #9266, 2018 © Andrei Fărcăsanu / Courtesy of Galerie XII
À la Galerie XII, un voyage de l’image à la matière sensible
Du 2 février au 13 avril, la Galerie XII Paris, spécialisée dans la photographie figurative contemporaine, accueillera une exposition…
17 janvier 2024   •  
Écrit par Milena III
Explorez
Collages, expérimentations et expositions : nos coups de cœur photo d’avril 2026
© Lore Van Houte
Collages, expérimentations et expositions : nos coups de cœur photo d’avril 2026
Expositions, immersion dans une série, anecdotes, vidéos… Chaque mois, la rédaction de Fisheye revient sur les actualités photo qui l’ont...
Il y a 1 heure   •  
Écrit par Apolline Coëffet
La sélection Instagram #554 : jardin d'été, jardin de fées
© alchemytintypestudio / Instagram
La sélection Instagram #554 : jardin d’été, jardin de fées
Alors que les rayons du soleil frappent dans l’après-midi, il est temps pour le promeneur de se reposer au pied d’un arbre. Peu à peu...
28 avril 2026   •  
Écrit par Esther Baudoin
Les images de la semaine du 20 avril 2026 : décomposer pour redécouvrir
© Helena Almeida sans titre, 1975 Fundació Foto Colectania.
Les images de la semaine du 20 avril 2026 : décomposer pour redécouvrir
C’est l’heure du récap ! Cette semaine, nous décomposons les images pour découvrir les processus créatifs qui se cachent derrière ce que...
26 avril 2026   •  
Écrit par Esther Baudoin
La sélection Instagram #553 : la ville et ses détails
© austinprendergast / Instagram
La sélection Instagram #553 : la ville et ses détails
Le retour des beaux jours voit les rues de Paris s’animer à nouveau. D’une terrasse à l’autre, éclats de rire et cris de joie se font...
21 avril 2026   •  
Écrit par Esther Baudoin
Nos derniers articles
Voir tous les articles
Collages, expérimentations et expositions : nos coups de cœur photo d’avril 2026
© Lore Van Houte
Collages, expérimentations et expositions : nos coups de cœur photo d’avril 2026
Expositions, immersion dans une série, anecdotes, vidéos… Chaque mois, la rédaction de Fisheye revient sur les actualités photo qui l’ont...
Il y a 1 heure   •  
Écrit par Apolline Coëffet
La sélection Instagram #554 : jardin d'été, jardin de fées
© alchemytintypestudio / Instagram
La sélection Instagram #554 : jardin d’été, jardin de fées
Alors que les rayons du soleil frappent dans l’après-midi, il est temps pour le promeneur de se reposer au pied d’un arbre. Peu à peu...
28 avril 2026   •  
Écrit par Esther Baudoin
Kyotographie 2026 : les contours du monde
© Daido Moriyama Photo Foundation
Kyotographie 2026 : les contours du monde
Jusqu’au 17 mai 2026, Kyotographie investit la capitale culturelle du Japon pour sa 14e édition. Comme à l’accoutumée, le festival invite...
27 avril 2026   •  
Écrit par Apolline Coëffet
Les coups de cœur #581 : Angèle Antonot et Selma Beaufils
© Selma Beaufils
Les coups de cœur #581 : Angèle Antonot et Selma Beaufils
Selma Beaufils et Angèle Antonot, nos coups de cœur de cette semaine, s’inspirent de l’aspect cinématographique du quotidien. Toutes deux...
27 avril 2026   •  
Écrit par Ana Corderot