Tommaso Protti capture l’Amazonie pour le Prix Carmignac

05 septembre 2019   •  
Écrit par Lou Tsatsas
Tommaso Protti capture l’Amazonie pour le Prix Carmignac

Le 4 septembre, le Prix Carmignac a révélé son lauréat au public : Tommaso Protti. Celui-ci a parcouru durant six mois le territoire amazonien, capturant l’incroyable complexité d’un espace en crise.

Depuis 2009, le Prix Carmignac défend le photojournalisme, en offrant à ses lauréats une bourse d’une valeur 50 000 euros lui permettant de réaliser un reportage de terrain de six mois. Pour la 10e édition du concours, la Fondation avait proposé aux candidats de se consacrer à un lieu unique : l’Amazonie. D’une superficie de 5 500 000 km2, la région représente à elle seule 70% de la biodiversité mondiale, abrite un dixième des espèces terrestres et accueille 30 millions de personnes. Pourtant, le poumon vert de la planète se fragilise. Une vulnérabilité accentuée notamment par l’activité humaine – émissions de gaz à effets de serre, érosion des sols, destruction de la biodiversité – et les incendies qui ravagent depuis quelques semaines la région. Présidé par Yolanda Kakabadse, ancienne ministre de l’Environnement de l’Équateur et ex-présidente de l’association WWF, le jury du Prix Carmignac a récompensé son lauréat 2019 le 4 septembre, lors du festival Visa pour l’image.

Le récit d’un monde en crise

De janvier à juillet 2019, le photojournaliste italien Tommaso Protti, accompagné du journaliste britannique Sam Cowie, a parcouru des milliers de kilomètres à travers l’Amazonie, de Maranhão à Rondônia en passant par Para et l’Amazonas. Un périple éclairant les crises sociales et humanitaires jonchant le territoire. « Je souhaitais illustrer les transformations sociales en dénonçant le massacre et la destruction qui ont actuellement lieu dans la région », précise le photographe.

En portant un regard sans préjugé sur l’espace qu’il découvre, celui-ci fait le récit d’un monde en crise, s’enlisant dans la surconsommation et l’expansion agricole. Au cours de leur voyage, les deux hommes rencontrent des activistes indigènes, des cartels s’affrontant pour le contrôle du marché de la cocaïne, des Vénézuéliens fuyant les conflits ou encore des paysans activistes risquant leur vie. Dans ce contexte bancal et effervescent, Tommaso Protti parvient à capter l’ordinaire : les coutumes, les fêtes, les croyances et les amours passagères des êtres qui croisent son chemin. Un travail complexe, montrant le théâtre des relations humaines dans une nature précieuse courant à sa perte.

© Tommaso Protti pour la Fondation Carmignac

© Tommaso Protti pour la Fondation Carmignac

© Tommaso Protti pour la Fondation Carmignac

© Tommaso Protti pour la Fondation Carmignac

Explorez
Les Photographiques : illustrer le mystère du vivant
© Edwige Lamy
Les Photographiques : illustrer le mystère du vivant
Comment capter le mystère au sein du vivant ? Comment retranscrire la mutabilité infinie de nos identités ? Cette année, du 16 mars au 14...
26 février 2024   •  
Écrit par Costanza Spina
Constantin Schlachter et la matière de l'existence
© Constantin Schlachter
Constantin Schlachter et la matière de l’existence
Constantin Schlachter interroge les liens entre l’image et la psyché, à travers ses expérimentations sur la matière.
23 février 2024   •  
Écrit par Milena Ill
600° : à Bordeaux, LesAssociés plongent dans les décombres des incendies
© Alban Dejong
600° : à Bordeaux, LesAssociés plongent dans les décombres des incendies
Jusqu’au 17 mars 2024, le collectif LesAssociés présente l’exposition 600° au cœur de l’Espace Saint-Rémi, à Bordeaux. Un récit choral...
15 février 2024   •  
Écrit par Lou Tsatsas
Les photographes de Fisheye et la pollution sublimée
© Richard Pak
Les photographes de Fisheye et la pollution sublimée
Enjeux sociétaux, troubles politiques, crise environnementale, représentation du genre… Les photographes publié·es sur nos pages ne...
09 février 2024   •  
Écrit par Milena Ill
Nos derniers articles
Voir tous les articles
Focus #70 : Henri Kisielewski et les fictions qui naissent du réel
05:04
© Fisheye Magazine
Focus #70 : Henri Kisielewski et les fictions qui naissent du réel
C’est l’heure du rendez-vous Focus ! Ce mois-ci, Henri Kisielewski analyse, au cœur de Non Fiction, la puissance narrative de la...
28 février 2024   •  
Écrit par Lou Tsatsas
Tamasha : le spectacle d’images d’Abhishek Khedekar 
© Abhishek Khedekar 2023 courtesy Loose Joints
Tamasha : le spectacle d’images d’Abhishek Khedekar 
Pendant plusieurs années, Abhishek Khedekar s’est immiscé dans le quotidien d’une communauté nomade indienne composée d’une centaine de...
28 février 2024   •  
Écrit par Cassandre Thomas
Le Parti pris des choses sublime les objets du quotidien
Le Parti pris des choses sublime les objets du quotidien
L'exposition collective Le Parti pris des choses au Centre de la Photographie Hauts-de-France, se nourrit de l'oeuvre du poète Francis...
28 février 2024   •  
Écrit par Costanza Spina
Bec Wood : le féminisme comme combat, la maternité comme armure
© Bec Wood
Bec Wood : le féminisme comme combat, la maternité comme armure
Depuis l'Australie, l’artiste émergeante et engagée, Bec Wood, capture la féminité en s’extrayant de toute injonction sociale.
27 février 2024   •