Un conte écologique

03 juin 2019   •  
Écrit par Lou Tsatsas
Un conte écologique

La Galerie &co119 accueille Futuristic Archeology/Archéologie du futur, série du photographe Daesung Lee. Un récit interrogeant les notions de descendance, et d’écologie.

Depuis ses premiers pas dans la photographie, le photographe sud-coréen Daesung Lee s’est intéressé aux sujets sociétaux. Si enfant, il a perçu le 8e art comme un moyen de s’ouvrir à l’autre, de voyager et de passer du temps à l’extérieur, sa soif d’aventure l’a conduit aux quatre coins du monde. « Je suis plutôt attiré par l’esthétique documentaire, confie-t-il. Les sujets liés à la mondialisation et à l’économie me passionnent, mais depuis quelques années, je m’intéresse également à l’écologie. » Le photographe aime interroger la notion de réalité. Peut-on mettre le réel en perspective ? Sommes-nous aveuglés par notre vision occidentale ? D’autres réalités existent-elles ?

Exposées en moyen et grand format sur les murs de la Galerie &co119, les images de Daesung Lee semblent nous questionner. Pour réaliser sa série Futuristic Archeology/Archéologie du Futur, l’auteur s’est rendu en Mongolie. Là-bas, il a découvert le nomadisme, une coutume populaire du pays. Pourtant, la désertification a contraint une majorité des communautés nomades à s’installer sur un territoire. Les causes de cette évolution ? Le réchauffement climatique, ainsi que le surpâturage, causés par une mondialisation dangereuse. « Ces problèmes existent depuis de nombreuses années. Si les gens commencent à y prêter attention, ce n’est toujours pas suffisant », précise le photographe.

Passé et présent en collision

Avec ses mises en scène, Daesung Lee invite l’imagerie muséale dans son récit. « Dans ces établissements culturels, nous pouvons observer des cultures disparues, des accessoires, des êtres vivants qui n’existent plus. J’ai souhaité inverser ce concept : qu’arrive-t-il lorsqu’on transfère ces éléments hors du temps dans notre monde ? » s’interroge-t-il. En mêlant passé et présent, fiction et réalité, l’auteur met en lumière des notions importantes : l’héritage, la descendance, et l’existence même de l’humanité. En installant des bannières gigantesques au cœur d’un paysage, l’auteur fait entrer en collision ce qui demeure, et ce qui n’existe plus. Les paysages verdoyants sont devenus arides, et ses modèles – d’anciens nomades – ont vieilli.

En mêlant imaginaire et documentaire, Daesung Lee tente de capter l’attention du public. Selon lui, un conte fascine plus qu’un reportage. En jouant avec les perceptions, il pousse le regardeur à lire entre les lignes une deuxième histoire plus alarmante : celle d’une société peu soucieuse du sort de l’environnement, celle d’un monde qui se meurt à petit feu. Au terme de cette visite, une question vient à l’esprit : comment agir ?

 

Futuristic Archeology/Archéologie du Futur

Jusqu’au 13 juillet 2019

Galerie &co119

119 rue Vieille du Temple, Paris 3e

© Daesung Lee / Courtesy Galerie &co119© Daesung Lee / Courtesy Galerie &co119© Daesung Lee / Courtesy Galerie &co119© Daesung Lee / Courtesy Galerie &co119© Daesung Lee / Courtesy Galerie &co119

© Daesung Lee / Courtesy Galerie &co119

Explorez
Les éternels éphémères : des abeilles et des hommes
© Maewenn Bourcelot
Les éternels éphémères : des abeilles et des hommes
C’est un monde sublime et violent, enchanté et tragique, énigmatique et d’une évidence terrible. Avec Les Éternels Éphémères, la...
18 avril 2024   •  
Écrit par Fisheye Magazine
Ces séries photographiques qui apprivoisent la ville
© Craig-Whitehead
Ces séries photographiques qui apprivoisent la ville
Dans la rue, au cœur du fourmillement de la foule ou au fil des bâtiments qui façonnent la réalité urbaine, les photographes n’ont de...
16 avril 2024   •  
Écrit par Fisheye Magazine
Fotohaus Bordeaux 2024 : appréhender le littoral et ses territoires autrement
© Nancy Jesse
Fotohaus Bordeaux 2024 : appréhender le littoral et ses territoires autrement
En ce mois d’avril, la ville de Bordeaux célèbre le 8e art. Parmi les nombreuses expositions à découvrir figure Fotohaus Bordeaux, qui...
11 avril 2024   •  
Écrit par Apolline Coëffet
Dans l’œil de Maxime Riché : après le drame, l’ironie des publicitaires
© Maxime Riché
Dans l’œil de Maxime Riché : après le drame, l’ironie des publicitaires
Cette semaine, plongée dans l’œil de Maxime Riché. Dans Paradise, projet que nous vous présentons sur les pages du Fisheye #64, le...
08 avril 2024   •  
Écrit par Apolline Coëffet
Nos derniers articles
Voir tous les articles
Nicolas Jenot : le corps des machines et ses imperfections
© Nicolas Jenot
Nicolas Jenot : le corps des machines et ses imperfections
Expérimentant avec la photo, la 3D ou même le glitch art, l’artiste Nicolas Jenot imagine la machine – et donc l’appareil photo – comme...
Il y a 6 heures   •  
Écrit par Lou Tsatsas
Voyage aux quatre coins du monde : la séance de rattrapage Focus !
©Théo Saffroy / Courtesy of Point Éphémère
Voyage aux quatre coins du monde : la séance de rattrapage Focus !
De la Corée du Nord au fin fond des États-Unis en passant par des espaces imaginaires, des glitchs qui révèlent les tensions au sein d’un...
Il y a 10 heures   •  
Écrit par Fisheye Magazine
Les éternels éphémères : des abeilles et des hommes
© Maewenn Bourcelot
Les éternels éphémères : des abeilles et des hommes
C’est un monde sublime et violent, enchanté et tragique, énigmatique et d’une évidence terrible. Avec Les Éternels Éphémères, la...
18 avril 2024   •  
Écrit par Fisheye Magazine
Nicolas Lebeau, reprendre le contrôle des images
© Nicolas Lebeau
Nicolas Lebeau, reprendre le contrôle des images
Avec Voltar A Viver (« Retourner à la vie », en français), Nicolas Lebeau questionne notre rapport aux images en puisant aussi bien dans...
17 avril 2024   •  
Écrit par Ana Corderot