XXH 15 ans questionne la société de l’excès

01 mai 2024   •  
Écrit par Costanza Spina
XXH 15 ans questionne la société de l’excès
© Andres Serrano
© Diane Arbus
© Roy Adzak

Jusqu’au 26 juillet 2024, la Fondation Francès célèbre ses 15 ans à travers l’exposition XXH 15 ans – Temps 1. Par les œuvres des artistes de la Fondation, l’intention est de questionner la société de l’excès. Le deuxième temps de célébrations se déroulera du 13 septembre au 20 décembre prochains.  

Depuis 2023, la Fondation Francès a ouvert au public un deuxième lieu à Clichy, en plus de son centre historique à Senlis. Dans ces espaces, sont exposées les œuvres de la collection, dédiée à l’art contemporain. Dans ce magnifique écrin, celle-ci accueille des visiteur·ses amateur·ices et passionné·es gratuitement. La collection, réunie par Estelle et Hervé Francès, est constituée de 800 œuvres témoignant de toutes les expressions artistiques. En parcourant cette belle archive, les fondateurices se sont aperçu·es d’une continuité thématique entre les œuvres : la réflexion autour de la société de l’excès sous toutes ses formes. Dans une région qui a été longtemps privée d’accès à la culture, cet espace s’impose comme une source de résistance et de mise en commun. Parmi les grands noms de la collection, figurent Marina Abramović, Roy Adzak, Diane Arbus, Kader Attia et Richard Avedon. Cette année, avec une curation imaginée en deux temps, la Fondation Francès aborde les défis de notre temps, en questionnant d’un point de vue individuel et collectif la notion d’« excès » et d’hybris.

Quête d’absolu et surconsommation

Consommation, production de déchets, exploitation des ressources, comportements extrêmes : comment abordons-nous l’excès ? Comment définir la notion de « limites » alors que le transhumanisme de l’ultra-tech nous encourage de plus en plus à ne plus en avoir, quitte à détruire nos environnements ? Autant de questions que l’exposition XXH 15 ans essaie de décortiquer. Cette programmation se fait en deux temps. Un premier, jusqu’au 26 juillet, qui explore cette notion d’un point de vue de l’individu. Un deuxième, qui l’abordera de façon sociétale, et qui aura lieu du 13 septembre au 20 décembre. Quête d’absolu, éloge des passions, fracas, démesure, surconsommation, mouvements de masse et adhésion collective à des régimes autoritaires… Les artistes présenté·es ont traversé le siècle dernier et posent un regard sur l’avènement d’une culture héritière des fascismes et du capitalisme. Comme l’expliquent les curateurices, « Par sa force d’interpellation et son esprit pédagogique, cette double exposition intitulée XXH 15 ans – Temps 1 puis XXH 15 ans – Temps 2, nous sensibilisera, informera et inspirera les publics, tout en confirmant le rôle engagé de la Fondation Francès dans les débats contemporains. »

À lire aussi
« Tout doit disparaître » : les obsessions d’une société en quête de (sur)consommation
« Tout doit disparaître » : les obsessions d’une société en quête de (sur)consommation
Véritable collaboration entre Jean-Marie Donat, collectionneur et artiste, et la commissaire d’exposition Audrey Hoareau, l’exposition…
19 janvier 2022   •  
Écrit par Lou Tsatsas
Paris, Texas, Diane Arbus et Arménie, dans la photothèque d'Alexis Pazoumian
© Alexis Pazoumian
Paris, Texas, Diane Arbus et Arménie, dans la photothèque d’Alexis Pazoumian
Des premiers émois photographiques aux coups de cœur les plus récents, les auteurices publié·es sur les pages de Fisheye reviennent sur…
12 avril 2024   •  
Écrit par Milena III
Explorez
Kyotographie 2026 : les contours du monde
© Daido Moriyama Photo Foundation
Kyotographie 2026 : les contours du monde
Jusqu’au 17 mai 2026, Kyotographie investit la capitale culturelle du Japon pour sa 14e édition. Comme à l’accoutumée, le festival invite...
27 avril 2026   •  
Écrit par Apolline Coëffet
Tchernobyl : l'archive sensible de Maxim Dondyuk
© Maxim Dondkyuk
Tchernobyl : l’archive sensible de Maxim Dondyuk
Quarante ans après la catastrophe de Tchernobyl, le photographe ukrainien Maxim Dondyuk redonne vie à des photos abandonnées dans la...
26 avril 2026   •  
The Return de Salih Basheer
© Salih Basheer / Collage. Kenya, Nairobi. Septembre 2024. Un homme a été tué par les forces de soutien rapide dans le village Al-Jazirah State.
The Return de Salih Basheer
Dans The Return, Salih Basheer raconte une crise humanitaire tue, celle survenue au Soudan en 2023. Il dévoile tout ce qui se joue dans...
25 avril 2026   •  
Écrit par Ana Corderot
Le Fresnoy, école laboratoire d’images unique au monde
© Yue Cheng
Le Fresnoy, école laboratoire d’images unique au monde
À l’heure où l’image se consomme en une fraction de seconde, que signifie « étudier l’art » ? Au Fresnoy – Studio national des...
23 avril 2026   •  
Écrit par Fabrice Laroche
Nos derniers articles
Voir tous les articles
15 expositions photographiques à découvrir en mai 2026
Oedipus, 2021 © Linder Sterling, courtesy of the artist and Modern Art
15 expositions photographiques à découvrir en mai 2026
La rédaction de Fisheye a relevé une série d'événements photographiques à découvrir à Paris et dans le reste de la France en mai 2026....
30 avril 2026   •  
Écrit par Fisheye Magazine
Yasmina Benabderrahmane : Impossible Landscape
Rokh © Yasmina Benabderrahmane
Yasmina Benabderrahmane : Impossible Landscape
Dans Impossible Landscape, Yasmina Benabderrahmane fait du médium photographique un outil pluriel de documentation du vivant. À...
30 avril 2026   •  
Écrit par Fabrice Laroche
Lena Maria : la nuit qui relie les êtres
© Lena Maria
Lena Maria : la nuit qui relie les êtres
Avec Les Nuits ouvertes, Lena Maria s’immerge dans une nature vibrante colorée d’ocres et d’argiles. À la lumière de la lune, elle...
29 avril 2026   •  
Écrit par Lou Tsatsas
Collages, expérimentations et expositions : nos coups de cœur photo d’avril 2026
© Lore Van Houte
Collages, expérimentations et expositions : nos coups de cœur photo d’avril 2026
Expositions, immersion dans une série, anecdotes, vidéos… Chaque mois, la rédaction de Fisheye revient sur les actualités photo qui l’ont...
29 avril 2026   •  
Écrit par Apolline Coëffet