Au cours des quinze années durant lesquelles il a vécu au Brésil, Vincent Catala n’a eu de cesse d’immortaliser le pays, ses habitants et ses zones périurbaines. Ses images participent ainsi à dresser le portrait de ces marges dont on parle peu et qu’il considère comme des îles solitaires, d’où le titre de la série qui en résulte, Île Brésil, qu’il expose au musée de la Photographie de Charleroi jusqu’au 27 septembre 2026. Outre les tirages, là-bas se découvre un film fait de plans-séquences, toujours introduits par un texte de contextualisation, et d’une bande-son composée par Charlotte Sarian. Il y a des camions qui circulent sur un pont, une femme sur une montagne de pétrole où de larges tuyaux émettent un bruit semblable à des pulsations, deux autres font face à des voitures qui font crisser leurs pneus, puis il y a des vagues qui lèchent la côte tandis qu’un bateau est amarré au loin. Au milieu de tout cela, l’image animée se fige pour laisser place à des photographies. L’artiste explique alors, de vive voix, pourquoi il est retourné à Altamira, ville par laquelle il a découvert le Brésil, et offre une dimension d’autant plus immersive à son œuvre.