Addicts

18 août 2016   •  
Écrit par Fisheye Magazine
Addicts
Accros au travail, à la musculation ou aux drogues, certaines personnes vivent au quotidien avec une obsession qui les ronge. Pour mettre en lumière ce mal universel, Blanca Galindo et David Simon Martret ont réalisé une superbe série sur l’addiction. Par Hélène Rocco.

Parce qu’elles souhaitaient échapper à leur propre corps et se déconnecter, certaines personnes tombent dans les filets de l’addiction. Blanca Galindo et David Simon Martret, deux photographes espagnols qui forment le duo Leafhopper, ont vus plusieurs de leurs proches basculer et ont entamé la série It’s a Wonderful life, au titre ironique, en 2015. Elle relate des histoires d’addictions en Russie, en Asie et en Europe et vise à faire comprendre au public ce qui pousse les gens à s’enfermer dans de telles obsessions.

Pour mener à bien ce projet, le couple à la ville a conduit des recherches et mené des entretiens en Chine, Indonésie, Malaisie, aux Philippines, au Japon, aux États-Unis, en Espagne, en Finlande et au Mexique.

Photo tirée de la série "It's a wonderful life" / © Leafhopper
Photo tirée de la série “It’s a wonderful life” / © Leafhopper

Le sujet est sensible, tabou : “Prendre la première photo a été à la fois difficile“, confie la photographe. Une fois lancés, les deux artistes ont à la fois souhaité montrer les problèmes de drogue et les conséquences psychologiques de l’addiction. “On en apprend tous les jours sur ces obsessions : tout le monde a une réaction différente. Certains se soulagent en se brûlant avec un fer ou s’entaillent le corps, mais tous cherchent à se déconnecter à travers ce mal.” Au fil de leur projet, ils ont été étonnés de découvrir qu’il était bien plus facile de passer du temps avec des alcooliques ou des accros à l’héroïne pour échanger sur leur maladie que d’essayer de parler à des personnes accros au travail.

Quelques unes des photos de la série fonctionnent en diptyque, associant des portraits et des images plus métaphoriques. “Puisqu’on veut aussi traiter les émotions et la psychologie, on a recours à l’imagerie abstraite et aux symboles. On a,, par exemple, envie de mettre en image l’idée d’une prison .” explique David.

Photo tirée de la série "It's a wonderful life" / © Leafhopper
Photo tirée de la série “It’s a wonderful life” / © Leafhopper

Blanca et David ont aussi mis en place un Tumblr, plus léger, sur l’addiction qui montre notamment comment la publicité tente de tourner l’addiction en quelque chose de positif. “Pour nous, la chose la plus intéressante c’est de créer et de générer une réflexion sur l’addiction. C’est ce qu’il y a de plus satisfaisant.“, concluent-ils. Les artistes espèrent finir leur projet d’ici décembre prochain.

LEAFHOPPER PROJECTLEAFHOPPER PROJECTLEAFHOPPER PROJECTLEAFHOPPER PROJECTLEAFHOPPER PROJECTLEAFHOPPER PROJECTLEAFHOPPER PROJECTLEAFHOPPER PROJECTLEAFHOPPER PROJECTLEAFHOPPER PROJECTLEAFHOPPER PROJECTLEAFHOPPER PROJECTLEAFHOPPER PROJECTLEAFHOPPER PROJECT

Propos recueillis par Hélène Rocco

En (sa)voir plus

→ Leur site web

→ Leur Tumblr

→ Leur page Facebook

→ Leur compte Twitter

Explorez
Justine Tjallinks : renverser les codes de beauté 
© Justine Tjallinks
Justine Tjallinks : renverser les codes de beauté 
Dans Vision, Justine Tjallinks capture avec singularité la différence, en prenant son inspiration dans la peinture ancienne du siècle...
31 juillet 2026   •  
Écrit par Annabelle GARBIGLIA
Thato Toeba : matérialiser les fractures
© Thato Toeba
Thato Toeba : matérialiser les fractures
Dans l'exposition Anyone Can Be Lucifer, aux Rencontres d'Arles, Thato Toeba dévoile un corpus artistique engagé, déboulonnant des...
30 juillet 2026   •  
Écrit par Deng Qiwen
Le 7 à 9 Chanel : Aïda Muluneh, et les créations comme des messages sur le monde
This Bloom I Borrow, 2026. © Aïda Muluneh
Le 7 à 9 Chanel : Aïda Muluneh, et les créations comme des messages sur le monde
Pour l'édition estivale des 7 à 9, des rencontres organisées par Chanel au Jeu de Paume, la photographe et curatrice éthiopienne Aïda...
29 juillet 2026   •  
Écrit par Ana Corderot
Katia Kameli présente le Roman algérien à Arles 2026
© Katia Kameli
Katia Kameli présente le Roman algérien à Arles 2026
À Arles, Katia Kameli dévoile un nouveau chapitre de son vaste projet Le Roman algérien, une œuvre au long cours qui interroge la...
27 juillet 2026   •  
Écrit par Costanza Spina
Nos derniers articles
Voir tous les articles
Justine Tjallinks : renverser les codes de beauté 
© Justine Tjallinks
Justine Tjallinks : renverser les codes de beauté 
Dans Vision, Justine Tjallinks capture avec singularité la différence, en prenant son inspiration dans la peinture ancienne du siècle...
31 juillet 2026   •  
Écrit par Annabelle GARBIGLIA
Thato Toeba : matérialiser les fractures
© Thato Toeba
Thato Toeba : matérialiser les fractures
Dans l'exposition Anyone Can Be Lucifer, aux Rencontres d'Arles, Thato Toeba dévoile un corpus artistique engagé, déboulonnant des...
30 juillet 2026   •  
Écrit par Deng Qiwen
Le 7 à 9 Chanel : Aïda Muluneh, et les créations comme des messages sur le monde
This Bloom I Borrow, 2026. © Aïda Muluneh
Le 7 à 9 Chanel : Aïda Muluneh, et les créations comme des messages sur le monde
Pour l'édition estivale des 7 à 9, des rencontres organisées par Chanel au Jeu de Paume, la photographe et curatrice éthiopienne Aïda...
29 juillet 2026   •  
Écrit par Ana Corderot
Vigilance : une histoire de la prévention et de la sécurité en entreprise
© Couverture du magazine Vigilance, n°41, un monteur et ses gants isolants, Michel Crépin, septembre 1971. Avec l’aimable autorisation des archives EDF.
Vigilance : une histoire de la prévention et de la sécurité en entreprise
Comme chaque année, les Rencontres d’Arles proposent des expositions faisant la part belle aux archives. En 2026, nous retrouvons...
29 juillet 2026   •  
Écrit par Apolline Coëffet