Les coups de cœur #557 : Jeanne-Lise Nédélec et Stéphanie Labé

01 septembre 2025   •  
Écrit par Marie Baranger
Les coups de cœur #557 : Jeanne-Lise Nédélec et  Stéphanie Labé
Respirer © Jeanne-Lise Nédélec
des corps qui nagent
Respirer © Jeanne-Lise Nédélec

Jeanne-Lise Nédélec et Stéphanie Labé, nos coups de cœur de la semaine, voient dans les paysages naturels un voyage introspectif, une façon de se reconnecter à soi. La première plonge sous les mers pour révéler le lien entre l’intime et la nature, tandis que la seconde compose des diptyques poétiques.

Jeanne-Lise Nédélec

Immergés sous une eau translucide traversée par les rayons du soleil, des corps dansent. « La mer est mon refuge, elle incarne une quête de liberté, un espace de méditation et une métaphore de la fluidité des émotions », évoque la photographe Jeanne-Lise Nédélec. C’est sous ces vagues qu’elle compose Respirer, une série photographique qui se déploie sous la forme d’un livre autoédité et en édition limitée. « Je plonge le spectateur dans un univers sous-marin contemplatif, où la respiration, la liberté des corps et l’immensité apaisante de l’eau deviennent autant d’axes de réflexion », détaille-t-elle. L’écume vibre, la lumière transperce et dévoile un monde en suspens que l’autrice a sondé lors d’immersion en apnée sur plusieurs années. « J’essaie de capter ce qui se joue dans les interstices : un souffle, une tension douce, un retrait », poursuit-elle. Elle rend ainsi hommage aux liens entre l’intime et le paysage, entre le corps des femmes et la nature en posant une question : « Et si là où l’on respire le mieux n’était tout simplement pas le lieu où l’on ne respire plus ? »

Lumière diffuse dans la mer
Respirer © Jeanne-Lise Nédélec
mer en mouvement
Respirer © Jeanne-Lise Nédélec
reflet de nuages sur l'eau
Respirer © Jeanne-Lise Nédélec
un projectile qui entre dans l'eau
Respirer © Jeanne-Lise Nédélec
un croissant de lune
Mondes intérieurs © Stéphanie Labé

Stéphanie Labé

« La nature n’est pas un décor. Nous sommes la nature », soutient Stéphanie Labé, artiste visuelle installée dans le sud des Landes. Un matin, elle se réveille, happée par la photographie et décide d’abandonner son métier pour se consacrer à l’art, dans l’optique « transmettre quelque chose et [se] (re)trouver ». Puisant son inspiration dans les pensées artistiques asiatiques et le concept de « cosmopoésie » formulé par le poète et essayiste écossais Kenneth White, elle fait jaillir une nature délicate et lyrique. Les oiseaux s’envolent, la lune scintille et les vaguent moutonnent. « Je laisse une grande place au vide, propice à un meilleur plein », explique Stéphanie Labé. Elle parcourt le Pays basque, qu’elle appréhende comme « un sanctuaire entre océan et montagnes » et réalise sa série Mondes intérieurs qui explore la frontière entre le réel et la fiction : « Les prises de vue sont réelles, mais la chromie tend vers l’imaginaire », poursuit-elle. Dans des diptyques aux teintes sépia et ivoire, la photographe fait rencontrer les éléments qui composent cette nature et les met dans des oppositions complémentaires, invoquant la philosophie du Yin et du Yang.

Diptyque désert et oiseaux
Mondes intérieurs © Stéphanie Labé
Diptyque oiseaux et mer
Mondes intérieurs © Stéphanie Labé
montagne et oiseaux
Mondes intérieurs © Stéphanie Labé
la mer
Mondes intérieurs © Stéphanie Labé
Diptyque lune et mer
Mondes intérieurs © Stéphanie Labé
À lire aussi
Les coups de cœur #554 : Katarina Marković et Marine Payré
© Katarina Marković
Les coups de cœur #554 : Katarina Marković et Marine Payré
Katarina Marković et Marine Payré, nos coups de cœur de la semaine, apprécient jouer avec le flou dans leurs portraits. La première les…
11 août 2025   •  
Écrit par Apolline Coëffet
5 coups de cœur qui inspirent les vacances d'été
© Diane Desclaux
5 coups de cœur qui inspirent les vacances d’été
Tous les lundis, nous partageons les projets de deux photographes qui ont retenu notre attention dans nos coups de cœur. Cette semaine…
30 juin 2025   •  
Écrit par Apolline Coëffet
Explorez
La sélection Instagram #561 : frissons dans tout le corps 
La sélection Instagram #561 : frissons dans tout le corps 
Cette semaine les photographes capturent à travers leur objectif le sport sous toutes ses formes. Les frissons parcourent les corps, une...
21 juillet 2026   •  
Écrit par Annabelle GARBIGLIA
Hélène David : les voix du vivant
© Hélène David
Hélène David : les voix du vivant
Pendant quatre ans, Hélène David a arpenté le Pays basque à la rencontre de celles et ceux qui l'habitent – humains, animaux, montagnes...
20 juillet 2026   •  
Écrit par Anaïs Viand
Rebekka Deubner, lettres d'amour à terre
© Rebekka Deubner
Rebekka Deubner, lettres d’amour à terre
Exposé aux Rencontres d'Arles, à la Croisière, le projet La terre amoureuse de Rebekka Deubner nous parle avec une grande justesse de la...
09 juillet 2026   •  
Écrit par Ana Corderot
L’exposition, Au bord des mondes, pour les 5 ans de La Kabine 
© Lys Arango / La Kabine
L’exposition, Au bord des mondes, pour les 5 ans de La Kabine 
Au bord des mondes : Habiter les territoires, survivre aux fractures, du 27 juin au 20 septembre, une exposition qui invite à repenser...
08 juillet 2026   •  
Écrit par Annabelle GARBIGLIA
Nos derniers articles
Voir tous les articles
À Arles, les conversations photographiques SanDisk donnent vie aux archives
© Lola Cacciarella
À Arles, les conversations photographiques SanDisk donnent vie aux archives
En juillet dernier, dans la cour de l'Archevêché, Fisheye et SanDisk ont imaginé un nouveau format de rencontre photographique. À...
05 août 2026   •  
Écrit par Cassandre Thomas
En Ukraine, la guerre et paix de Sergey Melnitchenko
© Sergey Melnitchenko
En Ukraine, la guerre et paix de Sergey Melnitchenko
Loin de la déferlante des images médiatiques de guerre, qui saturent le regard jusqu’à le désensibiliser, le dernier projet du...
04 août 2026   •  
Écrit par Jordane de Faÿ
Justine Tjallinks : renverser les codes de beauté 
© Justine Tjallinks
Justine Tjallinks : renverser les codes de beauté 
Dans Vision, Justine Tjallinks capture avec singularité la différence, en prenant son inspiration dans la peinture ancienne du siècle...
31 juillet 2026   •  
Écrit par Annabelle GARBIGLIA
Thato Toeba : matérialiser les fractures
© Thato Toeba
Thato Toeba : matérialiser les fractures
Dans l'exposition Anyone Can Be Lucifer, aux Rencontres d'Arles, Thato Toeba dévoile un corpus artistique engagé, déboulonnant des...
30 juillet 2026   •  
Écrit par Deng Qiwen