Les coups de cœur #572 : Odysseas Tsompanoglou et Macy Castañeda-Lee

Il y a 1 heure   •  
Écrit par Apolline Coëffet
Les coups de cœur #572 : Odysseas Tsompanoglou et Macy Castañeda-Lee
© Odysseas Tsompanoglou
Un chien aboie
© Odysseas Tsompanoglou

Odysseas Tsompanoglou et Macy Castañeda-Lee, nos coups de cœur de la semaine, s’intéressent tous deux à des thématiques intimes ayant trait à la psychologie. Le premier s’inspire d’un mythe de la Grèce antique pour parler de ses troubles obsessionnels compulsifs quand la seconde rend compte de son expérience en tant qu’immigrante.

Odysseas Tsompanoglou

Dans Actaeonia, Odysseas Tsompanoglou puise dans le mythe grec du même nom pour en faire la métaphore de ses troubles obsessionnels compulsifs. Dans ce récit antique, la déesse Artémis transforme Actéon, un chasseur orgueilleux, en cerf après que celui-ci l’a épiée dans son bain. Ne le reconnaissant plus, ses propres chiens le dévorent. « Je perçois mes pensées ruminantes comme Actéon voyait ses chiens : c’est comme si vous étiez dévoré par quelque chose de très proche de vous, explique l’artiste. L’idée de ce projet a germé il y a trois ans, lorsque ma crise de TOC a atteint son paroxysme. Il y avait des jours où, pendant plus de dix heures consécutives, je ne pouvais me concentrer sur quoi que ce soit. J’avais perdu mon sens de la présence et je me sentais émotionnellement bloqué. » À ce moment-là, la photographie s’impose comme la seule manière de s’extraire un tant soit peu de cet état. Muni de son boîtier, il saisit des séquences évoquant une violence latente, une absence de repères ou encore un mal-être, qu’il finit par assembler dans un ouvrage grâce à un programme du PhMuseum. « Le projet s’articule autour du concept de boucle : il suit les étapes mentales de mes crises de TOC. Au début, des pensées ruminantes tentent de s’immiscer dans mon esprit, mais je me sens fort et je leur résiste : à ce stade, elles me semblent complètement absurdes. Ensuite, je commence à engager un dialogue avec elles jusqu’à ce qu’elles occupent tout mon espace mental. Cela conduit à une phase de panique, où je suis incapable d’être présent. Vient alors la phase post-traumatique, l’épuisement causé par l’expérience. Puis, le cycle recommence », conclut-il.

Deux enfants assis l'un à côté de l'autre dans une salle de classe
© Odysseas Tsompanoglou
Deux personnes suspendues à la rambarde d'un escalier en colimaçon
© Odysseas Tsompanoglou
Un groupe de personne dans un désert
© Odysseas Tsompanoglou
Une personne torse nu s'apprête à briser une télévision cathodique avec une batte de baseball
© Odysseas Tsompanoglou
Une femme est allongée sur des rochers
© Macy Castañeda-Lee

Macy Castañeda-Lee

« J’adore prendre des portraits de toutes sortes de personnes », nous confie Macy Castañeda-Lee. Également activiste et curatrice, la photographe a à cœur que chacun de ses projets soit porteur de sens. « Mes passions et mes choix de vie découlent de mon éducation, de ma famille, de mes rêves et de ma culture en tant que Philippine et membre de la communauté sud-asiatique. Dans mon travail, je m’attache à promouvoir la psychologie, la santé mentale, la justice sociale et l’éducation, assure-t-elle. À l’adolescence, j’ai créé une organisation à but non lucratif, aux Philippines, appelée Talang Dalisay, qui fêtera ses 10 ans l’année prochaine. Elle s’engage à aider les enfants handicapés et encourage les mouvements en faveur de la santé mentale dans le pays. Parallèlement à ma pratique de la photographie, avec des amis, je dirige Worlds Through Minds, un collectif qui fonctionne comme un espace d’atelier mondial et une galerie ouverte à tous à New York. » Parmi les tirages qu’elle nous présente aujourd’hui, certaines proviennent de Burnt Orange, une série qui s’intéresse aux personnes issues d’une troisième culture et témoigne de son expérience en tant qu’immigrante. « C’est ma vision de l’Amérique, explique-t-elle. L’ensemble est immortalisé en noir et blanc et couvre aussi bien des portraits que des paysages. Ce sont les premières images que j’ai réalisées dans la chambre noire, que j’ai eu le privilège d’utiliser lorsque je vivais à New York. Burnt Orange aborde le fait de grandir et d’essayer de se réinventer constamment. » L’artiste a consigné ces clichés dans un zine, édité avec Salt & Pepper, disponible à la vente par ici.

Un bateau près d'une cascade
© Macy Castañeda-Lee
Des chevaux dans la nature
© Macy Castañeda-Lee
Un homme accroupi dans la neige
© Macy Castañeda-Lee
Une personne prend la pose dans les rues de New York
© Macy Castañeda-Lee
Un arc-en-ciel au dessus d'une zone aquatique
© Macy Castañeda-Lee
À lire aussi
Les coups de cœur #571 : Nicolas Gastaud et Sonia Martina
L’île la plus proche du paradis © Nicolas Gastaud
Les coups de cœur #571 : Nicolas Gastaud et Sonia Martina
Nicolas Gastaud et Sonia Martina, nos coups de cœur de la semaine, explorent des récits intimes. Le premier sonde son héritage familial…
05 janvier 2026   •  
Écrit par Marie Baranger
Les coups de coeur #570 : Fahad Bahramzai et Elisa Grosman
© Elisa Grosman
Les coups de coeur #570 : Fahad Bahramzai et Elisa Grosman
Fahad Bahramzai et Elisa Grosman, nos coups de cœur de la semaine, cherchent tous deux à transmettre des émotions par l’image. Le premier…
29 décembre 2025   •  
Écrit par Marie Baranger
Explorez
Lucie Bascoul et le parcours de congélation d'ovocytes
© Lucie Bascoul
Lucie Bascoul et le parcours de congélation d’ovocytes
À travers Désirs contrariés, Lucie Bascoul témoigne de son expérience de la congélation d’ovocytes. En croisant portraits de...
10 janvier 2026   •  
Écrit par Apolline Coëffet
La sélection Instagram #540 : les bonnes résolutions
© Hugh Davison / Instagram
La sélection Instagram #540 : les bonnes résolutions
Les artistes de notre sélection Instagram de la semaine ont décidé de prendre de bonnes résolutions pour l’année 2026. L’acte de...
06 janvier 2026   •  
Écrit par Marie Baranger
Les coups de cœur #571 : Nicolas Gastaud et Sonia Martina
L’île la plus proche du paradis © Nicolas Gastaud
Les coups de cœur #571 : Nicolas Gastaud et Sonia Martina
Nicolas Gastaud et Sonia Martina, nos coups de cœur de la semaine, explorent des récits intimes. Le premier sonde son héritage familial...
05 janvier 2026   •  
Écrit par Marie Baranger
Gabrielle Hébert : l’amour comme langage intime à la Villa Médicis
Gabrielle Hébert (1853-1934), Peppino Scossa endormi dans les bras de sa mère, 11 août 1888, aristotype à la gélatine, 8,7 x 11,7 cm, Paris, musée national Ernest Hébert © Musée d’Orsay, Dist. GrandPalaisRmn / Alexis Brandt
Gabrielle Hébert : l’amour comme langage intime à la Villa Médicis
Elle a photographié l’amour – son amour – et le temps qui passe. À la Villa Médicis, Gabrielle Hébert fait de la photographie un...
01 janvier 2026   •  
Écrit par Fabrice Laroche
Nos derniers articles
Voir tous les articles
Les coups de cœur #572 : Odysseas Tsompanoglou et Macy Castañeda-Lee
© Odysseas Tsompanoglou
Les coups de cœur #572 : Odysseas Tsompanoglou et Macy Castañeda-Lee
Odysseas Tsompanoglou et Macy Castañeda-Lee, nos coups de cœur de la semaine, s’intéressent tous deux à des thématiques intimes ayant...
Il y a 1 heure   •  
Écrit par Apolline Coëffet
Les images de la semaine du 5 janvier 2026 : tenir ses bonnes résolutions
© p.arbld / Instagram
Les images de la semaine du 5 janvier 2026 : tenir ses bonnes résolutions
C’est l’heure du récap ! En ce début d’année, un certain nombre d’entre nous ont pris de bonnes résolutions. Qu’il s’agisse de multiplier...
11 janvier 2026   •  
Écrit par Apolline Coëffet
Lucie Bascoul et le parcours de congélation d'ovocytes
© Lucie Bascoul
Lucie Bascoul et le parcours de congélation d’ovocytes
À travers Désirs contrariés, Lucie Bascoul témoigne de son expérience de la congélation d’ovocytes. En croisant portraits de...
10 janvier 2026   •  
Écrit par Apolline Coëffet
MYOP, vingt ans de photographie : défaire, refaire, rêver le monde
© Agnès Dherbeys
MYOP, vingt ans de photographie : défaire, refaire, rêver le monde
À l’occasion de son vingtième anniversaire, le collectif MYOP investit le Carré de Baudouin avec une exposition manifeste....
09 janvier 2026   •  
Écrit par Costanza Spina