Dans l’œil de Lorena Florio : filtrer la lumière

14 avril 2025   •  
Écrit par Marie Baranger
Dans l'œil de Lorena Florio : filtrer la lumière
Untitled, de la série Lacerazioni © Lorena Florio
LorenaFlorio
Photographe
« Certains éléments comme cette lumière vive, l’enfance et les souvenirs reviennent constamment dans ma recherche visuelle. »

Cette semaine, nous vous plongeons dans l’œil de Lorena Florio. Dans sa série Lacerazioni, elle donne une impression de tridimensionnalité, où des parties de corps photographiés conversent avec le soleil. Pour Fisheye, l’artiste italienne raconte son procédé technique et son appétence pour la quête de lumière et de souvenirs.

Née à Pescara, Lorena Florio découvre le médium photographique à l’adolescence. Rapidement, elle s’attache à expérimenter et manipuler les images, tant numériquement que physiquement. Pour sa série Lacerazioni, l’artiste a capturé des parties du corps de différentes personnes puis est intervenue directement sur les clichés. Elle incise la surface des tirages pour laisser filtrer la lumière solaire à travers les fentes créées. Elle met ainsi en évidence la tangible matérialité de la photographie, explorant les souvenirs, sondant l’enfance et révélant les mutations de la perception et de l’expérience humaine.

Mémoire recomposée

« Cette image fait partie de ma série Lacerazioni, réalisée en 2020. Elle représente une petite fille se baignant dans la mer qui, après avoir été sous l’eau, émerge et respire à nouveau.

La photographie est décontextualisée, car le Grand Bleu n’est plus visible, il est devenu noir. Ses yeux sont fermés, pris sous l’impact direct du soleil qui la frappe. Certains éléments comme cette lumière vive, l’enfance et les souvenirs reviennent constamment dans ma recherche visuelle. Je me sens toujours obligée de les saisir avec mon appareil photo. Une mémoire altérée et recomposée se manifeste en un amalgame de sensations, d’instants, d’odeurs, de lieux, de visage et de choses. Dans Lacerazioni, la découpe génère un espace, même infime, qui ampute l’image. Seuls des fragments persistent. La surface du papier, absorbant la lumière, à la fois remplit et anéantit le sujet. »

À lire aussi
Dans l’œil de Sarfo Emmanuel Annor : l’affrontement entre parole et silence
© Sarfo Emmanuel Annor, courtesy of the artist and The Bridge Gallery
Dans l’œil de Sarfo Emmanuel Annor : l’affrontement entre parole et silence
Cette semaine, nous vous plongeons dans l’œil de Sarfo Emmanuel Annor, photographe ghanéen exposé à The Bridge Gallery, dans le…
24 mars 2025   •  
Écrit par Apolline Coëffet
Dans l'œil de Yshao Lin : reconnecter avec sa terre et son histoire
© Yshao Lin. When They Ring Those Golden Bells.
Dans l’œil de Yshao Lin : reconnecter avec sa terre et son histoire
Cette semaine, plongée dans l’œil de Yshao Lin. Avec son projet When They Ring Those Golden Bells, il explore sa terre natale, Hujiang…
27 janvier 2025   •  
Écrit par Marie Baranger
Explorez
Chère Lisa : ces choses que l’on revêt
© Louise Chevallet
Chère Lisa : ces choses que l’on revêt
C’est entre les pages du journal intime de sa mère que Louise Chevallet s’est aventurée pour composer son ouvrage Chère Lisa. À...
03 juillet 2026   •  
Écrit par Ana Corderot
La sélection Instagram #560 : du mouvement et de la danse
© heemuroo / Instagram
La sélection Instagram #560 : du mouvement et de la danse
Comme le disait Pina Bausch dans son discours d'acceptation d'un doctorat honoris causa que lui a attribué l'université de Bologne...
30 juin 2026   •  
Écrit par Esther Baudoin
5 coups de cœur qui explorent le corps et sa mémoire
Cœur de lune © Bérangère Portella
5 coups de cœur qui explorent le corps et sa mémoire
Tous les lundis, nous vous dévoilons deux photographes qui ont retenu notre attention à travers cette rubrique coups de cœur. Cette...
15 juin 2026   •  
Écrit par Ana Corderot
Mesnographies 2026 : nos vies de luttes
© Virginia Morini
Mesnographies 2026 : nos vies de luttes
Jusqu’à début septembre, le festival Mesnographies dévoile un parcours photographique au cœur des problématiques actuelles : dérèglement...
10 juin 2026   •  
Nos derniers articles
Voir tous les articles
Eyes of the Storm - Paul McCartney photographe, 1963-64 le calme avant la tempête
Paul McCartney, Autoportrait, Londres, 1963 © 1963-1964 Paul McCartney sous licence exclusive de MPL Archive LLP
Eyes of the Storm – Paul McCartney photographe, 1963-64 le calme avant la tempête
Jusqu'au 3 janvier 2027, le musée Granet accueille Eyes of the Storm, une exposition consacrée à une facette méconnue de Paul McCartney...
04 juillet 2026   •  
Écrit par Ana Corderot
Chère Lisa : ces choses que l’on revêt
© Louise Chevallet
Chère Lisa : ces choses que l’on revêt
C’est entre les pages du journal intime de sa mère que Louise Chevallet s’est aventurée pour composer son ouvrage Chère Lisa. À...
03 juillet 2026   •  
Écrit par Ana Corderot
David Salcedo : dans la lumière, ouvrons les yeux
© David Salcedo
David Salcedo : dans la lumière, ouvrons les yeux
À travers Te vas a quedar ciego, David Salcedo retravaille des images capturées dans des émissions télévisées et recrée d’autres...
02 juillet 2026   •  
Écrit par Ana Corderot
Baccarat et Fisheye : entrer en Résonances
© Aliocha Boi et Daphné Lejeune
Baccarat et Fisheye : entrer en Résonances
Réalisé en partenariat avec Fisheye, Résonances, un bel ouvrage, célèbre le savoir-faire, de plus de 260 ans, de la Maison Baccarat et sa...
01 juillet 2026   •  
Écrit par Ana Corderot