Des workshops à la carte pour muscler son parcours

01 juillet 2021   •  
Écrit par Fisheye Magazine
Des workshops à la carte pour muscler son parcours

De la formule courte sur quelques jours à l’accompagnement de plusieurs mois, les stages, mentorat et autres master class permettent d’enrichir ses compétences, de développer un projet, et de gagner du temps. Cet article, rédigé par Mathieu Oui, est à retrouver dans notre dernier numéro.

« Suivre un stage est un risque à prendre pour remettre son travail en question, progresser à travers un autre regard et gagner du temps. » 

Photographe autrice depuis une dizaine d’années, Gaëlle, ancienne diplômée de l’ENSP d’Arles, est convaincue de la nécessité d’une formation professionnelle continue. Gardant un fort souvenir de ses expériences passées avec les photographes Vanessa Winship ou Michael Ackerman, la jeune femme vient de suivre un stage en scénographie avec Monica Santos, et un autre en stratégie de développement proposé par Eyes in progress. « Durant ces formations, on écoute et on reçoit beaucoup. Mais il faut aussi savoir faire le tri dans ce qu’on nous dit, quitte parfois à ne pas suivre certaines consignes ! C’est important de se positionner. » Responsable de VU’ Éducation, Mathias Nouel constate un véritable engouement des formations dispensées par l’agence ces dernières années. « Grâce au bouche-à-oreille, les photographes sont de plus en plus conscients de leurs droits à la formation et du budget dont ils disposent. » La grande majorité des stagiaires voit leurs stages pris en charge grâce aux droits qu’ils ont accumulés. Côté tarifs, il faut compter entre 600 € (stage 3 jours), et jusqu’à plus de 2 000 € sur des formats longs.

Editing au cours d'un stage aux Rencontres d'Arles

Editing au cours d’un stage aux Rencontres d’Arles

Formats courts ou longs

L’offre, assez pléthorique, peut se diviser schématiquement en deux grandes familles : les formats courts, de deux à cinq jours ; et les formules longue durée sur plusieurs mois. Les premiers sont bien adaptés pour acquérir une technique ou un savoir-faire autour du portrait, du reportage, du studio, de l’éclairage, voire pour se former aux logiciels de traitement d’images et postproduction. Outre la formation professionnelle des écoles (ENSP d’Arles, ENS Louis-Lumière, les Gobelins, l’École des métiers de l’information, etc.), les organismes de stages, certaines agences comme Myop, les structures du réseau Diagonal, ou des photographes à titre individuel proposent ce genre de workshops.

Les formules plus longues, de deux mois à un an, sont généralement dédiées à l’accompagnement d’une démarche artistique ou au développement d’un projet personnel : exposition, édition, etc. Destinés plutôt à des photographes ayant une première expérience significative, aux personnes en reconversion ou aux amateurs aguerris, ces accompagnements se révèlent souvent utiles pour faire aboutir un projet grâce aux conseils des pairs et à l’émulation collective. Un parfait antidote à la procrastination ! Ces programmes s’articulent généralement autour d’une alternance de séances collectives et de rendez-vous individuels : sur huit mois pour la FotoMasterclass de Sylvie Hugues et Flore, ou sur une année complète pour le Milk Photography Masterclass de Sabrina Biancuzzi et Ljubiša Danilović, photographe à Tendance floue. L’alter-formation de l’EMI, « Photo, du sujet à l’objet imprimé » consiste en trois jours de formation par mois durant un semestre. « Il s’agit de dérouler toutes les étapes de réalisation d’un livre, de l’editing à l’impression, tout en l’appliquant à un projet d’édition personnel », détaille Jean Larive, photographe chez Myop et responsable de ce module qui accueille cette année sept stagiaires. « Avec les autres professionnels qui interviennent successivement sur la maquette, le graphisme, l’édition… nous essayons de pousser les stagiaires le plus loin possible dans une démarche d’auteur. » Le mentorat photographique du Fonds Régnier pour la création mis en place avec VU’ Éducation concerne quant à lui de jeunes auteurs, « qui n’ont pas encore cumulé suffisamment de droits à la formation », indique Mathias Nouel. Cette année, cinq jeunes photographes en ont bénéficié gratuitement durant neuf mois, accompagnés par une quinzaine de professionnels dont Claudine Doury, Bruno Boudjelal, Martine Ravache ou encore Patricia Morvan.

© Ljubisa Danilovic

© Ljubisa Danilovic

Énergie créatrice

Avec la crise sanitaire, la question d’un enseignement en ligne s’est posée avec acuité. Chez VU’ Éducation, le choix a été fait de limiter le distanciel à certains thèmes ne nécessitant pas trop d’interactions telles que la présentation finale de portfolios ou un atelier d’écriture. « Quand on touche à la création, beaucoup de choses se jouent dans les échanges. À distance, on perd de cette énergie créatrice », estime de son côté Jean Larive. Aux Rencontres d’Arles, la pandémie a accéléré la réflexion sur la formation à distance. « Nous avions une demande d’anciens stagiaires qui souhaitaient un suivi plus long du maître de stage, le contexte de la crise sanitaire a été l’occasion de leur proposer ce type de formules », explique Fabrice Courthial, responsable des formations.

En 2021, trois accompagnements en ligne ont été ouverts avec Jane Evelyn Atwood, Yann Rabanier et Bertrand Meunier. Le programme alterne sur dix semaines quatre rendez-vous collectifs de quatre heures avec trois rendez-vous individuels de 45 à 95 minutes. « C’est un cursus dense avec des rendez-vous réguliers pour maintenir les participants dans un certain rythme », poursuit Fabrice Courthial. Les stagiaires, huit par photographe, se connectent sur la plateforme Miro spécialement dédiée à l’editing en ligne. L’outil, qui permet à chacun de partager ses photos et de les agencer sur un tableau blanc, « assure des échanges très vivants ». Les stagiaires peuvent aussi enchaîner avec une semaine de stage à Arles, toujours avec le même photographe. Cette immersion loin de chez soi permet d’être complètement investi dans sa pratique. Et puis, se retrouver à Arles, c’est aussi la possibilité de voir des expositions, généralement en prolongeant son séjour d’un jour ou deux. Une autre façon d’exercer son œil et d’enrichir son regard.

 

Cet article est à retrouver dans Fisheye #47, en kiosque et disponible ici

© Sabrina Biancuzzi

© Sabrina Biancuzzi

Image d’ouverture : © Ljubisa Danilovic

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