Focus : la guerre et ses ravages

04 janvier 2024   •  
Écrit par Fisheye Magazine
Focus : la guerre et ses ravages
© Marta Bogdańska

Créé par les équipes de Fisheye, Focus est un format vidéo innovant qui permet de découvrir une série photo en étant guidé·e par la parole de son auteur·ice. Cette narration originale à travers une mosaïque d’images et un habillage sonore nous entraîne dans un parcours immersif aussi sensible que stimulant. Les trois Focus réunis ici évoquent la thématique de la guerre abordée dans notre dossier. Cet article est à retrouver dans notre dernier numéro.

© Alexis Pazoumian

© Patrick Wack

© Marta Bogdańska

Alexis Pazoumian

Coup de cœur de Lou Tsatsas


D’origine arménienne, Alexis Pazoumian a grandi en France – ses arrière-grands-parents ayant fui l’Empire ottoman en 1920 –, loin de son héritage culturel. « Il fallait oublier, il fallait avancer. On ne m’a pas appris l’arménien », nous raconte-t-il. Depuis une dizaine d’années, pourtant, il se rend régulièrement sur place. Il découvre la région du Haut-Karabakh et son histoire complexe, pétrie de violences indélébiles. Récit documentaire ponctué de plongées plus intimistes, Jardin noir fait le portrait d’un peuple à la résilience touchante. Une communauté dont le quotidien s’est organisé autour de la guerre. « On dit souvent que tous les habitants du Karabakh sont soldats. Dès le plus jeune âge, ils ont des cours d’apprentissage aux armes », précise le photographe. Résonnant avec l’actualité, le projet s’impose comme un témoignage durable convoquant la beauté torturée d’une région autant que la force de celles et ceux qui l’arpentent.

Patrick Wack

Coup de cœur d’Éric Karsenty

Fruit d’un travail de quatre ans qui rassemble deux projets, la série Dust présentée dans ce Focus nous donne à voir la répression de la population ouïghoure, musulmane et turcophone, dans la province chinoise du Xinjiang, dans l’ouest du pays. À travers l’évolution des paysages et des visages, Patrick Wack dresse une évocation délicate en utilisant une palette de pastels qui laisse sourdre une oppression intense. « C’était un travail frustrant. Lorsqu’on fait du reportage, on peut être engagé physiquement, aller chercher la photo. Ici, ce n’était pas le cas. Mais, a posteriori, utiliser des images à la manière d’un matériau que l’on modèle pour recréer une narration, une atmosphère, est quelque chose de très intéressant », explique l’auteur, qui a publié son travail dans un ouvrage (éditions André Frère) réunissant des textes de journalistes et de chercheurs qui étayent précieusement ses images.

Marta Bogdańska

Coup de cœur de Cassandre Thomas

Jackie, le babouin d’Afrique du Sud qui s’est retrouvé malgré lui dans des tranchées, des chauves-souris-bombes transformées en kamikazes, ou encore un ours polonais qui s’est battu durant la Seconde Guerre mondiale… Les anecdotes que conte Marta Bogdańska dans cet épisode semblent inventées de toutes pièces, et pourtant, elles ne font que retracer la véritable histoire des animaux-espions. À travers Shifters, l’artiste visuelle polonaise dévoile des archives en noir et blanc dénichées sur internet illustrant des animaux exploités dans le cadre de guerres. Si le sujet est souvent traité avec dérision dans les médias occidentaux, Marta Bogdańska dénonce ici les sacrifices, la douleur et le poids émotionnel endurés par la faune. Elle nous interpelle avec force sur la relation hiérarchique que les humains maintiennent avec les animaux.

Explorez
Les images de la semaine du 29 décembre 2025 : au revoir 2025, bonjour 2026 !
© Elisa Grosman
Les images de la semaine du 29 décembre 2025 : au revoir 2025, bonjour 2026 !
C’est l’heure du récap ! Dans les pages de Fisheye cette semaine, on célébrait les paillettes, la neige, la couleur, l’océan et une femme...
Il y a 11 heures   •  
Écrit par Fisheye Magazine
Maputo Diary, ou la mémoire incarnée d’un lieu et de ses vies
© Ditte Haarløv Johnsen
Maputo Diary, ou la mémoire incarnée d’un lieu et de ses vies
Pendant plus de vingt-cinq ans, la photographe Ditte Haarløv Johnsen a documenté Maputo à hauteur de vie, entre retours intimes et...
03 janvier 2026   •  
Écrit par Costanza Spina
Sofía Jaramillo : la neige comme espace de réappropriation
A New Team © Sofía Jaramillo
Sofía Jaramillo : la neige comme espace de réappropriation
Dans A New Winter, Sofía Jaramillo s’attaque à l’imaginaire figé des sports d’hiver. En revisitant les codes visuels du ski, la...
31 décembre 2025   •  
Écrit par Cassandre Thomas
Les images de la semaine du 22 décembre 2025 : neige, enfance et cinéma
Emcimbini de la série Popihuise, 2024 © Vuyo Makheba, Courtesy AFRONOVA GALLERY
Les images de la semaine du 22 décembre 2025 : neige, enfance et cinéma
C’est l’heure du récap ! Au programme cette semaine : l’éclat ivoire des premiers flocons pour le solstice d’hiver, un retour sur la...
28 décembre 2025   •  
Écrit par Fisheye Magazine
Nos derniers articles
Voir tous les articles
Les images de la semaine du 29 décembre 2025 : au revoir 2025, bonjour 2026 !
© Elisa Grosman
Les images de la semaine du 29 décembre 2025 : au revoir 2025, bonjour 2026 !
C’est l’heure du récap ! Dans les pages de Fisheye cette semaine, on célébrait les paillettes, la neige, la couleur, l’océan et une femme...
Il y a 11 heures   •  
Écrit par Fisheye Magazine
Maputo Diary, ou la mémoire incarnée d’un lieu et de ses vies
© Ditte Haarløv Johnsen
Maputo Diary, ou la mémoire incarnée d’un lieu et de ses vies
Pendant plus de vingt-cinq ans, la photographe Ditte Haarløv Johnsen a documenté Maputo à hauteur de vie, entre retours intimes et...
03 janvier 2026   •  
Écrit par Costanza Spina
Dans l’œil de Cloé Harent : derrière la falaise se cache la lumière
© Cloé Harent, Residency InCadaqués 2025
Dans l’œil de Cloé Harent : derrière la falaise se cache la lumière
Cette semaine, nous vous plongeons dans l’œil de Cloé Harent, dont l’œuvre a fait l’objet d’un accrochage lors de l’édition 2025 du...
02 janvier 2026   •  
Écrit par Apolline Coëffet
Gabrielle Hébert : l’amour comme langage intime à la Villa Médicis
Gabrielle Hébert (1853-1934), Peppino Scossa endormi dans les bras de sa mère, 11 août 1888, aristotype à la gélatine, 8,7 x 11,7 cm, Paris, musée national Ernest Hébert © Musée d’Orsay, Dist. GrandPalaisRmn / Alexis Brandt
Gabrielle Hébert : l’amour comme langage intime à la Villa Médicis
Elle a photographié l’amour – son amour – et le temps qui passe. À la Villa Médicis, Gabrielle Hébert fait de la photographie un...
01 janvier 2026   •  
Écrit par Fabrice Laroche