La Renaissance contemporaine de Romina Ressia

03 décembre 2021   •  
Écrit par Apolline Coëffet
La Renaissance contemporaine de Romina Ressia

Sujets insolites ou tendances, faites un break avec notre curiosité de la semaine. Inspirée par les grands maîtres de la Renaissance italienne et flamande, Romina Ressia donne à voir des portraits burlesques et décalés. Un mélange singulier qui entremêle deux époques plus semblables qu’il n’en a l’air.

Œuvres baroques et objets mainstream, issus de la culture populaire contemporaine. À première vue, rien ne prédestinait la rencontre de ces deux univers. De même que rien ne vouait Romina Ressia, aujourd’hui âgée de 40 ans, à devenir photographe. C’est après avoir travaillé dans l’administration d’une grande entreprise internationale qu’elle se décide enfin à changer de voie. Douée avec les chiffres, l’artiste argentine ne voulait point décevoir sa famille. Toutefois, très vite, elle s’est aperçue que l’enthousiasme des débuts s’évanouissait. « Mes intérêts et même ma personnalité étaient totalement différents de ceux de mes collègues qui y travaillaient », se souvient Romina Ressia. Elle décide alors de s’essayer à diverses activités extraprofessionnelles, artistiques, dont la photographie fait partie.

© Romina Ressia© Romina Ressia

Une alternance entre deux médiums complémentaires

« Ma passion pour ces domaines créatifs vient de mon enfance, j’ai toujours été très orientée vers ce genre de disciplines », précise Romina Ressia. Sa première entrevue avec une reproduction de Las Meninas de Diego Velázquez lui a fait une forte impression. À huit ans, elle n’avait pas encore conscience de ce qu’est l’art. Pourtant, la toile baroque l’intriguait déjà : qui sont les personnes représentées ? Pourquoi le peintre a-t-il fait leur portrait ? Comment vivaient-ils à cette époque-là ? Malgré son jeune âge, Romina Ressia a souhaité immortaliser ses proches. Ainsi, elle passait le plus clair de son temps à dessiner, participait à quelques ateliers créatifs et a même demandé, pour l’un de ses anniversaires, un boîtier argentique. Une alternance entre deux médiums complémentaires, toujours d’actualité, qui lui permet de s’exprimer différemment au gré de ses projets. Car lorsque ses personnages fantasques n’animent pas ses clichés, l’auteure les esquisse à coup de peinture à l’huile.

© Romina Ressia© Romina Ressia

Questionner le monde dans lequel nous évoluons

Habits d’époque, perruques poudrées, clair-obscur maîtrisé… Les compositions de Romina Ressia singent donc les grandes lignes des tableaux qui ont fait la renommée du quattrocento. À la nuance près qu’elles introduisent des éléments qui appartiennent à nos sociétés contemporaines. « Les objets ont une fonction qui va au-delà de l’usage qu’ils sont censés avoir. Ils nous aident à comprendre ce que les gens vivent dans un contexte donné. Cela dit, il ne faut pas se contenter d’une simple lecture. » Chewing-gum, ballons, mégaphone ou skateboard : tout est prétexte à interroger le monde dans lequel nous évoluons.

Car selon Romina Ressia, ces deux époques se rejoignent en bien des aspects. « En l’espace de six siècles, l’espèce humaine a-t-elle suffisamment changé pour ne plus rien avoir en commun ? L’essence de nos inquiétudes est-elle totalement différente ? La plupart d’entre elles ne gravitent-elles pas autour de problématiques liées au pouvoir et à la poursuite de l’amour ? Notre société et le comportement de l’être humain m’intéressent beaucoup. Bien sûr, on peut appréhender mes œuvres par le biais de l’histoire de l’art, mais ce dont je parle a trait au monde actuel. Par conséquent, chaque individu, quel que soit son âge, créera une expérience unique à partir de mon travail. » Une conclusion qui, finalement, invite spectateurs et spectatrices à se laisser porter par leur imagination pour s’en faire leur propre interprétation.

© Romina Ressia© Romina Ressia

© Romina Ressia

© Romina Ressia© Romina Ressia
© Romina Ressia© Romina Ressia

© Romina Ressia

Explorez
Hommage à Marie-Jo Lafontaine : du noir et blanc à l'éclat du monochrome
Marie-Jo Lafontaine © Département du Nord
Hommage à Marie-Jo Lafontaine : du noir et blanc à l’éclat du monochrome
Jusqu’au 27 septembre 2026, le musée de Flandre, à Cassel, consacre la rétrospective Tout ange est terrible à Marie-Jo Lafontaine....
12 juin 2026   •  
Écrit par Fabrice Laroche
La sélection Instagram #559 : des histoires de cheveux
© nadiavonscotti / Instagram
La sélection Instagram #559 : des histoires de cheveux
Cette semaine, il est question de cheveux. Symboles identitaires et politiques, les cheveux sont bien plus que de simples accessoires....
09 juin 2026   •  
Écrit par Esther Baudoin
Lillian Bassman et Sheila Metzner, deux avant-gardes de la photographie de mode
The Passion of Rome, Fendi, From Life, 1986© Sheila Metzner, courtesy la Galerie Rouge Paris
Lillian Bassman et Sheila Metzner, deux avant-gardes de la photographie de mode
Jusqu’au 19 septembre 2026, la Galerie Rouge pare ses murs de tirages signés Lillian Bassman et Sheila Metzner. Figures majeures de la...
08 juin 2026   •  
Écrit par Apolline Coëffet
SMITH établit son laboratoire expérimental au MAC VAL
Sans titre, in "Dami (Fulmen)", 2023. Thermogramme sur aluminium brossé. Courtesy Galerie Christophe Gaillard © SMITH
SMITH établit son laboratoire expérimental au MAC VAL
Dans le cadre du Bicentenaire de la Photographie, le MAC VAL met à l’honneur le travail de SMITH à travers une exposition intitulée Ici...
06 juin 2026   •  
Écrit par Esther Baudoin
Nos derniers articles
Voir tous les articles
Anna Leonte Loron réinvente les représentations des femmes à table
© Anna Leonte Loron
Anna Leonte Loron réinvente les représentations des femmes à table
Avec Les Femmes ont faim, la photographe Anna Leonte Loron explore les liens entre plaisir, alimentation et représentations féminines....
13 juin 2026   •  
Écrit par Costanza Spina
Khames Alrefi, lauréat du Visa d’or humanitaire du CICR 2026 
Gaza City - Al-Tuffah Neighborhood © Khames Alrefi
Khames Alrefi, lauréat du Visa d’or humanitaire du CICR 2026 
Le photojournaliste Khames Alrefi reflète la destruction de Gaza à travers son projet Civilians: The First Victims. Ses images montrent...
12 juin 2026   •  
Écrit par Annabelle GARBIGLIA
Boby s’empare de l’instax mini Evo Cinema™ et de l’instax Wide Evo™ !
© Boby
Boby s’empare de l’instax mini Evo Cinema™ et de l’instax Wide Evo™ !
Depuis les quatre coins de la planète, Boby a capturé des souvenirs instantanés à l’aide de deux boîtiers instax™ de la série Evo : le...
12 juin 2026   •  
Écrit par Cassandre Thomas
Hommage à Marie-Jo Lafontaine : du noir et blanc à l'éclat du monochrome
Marie-Jo Lafontaine © Département du Nord
Hommage à Marie-Jo Lafontaine : du noir et blanc à l’éclat du monochrome
Jusqu’au 27 septembre 2026, le musée de Flandre, à Cassel, consacre la rétrospective Tout ange est terrible à Marie-Jo Lafontaine....
12 juin 2026   •  
Écrit par Fabrice Laroche