Les bizarreries d’Izumi

03 septembre 2015   •  
Écrit par Fisheye Magazine
Les bizarreries d'Izumi
Avec ses étranges autoportraits postés sur Tumblr, Izumi Miyazaki suscite de plus en plus la curiosité. Entretien.

A 21 ans, Izumi Miyazaki est devenue une célébrité grâce à son Tumblr. Depuis 2012, cette étudiante en art japonaise regroupe sur la plateforme ses autoportraits bizarres à l’esthétique ultra-léchée. Cherchez une expression sur ses images, vous n’en trouverez pas: Izumi y apparaît toujours avec le même visage neutre. Le résultat reste, malgré tout, amusant. Ses mises en scène empruntent à l’absurde: elle désarticule son corps, se démultiplie, se rend minuscule et ça marche. Plus de 12 000 internautes suivent son travail et son succès est grandissant. Pour Fisheye, elle raconte son histoire, avec retenue.

FISHEYE: A tes débuts, tes photos étaient-elles réussies ?

Izumi

: J’ai commencé la photo au lycée, à l’époque je ne faisais jamais d’autoportraits. Je photographiais mes amis, ma grand-mère et des paysages. J’ai gagné des prix photo pendant mes études pourtant je trouve que ce n’était pas vraiment une réussite…

Te souviens-tu de ta toute première photo ?

Je ne me rappelle plus de quoi il s’agissait mais je sais que j’ai utilisé un appareil en forme de Hello Kitty: ma mère en avait un. Ensuite je me suis mise à utiliser le Pentax argentique de mon grand-père parce que personne ne réussissait à s’en servir dans ma famille, sauf moi.

Autoportrait / © Izumi Miyazaki
Autoportrait / © Izumi Miyazaki

Qu’est-ce qui te plait tant dans les autoportraits ?

J’aime le fait que je peux vraiment tout faire sans l’aide de personne.

Quels sens veux-tu donner à tes photos ?

Mes photos ont le sens que je leur donne (rires) mais je veux que chacun les interprète comme il en a envie. Je veux que ça touche le plus de personnes possible.

Tu as étudié l’art, as-tu le projet de devenir photographe ?

Je veux continuer à faire des photos. Cela dit,  je pense que je ne me considérerais jamais comme une photographe parce que mes images ne sont pas des photos à proprement parler. J’ai envie de faire autre chose de ma vie.

Autoportrait / © Izumi Miyazaki
Autoportrait / © Izumi Miyazaki

Qui sont tes photographes et artistes préférés ?

J’aime beaucoup Alex Prager, René Magritte, Gregory Grewdson et les artistes du même genre.

Comment as-tu eu l’idée de lancer ton Tumblr ?

Un prof me l’a conseillé lors de ma première année de fac. Il pensait que c’était important de s’appuyer sur Internet, de profiter de cette chance que n’avait pas les générations précédentes.

Qu’est-ce que cela t’a apporté ?

Ça m’a donné la possibilité de rencontrer des gens du monde entier et je puise beaucoup de mon inspiration sur Tumblr. Je cherche avant tout à m’amuser et je suis toujours étonnée de voir le nombre de personnes qui me suivent.

Autoportrait / © Izumi Miyazaki
Autoportrait / © Izumi Miyazaki

Comment décrirais-tu ton style en quelques mots ?

Je dirais libre et amical.

As-tu d’autres projets photo ?

Je rêve d’exposer et de vendre des livres à l’étranger. En janvier prochain, mes travaux seront exposés à mon université pour marquer la fin de ma licence.

2_IzumiMiyazaki_fisheyelemag3_IzumiMiyazaki_fisheyelemag4_IzumiMiyazaki_fisheyelemag5_IzumiMiyazaki_fisheyelemag6_IzumiMiyazaki_fisheyelemag7_IzumiMiyazaki_fisheyelemag8_IzumiMiyazaki_fisheyelemag9_IzumiMiyazaki_fisheyelemag10_IzumiMiyazaki_fisheyelemag12_IzumiMiyazaki_fisheyelemag13_IzumiMiyazaki_fisheyelemag14_IzumiMiyazaki_fisheyelemag15_IzumiMiyazaki_fisheyelemag16_IzumiMiyazaki_fisheyelemag17_IzumiMiyazaki_fisheyelemag

Propos recueillis par Hélène Rocco

En (sa)voir plus

→ L’intégralité de ses autoportraits sur son Tumblr

 

 

Explorez
Eneraaw : la photographie comme une invitation au songe
© eneraaw
Eneraaw : la photographie comme une invitation au songe
Entre scènes cinématographiques et recherches de matières, la photographe et directrice artistique Lorène – connue sous le nom d’Eneraaw...
Il y a 3 heures   •  
La Mode du 18e siècle : quand les images populaires démocratisent la mode
Jean Paul Gaultier, coiffure à la Belle-Poule, PE 1998, look porté par Chrystelle Saint-Louis Augustin © Don Ashby
La Mode du 18e siècle : quand les images populaires démocratisent la mode
Entre effervescence créative et nouvelle conception du corps, le XVIIIe siècle a marqué un tournant dans l’histoire de la mode auquel le...
Il y a 8 heures   •  
Écrit par Apolline Coëffet
Le centre photographique de Rouen Normandie annonce le nom des quatre lauréats
© Emma Tholot
Le centre photographique de Rouen Normandie annonce le nom des quatre lauréats
Le centre photographique de Rouen Normandie a annoncé le nom des quatre personnes lauréates du programme FRUTESCENS 2026. 
13 mars 2026   •  
L'agenda de la semaine : 5 expositions à ne pas rater !
© Irène Jonas
L’agenda de la semaine : 5 expositions à ne pas rater !
Cette semaine, les photographes nous invitent à repenser notre lien sensible et poétique avec les espaces et les éléments qui nous...
11 mars 2026   •  
Nos derniers articles
Voir tous les articles
Eneraaw : la photographie comme une invitation au songe
© eneraaw
Eneraaw : la photographie comme une invitation au songe
Entre scènes cinématographiques et recherches de matières, la photographe et directrice artistique Lorène – connue sous le nom d’Eneraaw...
Il y a 3 heures   •  
La Mode du 18e siècle : quand les images populaires démocratisent la mode
Jean Paul Gaultier, coiffure à la Belle-Poule, PE 1998, look porté par Chrystelle Saint-Louis Augustin © Don Ashby
La Mode du 18e siècle : quand les images populaires démocratisent la mode
Entre effervescence créative et nouvelle conception du corps, le XVIIIe siècle a marqué un tournant dans l’histoire de la mode auquel le...
Il y a 8 heures   •  
Écrit par Apolline Coëffet
Little Trouble Girls : de l'éveil du désir
Image issue de Little Trouble Girls © Urška Djukić
Little Trouble Girls : de l’éveil du désir
Avec Little Trouble Girls, son premier long métrage, la réalisatrice Urška Djukić signe une fresque d’une grande intensité sensorielle...
18 mars 2026   •  
Écrit par Ana Corderot
Laetitia Guillemin et Emmanuelle Halkin : de la circulation des idées
"The Stage", São Paulo, Brazil, 2018 © Rafael Roncato
Laetitia Guillemin et Emmanuelle Halkin : de la circulation des idées
À l’occasion de la 16e édition de Circulation(s), Laetitia Guillemin, iconographe et enseignante aux Gobelins, et Emmanuelle...
18 mars 2026   •  
Écrit par Ana Corderot