Les coups de cœur #321

28 décembre 2020   •  
Écrit par Lou Tsatsas
Les coups de cœur #321

Benjamin Filarski et Pauline Dupin, nos coups de cœur de la semaine, réalisent tous deux des œuvres engagées. Le premier s’intéresse à l’urbanisation de Phnom Penh, et la seconde au sujet de l’accouchement à la maison.

Benjamin Filarski

Diplômé d’une licence de sciences humaines et sociales, le photographe franco-polonais Benjamin Filarski a rejoint, en 2016, le studio Hans Lucas « qui [lui] a permis de [s]e lancer dans la profession ». Photojournaliste de formation, l’auteur développe aujourd’hui une approche plus documentaire, influencée par la dimension esthétique. C’est au cours d’un séjour au Cambodge, pour réaliser des commandes, qu’il débute Above the Hill. Une série capturant Phnom Penh, « une ville à deux vitesses ». « Au fil du temps passé sur place, il m’a semblé évident de raconter la transformation du pays, sans porter un quelconque jugement sur cette métamorphose intrinsèque au boom économique que connaît la capitale », confie-t-il. Dans son travail, s’opposent les immeubles vertigineux et les habitations rudimentaires, l’urbain et le rural. « Je dresse le portrait d’une ville en transition, dans un Cambodge en suspens, poursuit l’auteur. Dans le centre-ville, les gratte-ciel poussent comme des champignons. En périphérie, les ruisseaux sont ensablés, les cocotiers abattus, la campagne transformée tantôt en lotissements pavillonnaires, tantôt en zones industrielles. Phnom Penh est cette métropole qui éclot, ce paysage qui disparaît. » Avec des tons neutres, pastel, Benjamin Filarski fait un état des lieux d’un territoire en pleine transformation, tentant de soigner les cicatrices du passé pour changer – toujours plus vite – d’identité.

© Benjamin Filarski

© Benjamin Filarski© Benjamin Filarski
© Benjamin Filarski© Benjamin Filarski

© Benjamin Filarski

© Benjamin Filarski

Pauline Dupin

« Ma démarche tend à questionner le lien qu’entretiennent les femmes avec leur environnement, au cours de leur vie et de leur évolution personnelle. La naissance, la vieillesse, les notions de filiation sont autant d’éléments de recherche qui composent mon travail »,

déclare Pauline Dupin. Après avoir étudié aux Beaux-Arts et à l’ETPA de Toulouse, la photographe, née en 1995, développe aujourd’hui des projets profondément intimes. Dans Une chambre à elle, elle capture Charlotte, une jeune femme à l’histoire atypique. « Sur la route depuis plusieurs années, elle pensait qu’elle n’aurait jamais d’enfants, car ses règles ne coulaient plus après qu’une chamane tibétaine lui a fait une étrange prédiction : “tu n’auras qu’un seul enfant au cours de cette vie, mais tu ne le désireras pas” ». Quinze mois d’aménorrhées (une absence de règles, NDLR) et un second périple en Himalaya réveillent alors en elle un profond désir d’être mère. Deux mois plus tard, elle tombe enceinte. « Nous partagions toutes deux la conviction qu’il est essentiel de parler du sujet de l’accouchement à la maison. Un lien fort s’est tissé entre nous, ce qui nous a permis de construire un rapport de confiance essentiel », confie Pauline Dupin. Dans la sphère intime de sa modèle, elle documente alors, avec une violente beauté, la naissance de son enfant. Brutes, difficiles, et libératrices, ses images donnent à voir la réalité d’une « naissance pleinement éprouvée ».

© Pauline Dupin

© Pauline Dupin

© Pauline Dupin© Pauline Dupin

© Pauline Dupin

© Pauline Dupin

Image d’ouverture : © Benjamin Filarski

Explorez
Sélection Instagram #545 : l’amour tout simplement
© Camila Gattamelati / Instagram
Sélection Instagram #545 : l’amour tout simplement
Cette semaine, les cœurs battent un peu plus vite dans notre sélection Instagram. Nos photographes explorent l’amour sous toutes ses...
10 février 2026   •  
La sélection Instagram #544 : de la délicatesse
© @galazka_eyes / Instagram
La sélection Instagram #544 : de la délicatesse
Cette semaine, les photographes de notre sélection Instagram saisissent des instants chargés d’un doux apaisement. Tout en délicatesse...
03 février 2026   •  
Écrit par Ana Corderot
Maya Meissner : sur les traces du tueur de The Cedar Lodge
© Maya Meissner
Maya Meissner : sur les traces du tueur de The Cedar Lodge
Comment raconter un traumatisme que l’on n’a pas consciemment vécu, mais qui a marqué toute une famille ? À travers son livre The...
31 janvier 2026   •  
Écrit par Cassandre Thomas
Les images de la semaine du 19 janvier 2026 : réparer
Multivers, de la série Deuil blanc © Flore Prébay
Les images de la semaine du 19 janvier 2026 : réparer
C’est l’heure du récap ! Cette semaine, la photographie se fait remède au chagrin ou à un passé douloureux. Elle crée des ponts, engage...
25 janvier 2026   •  
Écrit par Ana Corderot
Nos derniers articles
Voir tous les articles
Festival du court métrage de Clermont-Ferrand : nos coups de cœur
© Donna Gottschalk et Hélène Giannecchini / I want my people to be remembered
Festival du court métrage de Clermont-Ferrand : nos coups de cœur
Grand rendez-vous du film en France, le festival international du court métrage de Clermont-Ferrand célébrait sa 48e édition du 30...
10 février 2026   •  
Écrit par Ana Corderot
Sélection Instagram #545 : l’amour tout simplement
© Camila Gattamelati / Instagram
Sélection Instagram #545 : l’amour tout simplement
Cette semaine, les cœurs battent un peu plus vite dans notre sélection Instagram. Nos photographes explorent l’amour sous toutes ses...
10 février 2026   •  
Calendrier Toiletpaper 2026 : l’année où les chats prennent enfin le pouvoir
© Walter Chandoha - Toiletpaper
Calendrier Toiletpaper 2026 : l’année où les chats prennent enfin le pouvoir
En 2026, les chats ne se contentent plus d’envahir nos écrans. Avec les images de Walter Chandoha revisitées par Toiletpaper, contempler...
09 février 2026   •  
Écrit par Cassandre Thomas
Les images de la semaine du 2 février 2026 : se raconter
© Jerry Schatzberg. Bob Dylan Studio Portraits Side Light: 1965, Manhattan, New York, USA.
Les images de la semaine du 2 février 2026 : se raconter
C’est l’heure du récap' ! Cette semaine, la photo se déploie sur les murs des galeries et lieux de culture. Elle est aussi, pour...
08 février 2026   •  
Écrit par Ana Corderot