Les femmes s’exposent dévoile ses quatre lauréates

13 juin 2019   •  
Écrit par Lou Tsatsas
Les femmes s'exposent dévoile ses quatre lauréates

Pour sa seconde édition, le festival Les femmes s’exposent a choisi de récompenser les travaux de femmes photographes, à travers quatre prix photographiques. Focus sur les lauréates.

Durant le week-end d’ouverture, le festival Les femmes s’exposent – dédié à la création féminine – a dévoilé les lauréates de ses quatre prix. Le Grand Prix souhaitait distinguer un sujet photographique en lien avec la liberté des femmes tandis que le Prix Obs était réservé aux travaux documentaires ou journalistiques. Nikon s’est inspiré de l’actualité française pour proposer un prix sur le thème de la révolution des couleurs. Enfin, le Prix Saif a interrogé les femmes photographes sur le futur de nos sociétés : où va le monde ? Quelles sont ses transformations et ses métamorphoses ? Autant de sujets invitant les artistes à représenter notre environnement avec singularité.

Des récits complexes et touchants

Le Grand Prix a été attribué à Julie Franchet. Pour réaliser sa série Esprit de famille. Préférence du fils, la photographe s’est immergée dans le quotidien de la région la plus pauvre d’Arménie, le maz de Gegharkunik. Dans ce territoire, l’héritage est le seul moyen de survie. Le fils doit assumer la postérité de la maison paternelle, tandis que la fille se marie, et se dévoue à sa belle-famille. Un ordre social dont les inégalités encouragent les avortements sélectifs.

La série Le chant du cygne d’Andrea Olga Mantovani a été distinguée par le Prix Obs. Un travail dédié à la forêt de Bialowieza, située dans l’est de la Pologne. Protégée par l’Unesco depuis 1979 comme réserve de la biosphère et du patrimoine mondial, elle est menacée de destruction par le ministère de l’Environnement polonais, menant une campagne de déforestation massive. Paysages brumeux et mises en scène symboliques se mélangent et construisent un récit poétique.

© Andrea Olga Mantovani

© Andrea Olga Mantovani

Le Prix Nikon a récompensé le travail d’Emma Prosdocimi, Gilets jaunes de rage. Prises dans la rue, au cœur de l’action, ses images illustrent la colère des manifestants. Les couleurs, celles des gilets, des drapeaux, des casques noirs et du sang remplissent les clichés. Une mosaïque furieuse et bariolée des revendications des Gilets jaunes.

Enfin, Estelle Fenech a décroché le Prix Saif avec sa série On the road, an FtM story. Dans un univers noir et blanc, aussi intemporel que mélancolique, elle documente la transformation de Thibault, qu’elle connaît depuis une dizaine d’années. En capturant cet homme transgenre, elle interroge les notions de genres et d’identités, au même rythme que son modèle. Un travail au long cours donnant à voir les souffrances, les espoirs et les métamorphoses de Thibault.

Quatre femmes photographes illustrant les enjeux sociétaux contemporains à leur manière, du documentaire au symbolisme, de la couleur au noir et blanc, toutes tissent des récits complexes et touchants.

© Julie Franchet

© Julie Franchet

© Emma Prosdocimi

© Emma Prosdocimi

© Estelle Fenech

© Estelle Fenech

Image d’ouverture : © Julie Franchet

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